Quitter la France pour le Burkina Faso : exit tax, fiscalité, formalités (2026)

Sources CGI · conventionMis à jour le 16 juin 2026Lecture 15 min
Quitter la France pour le Burkina Faso

Vous envisagez de quitter la France pour le Burkina Faso ? Sur le plan fiscal, l’expatriation se prépare : résidence, exit tax, revenus français conservés, prélèvements sociaux, convention. Un départ mal anticipé peut coûter cher ; bien préparé, il sécurise votre nouvelle vie. Voici le mode d’emploi complet, côté français comme côté le Burkina Faso.

Ce guide déroule, étape par étape, ce qu’il faut maîtriser : devenir réellement non-résident, les critères de résidence, l’exit tax et le sursis, la convention France–le Burkina Faso, ce qui vous attend fiscalement sur place, les prélèvements sociaux, vos revenus et votre immobilier français conservés, l’année du départ, la santé, l’épargne, et la préparation du retour. Avec un exemple chiffré, une checklist détaillée, une FAQ et des liens vers nos ressources spécialisées.

L’essentiel en 30 secondes

• Le franc CFA (zone UEMOA) a une parité fixe avec l’euro : le risque de change est quasi nul.
• La convention fiscale organise la répartition du droit d’imposer.
• Pays tiers : prélèvements sociaux français au taux plein sur les revenus de patrimoine.
• L’exit tax française sur vos titres reste à anticiper.

Devenir vraiment non-résident

Tout repose sur un préalable : cesser d’être résident fiscal de France et le devenir au Burkina Faso. Tant que vous restez résident français, vous êtes imposable en France sur vos revenus mondiaux, quelle que soit votre intention de départ. Le basculement de résidence est le point central de toute expatriation.

Ce transfert doit être réel et effectif : déplacement du foyer, du centre des intérêts économiques, de l’activité. Un départ de façade ne transfère pas la résidence et expose à une requalification en résident français. L’administration examine les faits concrets, pas les apparences ni les déclarations d’intention.

Sécuriser la réalité du transfert de résidence est donc la première priorité, et le point le plus surveillé. C’est lui qu’il faut verrouiller avant tout le reste. Voir le guide complet du départ →

Les critères de résidence en détail

Le droit français retient plusieurs critères pour la résidence : le foyer (le lieu où vit habituellement la famille) ou le lieu de séjour principal, le lieu de l’activité professionnelle principale, et le centre des intérêts économiques. La réunion d’un seul de ces critères peut suffire à vous rattacher à la France.

Le centre des intérêts économiques est souvent décisif et mal compris : il désigne le lieu de vos principaux investissements, le siège de vos affaires, ou la source de l’essentiel de vos revenus. Conserver en France le cœur de ses intérêts économiques peut y maintenir la résidence, même en vivant ailleurs.

Pour devenir réellement non-résident, il faut donc s’assurer qu’aucun de ces critères ne continue de vous rattacher à la France. La convention France–le Burkina Faso intervient ensuite pour trancher les éventuels cas de double résidence. Voir la résidence fiscale →

L’exit tax au départ

L’exit tax (article 167 bis du CGI) peut imposer, au moment où vous transférez votre domicile hors de France, certaines plus-values latentes sur des droits sociaux et valeurs mobilières, lorsque le patrimoine de titres concerné dépasse certains seuils. Elle vise au premier chef les portefeuilles de titres et participations significatives.

Vers le Burkina Faso, l’exit tax française sur les titres reste à expertiser avant le départ.

Anticiper l’exit tax est crucial pour les patrimoines concernés : elle peut représenter une charge importante, ou au contraire être gérée et neutralisée dans le temps si elle est bien préparée. Voir l’exit tax en détail →

Les plus-values latentes et le sursis

Au cœur de l’exit tax se trouvent les plus-values latentes : la différence, non encore réalisée, entre la valeur de vos titres et leur prix d’acquisition. L’exit tax traite ces plus-values comme si elles étaient réalisées au moment du départ, pour les patrimoines au-dessus des seuils.

Cette imposition de gains non encore encaissés surprend souvent : on peut être imposé sur une plus-value que l’on n’a pas matérialisée. D’où l’importance d’identifier, avant le départ, ses plus-values latentes et l’éventuelle exit tax associée.

Des mécanismes de sursis de paiement permettent, sous conditions, de différer l’imposition, voire d’obtenir un dégrèvement dans certains cas, par exemple si vous conservez vos titres pendant un certain délai après le départ. Mais cela suppose de connaître et de suivre le dispositif dans la durée. L’anticipation et l’accompagnement sont, ici, déterminants.

La convention fiscale France–le Burkina Faso

La convention fiscale entre la France et le Burkina Faso est le document de référence : elle répartit le droit d’imposer entre les deux États, élimine la double imposition et fournit les critères pour trancher les cas de double résidence lors de l’année de transition. Sa lecture précise, article par article, est indispensable.

Plutôt que de raisonner en généralités, il faut s’appuyer sur le texte exact de cette convention, qui détermine, revenu par revenu, où vous êtes imposé. Nous l’avons décryptée dans une page dédiée, à consulter en complément de ce guide. Lire la convention France–le Burkina Faso décryptée →

C’est précisément cette convention qui constitue la donnée unique de votre situation : deux départs vers deux pays différents n’obéissent pas aux mêmes règles. D’où l’importance de partir du bon texte, et de ne jamais se fier à une analyse valable pour un autre pays.

Le Burkina Faso : ce qui vous attend fiscalement

Le Burkina Faso, dans la zone UEMOA, utilise le franc CFA d’Afrique de l’Ouest, dont la parité avec l’euro est fixe : le risque de change est donc quasi nul pour des revenus en euros. Liens francophones avec la France. Une convention fiscale organise la répartition du droit d’imposer avec la France ; s’agissant d’un pays tiers, les prélèvements sociaux français s’appliquent en principe au taux plein.

Franc CFA (UEMOA) à parité fixe avec l’euro : risque de change quasi nul.

Liens francophones et présence française.

Fiscalité locale des revenus à examiner.

Ces spécificités font de le Burkina Faso une destination à part : c’est ce qui justifie d’aborder votre départ sous l’angle propre à ce pays, et non selon un schéma général d’expatriation. La combinaison de la convention et de la fiscalité locale dessine votre situation réelle.

Bien comprendre ce cadre local, en parallèle de la sortie de France, est donc déterminant. Un même profil n’aura pas la même fiscalité selon le pays d’accueil : c’est l’articulation entre les deux systèmes, et non la France seule, qui détermine le résultat final.

Préparer votre départ pour le Burkina Faso ?

Le diagnostic cartographie votre résidence, l’exit tax, vos revenus français et la convention applicable. Préparer mon départ →

Les prélèvements sociaux

Point d’attention : s’agissant d’un pays tiers (hors Espace économique européen et hors Suisse), les prélèvements sociaux français sur les revenus du patrimoine de source française (loyers, plus-values) s’appliquent en principe au taux plein. Ce point doit être intégré dans le calcul de rentabilité d’un patrimoine français conservé après le départ.

Les prélèvements sociaux, distincts de l’impôt sur le revenu, sont un sujet à part entière. Vérifier son affiliation et le taux applicable selon le pays de destination fait partie de l’optimisation du non-résident, surtout pour qui conserve des revenus de patrimoine français. Voir la récupération de la CSG →

Vos revenus français conservés

Une fois non-résident, vous restez imposable en France sur vos revenus de source française : loyers d’un bien situé en France, plus-values immobilières, certains revenus. Ces revenus suivent des règles propres aux non-résidents (taux minimum, option pour le taux moyen, prélèvements sociaux).

Devenir non-résident ne supprime donc pas toute fiscalité française : cela la recentre sur les revenus rattachés à la France. Conserver des sources de revenus françaises implique de continuer à déclarer et à gérer leur fiscalité, selon le régime des non-résidents.

Comprendre quels revenus restent imposables en France, et selon quelles règles, est essentiel pour piloter sa situation après le départ. Voir la fiscalité des loyers →

L’immobilier conservé en France

Beaucoup d’expatriés conservent un bien en France. Les loyers restent imposables en France (taux minimum, option taux moyen, prélèvements sociaux), et la revente génère une plus-value immobilière imposable, avec d’éventuelles formalités (représentant fiscal pour les résidents hors EEE) et l’IFI sur l’immobilier français.

L’immobilier conservé est un sujet à part entière du départ : il maintient un lien fiscal avec la France et appelle une gestion spécifique (déclaration, leviers du non-résident, anticipation de la revente). C’est souvent l’un des principaux actifs français de l’expatrié.

Organiser la détention et activer les leviers du non-résident optimise sa fiscalité. C’est un point central pour qui garde un pied immobilier en France. Voir l’IFI de l’expatrié →

L’année du départ

L’année du départ est particulière : elle est souvent scindée entre une période de résidence française et une période de non-résidence. Les revenus sont alors traités différemment selon la période à laquelle ils se rattachent, ce qui complique la déclaration de cette année charnière.

Cette année de transition appelle une attention particulière : déclaration spécifique, répartition des revenus, application de la convention France–le Burkina Faso. C’est un moment clé où les erreurs sont fréquentes et où la rigueur déclarative est essentielle.

Bien gérer l’année du départ, en distinguant les périodes et en appliquant les bonnes règles, évite des erreurs durables. C’est une étape à préparer soigneusement, idéalement avec un accompagnement.

La couverture santé

Souvent oubliée, la couverture santé est pourtant essentielle. Quitter la France, c’est en principe sortir du système de sécurité sociale français. Il faut donc organiser une nouvelle protection (Caisse des Français de l’étranger, assurance internationale) adaptée au Burkina Faso et à votre famille.

Partir sans couverture, c’est s’exposer à un risque financier majeur en cas de problème de santé. Ce volet doit s’intégrer à la préparation globale du départ, au même titre que la fiscalité, et être réglé avant de partir.

Anticiper sa couverture santé, et celle de sa famille, est une condition de sérénité de l’expatriation. Voir la santé de l’expatrié →

L’assurance-vie et l’épargne

Le sort de l’assurance-vie et des placements financiers est un point important du départ. L’expatriation peut modifier le traitement fiscal des rachats, des gains et de la transmission de ces contrats, selon votre résidence et la convention applicable.

Conserver, transférer ou réorganiser ses contrats d’épargne suppose une analyse au cas par cas, en fonction du pays de destination et de la convention. Certaines décisions se préparent mieux avant le départ, lorsque la marge de manœuvre est plus grande.

Intégrer l’assurance-vie et les placements dans la préparation du départ évite de subir une fiscalité mal anticipée sur ces contrats. C’est un volet patrimonial à examiner en cohérence avec l’ensemble de la stratégie, et non isolément.

Préparer déjà le retour

Paradoxalement, bien partir, c’est aussi penser au retour. Beaucoup d’expatriations sont temporaires, et un retour mal anticipé peut coûter cher (fiscalité, comptes, plus-values, santé). Garder à l’esprit l’éventualité d’un retour aide à structurer son patrimoine intelligemment dès le départ.

Certaines décisions prises au départ facilitent ou compliquent le retour. Penser le départ et le retour comme un cycle, plutôt qu’un aller simple, est la marque d’une expatriation bien conçue. Voir le guide du retour →

Anticiper, même de loin, les conditions d’un retour évite de subir une fiscalité mal préparée le jour venu. C’est une vision de long terme qui complète utilement la préparation du départ et sécurise l’ensemble du projet de vie.

Les obligations déclaratives

Le départ s’accompagne d’obligations de transparence : déclaration des comptes détenus à l’étranger (imprimé dédié), des comptes d’actifs numériques le cas échéant, et déclaration de revenus de non-résident pour vos revenus de source française. Ces obligations, distinctes de l’imposition, ne doivent pas être négligées.

Avec l’échange automatique d’informations entre administrations, la transparence est la règle : un compte ouvert au Burkina Faso, comme en France, est susceptible d’être connu des administrations concernées. Une situation passée irréprochable et des déclarations à jour sont la condition d’un départ serein.

Mettre en ordre ses comptes et avoirs, et respecter les obligations déclaratives, fait partie d’un départ conforme. Voir les comptes à l’étranger →

Éviter la double imposition

Le risque, en situation internationale, est d’être imposé deux fois sur un même revenu. La convention France–le Burkina Faso prévoit précisément des mécanismes pour l’éviter : selon les cas, l’imposition est attribuée à un seul État, ou la double imposition est éliminée par un crédit d’impôt ou la méthode du taux effectif.

Comprendre, revenu par revenu, comment la double imposition est neutralisée est essentiel pour ne pas payer plus que de raison. C’est l’un des intérêts majeurs de la convention, et l’une des raisons pour lesquelles sa lecture précise est indispensable.

Bien appliquée, l’élimination de la double imposition garantit que vous n’êtes imposé qu’une fois sur chaque revenu, dans le bon État. Mal maîtrisée, elle peut conduire à des erreurs coûteuses dans un sens comme dans l’autre.

La transmission internationale

L’expatriation a aussi des conséquences sur la transmission (donations, successions). Les règles de territorialité, la loi successorale applicable et les éventuelles conventions en matière de succession déterminent où et comment votre patrimoine sera transmis et taxé, ce qui peut différer de la situation purement française.

Un départ au Burkina Faso peut être l’occasion de repenser l’organisation de sa transmission, en tenant compte du nouveau cadre international. La résidence des parties et la localisation des biens jouent un rôle déterminant. Voir les successions internationales →

Les démarches concrètes du départ

Au-delà des principes, un départ comporte des démarches concrètes : signaler son changement de situation à l’administration fiscale, organiser sa dernière déclaration de résident, mettre à jour ses coordonnées, et veiller à la continuité de ses obligations sur les revenus français conservés.

Ces formalités conditionnent la bonne fin du départ sur le plan administratif. Les négliger peut entraîner des erreurs de traitement (taxation comme résident, oublis déclaratifs) qu’il est ensuite fastidieux de corriger.

Traiter méthodiquement ces démarches, avec une check-list et un accompagnement, fluidifie le départ. C’est le prolongement pratique de la stratégie fiscale, sans lequel même un bon plan peut buter sur des questions de forme, et retarder ou compliquer votre installation.

Anticiper plutôt qu’improviser

Le fil conducteur de tout ce qui précède est l’anticipation. Résidence, exit tax, convention, revenus français, santé, déclarations : chacun de ces sujets se prépare bien avant le déménagement, car leurs conséquences dépendent du moment où l’on bascule de résident à non-résident. Improviser, c’est s’exposer à des erreurs durables.

Un départ au Burkina Faso mal préparé peut coûter cher (exit tax négligée, double imposition, résidence contestée, trou de couverture santé). À l’inverse, un départ méthodique, étape par étape, sécurise à la fois votre fiscalité et votre nouvelle vie. La différence ne tient pas à la destination, mais à la qualité de la préparation.

C’est précisément l’objet du diagnostic : cartographier votre situation, identifier les points sensibles et bâtir un plan d’action clair, avant de partir. Lancer mon diagnostic →

Exemple chiffré

Prenons un cas hypothétique, à titre purement illustratif. Un cadre détient un portefeuille de titres avec une plus-value latente importante et un appartement locatif en France. Avant de partir au Burkina Faso, il fait expertiser l’exit tax sur ses titres et met ses déclarations (comptes à l’étranger) en ordre.

Une fois non-résident, ses loyers restent imposables en France (taux minimum, option taux moyen, prélèvements sociaux au taux plein), il intègre l’IFI et anticipe la revente. Il s’appuie sur la convention France–le Burkina Faso et un accompagnement spécialisé pour chaque étape. Les montants exacts dépendent entièrement de la situation : ce schéma n’a qu’une valeur pédagogique.

Checklist du départ pour le Burkina Faso

1. Sécuriser la réalité du transfert de résidence (foyer, centre des intérêts).
2. Expertiser l’exit tax et les plus-values latentes sur vos titres.
3. Lire la convention France–le Burkina Faso, article par article.
4. Vérifier les prélèvements sociaux (taux plein selon votre affiliation).
5. Organiser les revenus et l’immobilier français conservés (loyers, IFI).
6. Gérer l’année du départ (déclaration scindée) et les comptes à l’étranger.
7. Organiser la santé et anticiper, déjà, un éventuel retour.

Questions fréquentes

Suffit-il de déménager au Burkina Faso pour ne plus être imposé en France ?

Non. Il faut un transfert réel de résidence (foyer, centre des intérêts, activité) et cesser d’être résident fiscal de France. Un départ de façade expose à une requalification. De plus, vos revenus de source française restent imposables en France.

L’exit tax s’applique-t-elle à mon départ ?

L’exit tax (article 167 bis) peut concerner les plus-values latentes sur droits sociaux et valeurs mobilières au-dessus de certains seuils. Elle vise les portefeuilles de titres et participations significatives. Des mécanismes de sursis existent. Une expertise au cas par cas est indispensable.

Où trouver les règles précises de la convention France–le Burkina Faso ?

Dans la convention fiscale elle-même, qui répartit le droit d’imposer revenu par revenu. Nous l’avons décryptée dans une page dédiée. C’est le texte de référence : deux pays différents n’obéissent pas aux mêmes règles.

Mes revenus français restent-ils imposables ?

Oui. En tant que non-résident, vous restez imposable en France sur vos revenus de source française (loyers d’un bien français, plus-values immobilières), selon des règles propres aux non-résidents. Devenir non-résident recentre la fiscalité française sur ces revenus.

Quel taux de prélèvements sociaux pour le Burkina Faso ?

Point d’attention : s’agissant d’un pays tiers (hors Espace économique européen et hors Suisse), les prélèvements sociaux français sur les revenus du patrimoine de source française (loyers, plus-values) s’appliquent en principe au taux plein. Ce point doit être intégré dans le calcul de rentabilité d’un patrimoine français conservé après le départ.

Faut-il se faire accompagner ?

Vivement conseillé. La résidence, l’exit tax, la convention et les revenus français conservés sont techniques et à enjeux. Un accompagnement spécialisé sécurise chaque étape et évite des erreurs coûteuses, en particulier sur l’exit tax.

Réussissez votre départ pour le Burkina Faso

Le diagnostic cartographie votre résidence, l’exit tax, vos revenus français et la convention applicable. Préparer mon départ →

Sources : CGI art. 4 B (résidence), 167 bis (exit tax), 197 A, 244 bis A ; convention fiscale France–le Burkina Faso (voir notre page dédiée) ; jurisprudence sur les prélèvements sociaux des non-résidents. Contenu pédagogique à jour en juin 2026, qui ne remplace pas une analyse personnalisée. Vérifiez toujours la convention applicable, dont les règles priment sur le droit interne.