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Fiscalité des non-résidents en France : le guide complet 2026

Sources BOFiP · Légifrance citéesMis à jour le 12 juin 2026Lecture 25 min
Fiscalité des non-résidents en France

Vous vivez à l’étranger et vous percevez des revenus de France, ou vous préparez votre retour : cette page réunit, en un seul endroit, toutes les règles françaises qui décident de ce que vous payez en 2026. Chiffres vérifiés sur les sources officielles, datés, exemples chiffrés, et reliés aux outils qui calculent votre cas. C’est le document de référence que nous tenons à jour à chaque loi de finances.

1. Résident ou non-résident fiscal : la question qui commande tout

Avant le moindre calcul, une certitude : aucune règle favorable de non-résident ne s’applique tant que vous restez résident fiscal de France. L’article 4 B du Code général des impôts vous rattache à la France dès qu’un seul de ces critères est rempli : votre foyer y est (le lieu où vivent habituellement votre conjoint et vos enfants) ; votre activité professionnelle principale y est exercée ; ou le centre de vos intérêts économiques (vos investissements, le siège de vos affaires, la source de la majorité de vos revenus) y est situé. Un seul de ces trois critères suffit.

La fameuse règle des « 183 jours » n’est qu’un indice du critère de séjour, jamais le critère décisif à lui seul : on peut être résident de France en y passant moins de 183 jours si le foyer ou les intérêts économiques y restent. À l’inverse, on peut y passer beaucoup de temps sans y être résident si tout le reste est ailleurs. C’est un faisceau d’indices, pas un compteur de jours.

Lorsque deux pays vous considèrent chacun comme résident, c’est la convention fiscale bilatérale qui départage, selon une cascade appliquée dans l’ordre : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. Le premier critère qui tranche arrête la cascade. La France a signé environ 128 conventions ; chacune a sa fiche sur notre carte du monde, et votre traitement précis en dépend. Le dossier de preuves de votre résidence à l’étranger (bail, factures, scolarité des enfants, comptes, attestation de résidence fiscale locale) se constitue pendant l’expatriation : il est presque impossible à reconstituer après coup en cas de contrôle.

2. Vos obligations déclaratives de non-résident

Être non-résident ne dispense pas de déclarer en France : dès que vous percevez un revenu de source française (loyers, dividendes, plus-value immobilière, certaines pensions), la déclaration annuelle reste due. Vous relevez du Service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR), via le formulaire 2042 et ses annexes spécifiques (2044 pour les revenus fonciers au réel, 2042-C pour certains compléments). Pour la campagne 2026 (revenus 2025), la déclaration en ligne s’effectue entre le 9 avril et le 21 mai 2026 pour les non-résidents.

Au retour en France, une obligation est particulièrement coûteuse à oublier : la déclaration des comptes détenus à l’étranger (formulaire 3916), pour chaque compte bancaire, contrat d’assurance-vie ou compte d’actifs numériques. L’amende est de 1 500 € par compte non déclaré et par an, et la prescription est portée à 10 ans en cas d’omission. Un expatrié qui rentre avec cinq comptes étrangers oubliés sur trois ans s’expose à 22 500 € d’amende, indépendamment de tout impôt.

3. Vos loyers français : taux minimum de 20 %, 30 %, ou le taux moyen

Quel que soit votre pays de résidence, vos revenus immobiliers de source française restent imposables en France : c’est un standard quasi universel des conventions fiscales (les biens immobiliers sont imposés là où ils se trouvent). Le calcul de l’impôt suit l’article 197 A du CGI, qui impose un taux minimum : 20 % jusqu’à un seuil de revenu net imposable (fixé à 27 478 € pour l’imposition 2026), puis 30 % au-delà de ce seuil.

Ce taux minimum n’est pas une fatalité. Si le taux moyen d’imposition qui résulterait de l’ensemble de vos revenus mondiaux (français et étrangers) est inférieur à 20 %, vous pouvez demander l’application de ce taux moyen sur vos seuls revenus français (case 8TM de la déclaration, sur justificatifs de vos revenus étrangers). Pour un retraité ou un foyer aux revenus mondiaux modestes, l’économie est substantielle, et ce calcul se refait chaque année car votre situation évolue.

Exemple chiffré. Vous percevez 18 000 € de loyers nets d’un appartement à Lyon et vos seuls autres revenus sont une pension étrangère de 14 000 €. Au taux minimum, vos 18 000 € seraient imposés à 20 %, soit 3 600 €. Au taux moyen calculé sur l’ensemble (32 000 €), votre taux réel pourrait tomber autour de 6-8 %, ramenant l’impôt à environ 1 300 €. L’option vaut ici plus de 2 000 € par an. Notre simulateur de rendement locatif intègre ce paramètre.

4. Les prélèvements sociaux : l’écart de 10 points que personne ne réclame

Vos revenus du capital de source française (loyers, plus-values) supportent des prélèvements sociaux qui s’ajoutent à l’impôt : 17,2 % en location nue, 18,6 % en location meublée. Mais si vous êtes affilié à un régime de sécurité sociale d’un pays de l’Espace économique européen, de Suisse ou du Royaume-Uni, vous ne devez que le prélèvement de solidarité de 7,5 %. Cette règle découle de la jurisprudence De Ruyter de la Cour de justice de l’Union européenne, qui interdit de soumettre aux cotisations sociales françaises une personne déjà affiliée ailleurs en Europe.

En 2026, ce taux réduit se coche directement sur la déclaration (cases 8SH/8SI). Le problème, c’est que des milliers de non-résidents continuent de payer 17,2 % par méconnaissance. La bonne nouvelle : le trop-versé se réclame par voie de réclamation contentieuse sur les années non prescrites (en principe l’année en cours plus les deux précédentes).

Revenu de source françaiseImposition (non-résident)Prélèvements sociaux
Loyers (location nue)20 % min. / 30 % (ou taux moyen)17,2 % ou 7,5 %
Loyers (location meublée)20 % min. / 30 % (ou taux moyen)18,6 % ou 7,5 %
DividendesRetenue 12,8 % (puis convention)Sans objet
IntérêtsPas de retenue (cas général)Sans objet
Plus-value immobilière19 % + abattements de durée17,2 % (exonéré après 30 ans)

Exemple chiffré. 18 000 € de loyers nus, affiliation à la sécurité sociale britannique. Au taux plein de 17,2 %, vos prélèvements sociaux seraient de 3 096 €. Au taux de 7,5 % auquel vous avez droit : 1 350 €, soit 1 746 € d’écart par an, récupérables rétroactivement si le taux plein vous a été appliqué.

5. Dividendes : le changement majeur de 2026

C’est l’évolution la plus concrète de l’année. Depuis le 1er janvier 2026, la retenue à la source sur les dividendes de source française versés à un non-résident est prélevée au taux de droit commun de 12,8 %, même lorsque la convention fiscale de votre pays prévoit un taux plus favorable. Auparavant, le taux conventionnel réduit pouvait être appliqué directement ; désormais, on prélève 12,8 % d’abord, et c’est à vous de demander le remboursement du différentiel à l’administration fiscale française.

Concrètement, l’avance de trésorerie change de camp : ce qui était neutralisé en amont doit maintenant être récupéré activement, ce qui suppose de connaître le taux conventionnel applicable et de constituer un dossier de remboursement. Les formulaires 5000/5001 (attestation de résidence fiscale visée par votre administration locale) restent la pièce maîtresse pour faire valoir le taux de la convention. Sur les pays à taux conventionnel bas, l’enjeu de trésorerie est réel sur un portefeuille de dividendes important.

6. Intérêts et autres revenus mobiliers

Bonne nouvelle de ce côté : la France ne pratique pas, dans le cas général, de retenue à la source sur les intérêts versés à des non-résidents (l’exception majeure étant les versements vers les États et territoires non coopératifs, taxés à 75 %). Le traitement de vos intérêts dépend donc essentiellement du droit fiscal de votre pays de résidence et de votre déclaration locale. Les produits d’épargne réglementée français (Livret A, LDDS) restent par ailleurs exonérés. Attention en revanche aux plus-values mobilières : un non-résident n’est en principe pas imposé en France sur ses cessions de valeurs mobilières (sauf participation substantielle), ce qui ouvre la fenêtre de « purge » avant un retour, sujet traité dans notre guide dédié.

7. La plus-value immobilière du non-résident

La vente d’un bien immobilier français par un non-résident est imposée en France : 19 % d’impôt sur le revenu, plus les prélèvements sociaux (17,2 %, ou 7,5 % pour les affiliés EEE/Suisse/UK), avant abattements. Le régime des abattements pour durée de détention est identique à celui des résidents : exonération totale d’impôt sur le revenu après 22 ans de détention, et de prélèvements sociaux après 30 ans.

Deux points spécifiques aux non-résidents. D’abord, une exonération possible sur l’ancienne résidence : un non-résident peut, sous conditions de délai et de logement, être exonéré sur la cession de son ancien logement en France, mais cette exonération est plafonnée à la fraction de plus-value nette n’excédant pas 150 000 € (le surplus reste imposable). Ensuite, le représentant fiscal accrédité : il est obligatoire lorsque le prix de cession dépasse 150 000 € et que le vendeur réside hors de l’Union européenne, de l’Islande et de la Norvège (avec des exceptions selon la durée de détention). Ce représentant garantit le paiement de l’impôt et se rémunère, un coût à anticiper dans le calcul net de la vente.

8. Le retour en France : la fenêtre du régime des impatriés (art. 155 B)

C’est le dispositif le plus rentable, et le plus souvent raté faute de chronologie. Si vous revenez en France après au moins 5 années civiles complètes de non-résidence et que vous êtes recruté depuis l’étranger, le régime des impatriés peut exonérer une partie de votre rémunération pendant l’année d’arrivée et les 8 années suivantes. La part exonérée est la « prime d’impatriation » : soit son montant réel prévu au contrat, soit un forfait de 30 % de la rémunération nette, dans la limite globale de 50 % de la rémunération totale.

S’y ajoutent deux avantages : une exonération de 50 % sur certains revenus passifs de source étrangère (dividendes, intérêts, plus-values perçus à l’étranger), et, depuis 2024, un IFI limité aux seuls biens français pendant 5 ans pour les nouveaux arrivants (article 972 bis du CGI). Cumulés, ces dispositifs peuvent représenter de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d’euros sur la durée.

Exemple chiffré. Recruté en France à 120 000 € bruts, contrat signé depuis l’étranger, prime au forfait de 30 % (36 000 €) exonérée d’impôt : à un taux marginal de 30 %, l’économie est d’environ 10 800 € par an, renouvelable jusqu’à 8 ans, soit près de 86 000 €, hors exonération des revenus passifs et avantage IFI. Le même contrat signé une semaine après le retour : zéro, sans rattrapage possible. Le simulateur impatriés chiffre votre exonération cumulée, et le guide du retour détaille le calendrier des six derniers mois.

9. L’IFI du non-résident

L’impôt sur la fortune immobilière ne frappe les non-résidents que sur leurs biens immobiliers situés en France, lorsque leur valeur nette taxable dépasse 1,3 M€. Les actifs financiers, eux, sont hors champ. Le projet d’« impôt sur la fortune improductive » qui devait élargir l’assiette de l’IFI à certains actifs non immobiliers a été abandonné dans le cadre de la loi de finances 2026 : le seuil de 1,3 M€ et l’assiette purement immobilière restent inchangés. Pour un nouvel arrivant éligible au régime des impatriés, l’IFI reste limité aux biens français pendant 5 ans, même si le patrimoine immobilier mondial dépasse le seuil.

10. L’exit tax au départ de France

Symétrique du retour, le départ a son propre dispositif : l’exit tax (article 167 bis du CGI) impose les plus-values latentes sur les titres lorsque, au moment du transfert de votre résidence hors de France, vous détenez un patrimoine en valeurs mobilières dépassant 800 000 €, ou une participation d’au moins 50 % dans une société. Un sursis de paiement est accordé (automatique vers l’UE, sur garanties ailleurs), et un dégrèvement intervient après un délai de détention si les titres n’ont pas été cédés. Bien anticipée, l’exit tax se gère ; découverte au moment du départ, elle peut bloquer une opération. Notre guide du départ détaille la mécanique.

11. Les conventions fiscales : le réflexe de vérification

Toutes les règles ci-dessus sont des règles françaises de droit interne. Elles s’articulent avec la convention fiscale de votre pays, qui peut attribuer le droit d’imposer à l’un ou l’autre État, plafonner une retenue à la source, ou prévoir un crédit d’impôt pour éviter la double imposition. Le réflexe : pour chaque revenu, vérifier ce que dit la convention de votre pays avant de conclure. C’est exactement ce que font nos 128 fiches conventions, chacune sourcée sur le texte officiel. Nous ne publions jamais un taux conventionnel non vérifié : quand un chiffre n’est pas certain, nous renvoyons au texte sur Légifrance.

12. Le cas particulier des frontaliers

Le travailleur frontalier réside fiscalement en France tout en exerçant son activité dans un pays limitrophe (Suisse, Luxembourg, Allemagne, Belgique). Ce n’est pas un non-résident : il reste résident de France, mais son salaire étranger suit des règles propres à chaque frontière, et c’est l’une des situations les plus mal maîtrisées.

France-Suisse, l’actualité de 2026. Le 24 juillet 2025, la France et la Suisse ont ratifié un avenant à la convention de 1966, applicable depuis le 1er janvier 2026, qui pérennise les règles du télétravail transfrontalier issues de la période sanitaire. Un frontalier peut désormais télétravailler jusqu’à 40 % de son temps annuel depuis la France sans changer de régime d’imposition (ce plafond inclut jusqu’à 10 jours de missions temporaires par an). Attention : sur le plan social, le seuil pour rester affilié à la sécurité sociale suisse est distinct, fixé à 49,9 % : les deux plafonds doivent être respectés simultanément. À partir de 2027, un échange automatique des données salariales entre administrations renforcera le contrôle. Le dispositif vise les salariés résidents de France employés par une entreprise suisse (cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura, Berne, Valais, Soleure, Bâle-Ville et Bâle-Campagne) ; il ne couvre pas les indépendants ni les pluriactifs.

Les autres frontières. Le frontalier au Luxembourg est en général imposé dans son pays d’activité, la France retenant le revenu pour le calcul du taux effectif. Le frontalier en Allemagne et, sous conditions de zone, en Belgique, relève de régimes spécifiques prévus par chaque convention. Dans tous les cas, deux questions décident : combien de jours travaillés hors du pays d’emploi, et à quel régime social êtes-vous affilié. Un dépassement de seuil non anticipé peut entraîner une double imposition ou une réaffiliation sociale coûteuse.

13. Le cas particulier des retraités à l’étranger

Passer sa retraite à l’étranger ne change pas seulement le cadre de vie : la fiscalité de chaque pension se rejoue. Trois questions décident de tout.

1. La nature de chaque pension. Une pension privée (épargne-retraite, complémentaire), une pension de la fonction publique et une pension de sécurité sociale ne suivent pas la même règle conventionnelle : la première est souvent imposable dans l’État de résidence, la deuxième fréquemment dans l’État qui la verse, la troisième selon une règle propre au texte. Deux retraités au parcours proche peuvent ainsi être imposés dans deux États différents. Le pointage se fait pension par pension, sur la convention du pays d’accueil.

2. Les prélèvements sociaux sur la pension. Un retraité qui réside dans l’UE ou l’EEE et qui n’est plus à la charge de l’assurance maladie française est exonéré de CSG et de CRDS sur ses pensions françaises. Avant le départ, le formulaire S1 (ex-E121) demandé à la caisse de retraite transfère la prise en charge santé vers le pays de résidence : c’est lui qui conditionne l’exonération.

3. La convention successorale. Anticiper l’imposition de la retraite sans regarder la transmission est une erreur classique : seule une trentaine de conventions couvrent les successions. Si celle de votre pays d’accueil n’en a pas, l’article 750 ter rattrape largement votre patrimoine dès que vos héritiers résident en France. Notre guide succession internationale détaille les leviers d’anticipation.

14. Nu, meublé, SCI : quelle structure pour louer en France

Le choix de la structure d’un bien locatif français se fait avant l’achat, car le rattraper coûte cher. Les options et leurs règles 2026 :

Location nue (revenus fonciers). Au régime micro-foncier, un abattement forfaitaire de 30 % s’applique en dessous d’un plafond de recettes ; au régime réel, vous déduisez les charges réelles et les intérêts d’emprunt, et un éventuel déficit foncier s’impute sur le revenu global jusqu’à 10 700 € par an (plafond doublé à 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique, dispositif prorogé). Prélèvements sociaux : 17,2 % (ou 7,5 % pour les affiliés EEE/Suisse/UK).

Location meublée (LMNP, bénéfices industriels et commerciaux). Au micro-BIC, l’abattement est de 50 % pour la location meublée de longue durée (en dessous du plafond de 77 700 €), réduit pour les meublés de tourisme non classés (30 %). Au réel, l’atout majeur est l’amortissement du bien, qui efface souvent le revenu imposable pendant des années. Nouveauté 2026 à intégrer : les prélèvements sociaux sur les revenus de location meublée passent de 17,2 % à 18,6 %. Pour un non-résident, la prépondérance des revenus meublés (qui ferait basculer en LMP) s’apprécie sur les revenus mondiaux, comme pour un résident.

La SCI à l’IR ou à l’IS. La société civile immobilière permet de détenir à plusieurs et d’organiser la transmission. À l’IR, elle est transparente (mêmes règles que la détention directe, déficit foncier possible). À l’IS, elle ouvre l’amortissement du bien (donc un résultat imposable plus faible), mais la plus-value de revente y est lourdement taxée car calculée sur la valeur nette amortie : l’arbitrage IR/IS se chiffre sur 15 à 20 ans, jamais sur un slogan. Notre simulateur SCI IR/IS projette l’écart sur la durée selon vos paramètres.

15. L’assurance-vie du non-résident

L’assurance-vie reste un outil central pour un non-résident, avec deux avantages spécifiques. D’abord, en cas de rachat, le prélèvement forfaitaire français (12,8 % pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017 ; barème dégressif de 35 % / 15 % / 7,5 % selon l’ancienneté pour les primes antérieures) peut être réduit, voire annulé par la convention fiscale de votre pays de résidence, qui attribue souvent l’imposition des revenus passifs à l’État de résidence. Ensuite, les non-résidents sont exonérés des prélèvements sociaux (17,2 %) sur les produits de rachat comme au dénouement par décès.

Côté transmission, attention à deux articles : le prélèvement de l’article 990 I (sur les capitaux décès issus de primes versées avant 70 ans) et l’article 757 B (primes versées après 70 ans). La France taxe ces capitaux si l’assuré était résident de France, mais aussi si le bénéficiaire réside en France depuis au moins 6 des 10 dernières années : un point déterminant quand on transmet à des enfants restés en France. L’antériorité d’un contrat ouvert avant le départ se conserve : c’est l’une des raisons de ne pas le clôturer à la légère en quittant la France.

16. Trois grands pays de départ, en bref

Au-delà des règles françaises communes, chaque pays a ses pièges. Trois exemples parmi les plus fréquents ; la fiche de votre pays détaille les autres.

Émirats arabes unis (Dubaï). Pas d’impôt local sur le revenu des personnes : presque tout se joue côté français. La convention de 1989 est l’une des rares à couvrir revenu, successions et fortune. Un golden visa ne fait pas de vous un résident fiscal émirien : seuls comptent les critères de résidence réelle. Fenêtre de purge des plus-values mobilières particulièrement nette avant un retour.

Royaume-Uni. Le mécanisme britannique du split year découpe l’année du départ ou du retour ; l’affiliation au système social britannique ouvre droit au taux réduit de 7,5 % de prélèvements sociaux sur vos loyers français. La convention successorale distincte de 1963 reste applicable.

États-Unis. Le cas le plus technique : la « saving clause » de la convention de 1994 préserve l’imposition mondiale américaine des US persons, et les comptes 401(k)/IRA, comme la fiscalité des plus-values, demandent une articulation fine entre les deux fiscs. Un dossier franco-américain ne s’improvise jamais.

17. Éviter la double imposition : les deux méthodes

La crainte de payer deux fois le même impôt est la première inquiétude des non-résidents. C’est précisément la raison d’être des conventions fiscales, qui prévoient deux mécanismes d’élimination.

La méthode du crédit d’impôt. Le revenu est imposé dans les deux États, mais l’État de résidence accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt payé dans l’État de la source (parfois plafonné). Concrètement, vous ne payez jamais plus que le plus élevé des deux impôts. C’est la méthode retenue par beaucoup de conventions modernes pour les dividendes, intérêts et redevances.

La méthode du taux effectif (exonération avec progressivité). Le revenu est exonéré dans un État, mais pris en compte pour déterminer le taux applicable aux autres revenus. Le revenu exonéré « pousse » donc le taux sur le reste, sans être lui-même taxé. C’est fréquent pour les revenus immobiliers et les salaires.

Le choix de la méthode est fixé par la convention de votre pays, article par article : c’est pourquoi la lecture de la convention n’est pas un luxe mais le point de départ de tout calcul. Et pour faire valoir un taux réduit ou une exonération, la preuve de votre résidence fiscale (attestation visée par votre administration locale, formulaires 5000/5001) reste la pièce sans laquelle rien ne s’applique. C’est exactement le travail de nos 128 fiches conventions : indiquer, pour chaque revenu, quel État impose et selon quelle méthode.

18. Créer une société en France depuis l’étranger

De plus en plus d’étrangers et de Français de l’étranger créent une activité en France sans y résider. C’est juridiquement possible : un non-résident peut détenir et diriger une société française (SAS/SASU ou SARL), sans associé français obligatoire. Les règles structurantes en 2026 :

L’impôt sur les sociétés. Taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (sous conditions de chiffre d’affaires et de détention du capital), puis 25 % au-delà. Les dividendes versés ensuite à un associé non-résident subissent la retenue à la source française (12,8 % en 2026, ajustée par la convention via remboursement).

Société seule ou société + Holding. Dès qu’on envisage plusieurs entités, des bénéfices réinvestis ou une cession future, la Holding mérite d’être modélisée avant l’immatriculation. Le régime mère-fille exonère 95 % des dividendes qui remontent à la Holding (la mère ne réintègre que 5 % dans son résultat, soit une friction effective d’environ 1,25 %), sous condition de détenir au moins 5 % du capital de la filiale. Ajouter une Holding après coup est une restructuration taxable : la décision se prend en amont.

Le piège de la direction effective. Une société immatriculée en France mais réellement pilotée depuis l’étranger, ou l’inverse, peut être requalifiée : c’est le siège de direction effective, pas le pays d’immatriculation, qui fixe la résidence fiscale d’une société. À cela s’ajoute la question de l’établissement stable et, pour les particuliers, l’article 123 bis (qui impose en France les bénéfices d’entités étrangères faiblement taxées détenues à plus de 10 %). Notre page Implantation détaille la création complète, banque et écosystème compris.

19. Les sept erreurs les plus chères

1. Croire qu’on n’est plus résident parce qu’on a quitté la France. Le foyer ou les intérêts économiques restés en France suffisent à maintenir la résidence fiscale. 2. Payer 17,2 % de prélèvements sociaux au lieu de 7,5 %. L’erreur la plus fréquente et la plus facile à corriger. 3. Ne pas opter pour le taux moyen. Le taux minimum de 20 % s’applique par défaut ; le taux moyen est souvent plus favorable. 4. Signer son contrat de travail après le retour. Le régime des impatriés exige un recrutement depuis l’étranger. 5. Oublier de déclarer ses comptes étrangers (3916). 1 500 € par compte et par an. 6. Vendre ses titres après le retour plutôt qu’avant. La fenêtre de purge se ferme au transfert de résidence. 7. Ignorer la convention de son pays. Le droit interne ne dit que la moitié de l’histoire.

20. Votre checklist du non-résident

Les points à verrouiller quand on vit à l’étranger avec des intérêts en France, ou quand on prépare un départ ou un retour :

1. Confirmer son statut de résident ou non-résident (article 4 B) : c’est lui qui commande tout le reste.
2. Déclarer ses revenus de source française (loyers, dividendes, plus-values immobilières) au service des impôts des non-résidents.
3. Vérifier le taux applicable à ses loyers et, le cas échéant, demander le bénéfice du taux moyen s’il est plus favorable que le minimum de 20 % ou 30 %.
4. Anticiper la plus-value immobilière et l’éventuel représentant fiscal accrédité au-delà des seuils.
5. Mesurer son exposition à l’IFI sur ses biens immobiliers français.
6. Au départ, vérifier l’exit tax sur ses titres (les cryptos en direct y échappent). Guide exit tax →
7. Avant un retour, purger ses plus-values latentes tant qu’on est non-résident. Guide de la purge →
8. Structurer son retour en impatriation pour viser le régime de l’article 155 B. Guide impatriés →
9. Vérifier la convention de son pays de résidence pour chaque type de revenu et l’élimination de la double imposition.

Le fil conducteur est toujours le même : votre statut et la convention applicable déterminent qui impose quoi. Un non-résident averti vérifie ces deux points, statut et convention, avant chaque décision : perception d’un revenu français, vente d’un bien, distribution de dividendes, départ ou retour. C’est ce réflexe, plus que la connaissance de tel ou tel taux, qui évite les erreurs coûteuses. Voir le guide complet du retour →

Une dernière idée force : la non-résidence n’est pas un statut « à part » qui mettrait votre patrimoine français à l’abri du fisc. La France conserve un droit d’imposer ce qui est rattaché à son territoire, loyers, immobilier, participations substantielles, et réactive l’imposition mondiale dès votre retour. Bien gérée, la période de non-résidence offre néanmoins des fenêtres précieuses : réaliser des plus-values mobilières hors champ français, organiser une transmission, préparer une impatriation au retour. Mal gérée, elle accumule des obligations déclaratives oubliées et des impôts évitables. La différence tient, comme toujours, à l’anticipation et à la vérification systématique de la convention applicable à chaque revenu. Voir aussi le guide crypto et départ →

21. FAQ complète

Suis-je non-résident si je passe moins de 183 jours en France ? Pas automatiquement : la France applique quatre critères alternatifs (art. 4 B), et un seul suffit à vous rendre résident, même avec moins de 183 jours.

Dois-je déclarer en France si je vis à l’étranger ? Oui, dès qu’il reste un revenu de source française. La déclaration des non-résidents est annuelle, via le SIPNR.

Comment récupérer la CSG payée à tort ? Par une réclamation contentieuse, si vous êtes affilié à un régime social de l’EEE, de Suisse ou du Royaume-Uni et que le taux de 17,2 % vous a été appliqué au lieu de 7,5 %.

Le taux minimum de 20 % est-il obligatoire ? Non : l’option pour le taux moyen (case 8TM) est ouverte et souvent plus favorable. À recalculer chaque année.

Vais-je payer plus sur mes dividendes en 2026 ? Pas plus au final si la convention est respectée, mais vous avancez la trésorerie : 12,8 % prélevés d’abord, remboursement du différentiel ensuite.

Quand ai-je besoin d’un représentant fiscal pour vendre ? Au-delà de 150 000 € de prix de cession, si vous résidez hors UE/Islande/Norvège (sauf détention longue).

Le régime des impatriés est-il menacé pour 2026 ? Non : il est préservé, avec son articulation IFI favorable maintenue.

L’IFI va-t-il s’élargir aux actifs financiers ? Non, l’élargissement a été abandonné en loi de finances 2026.

Vais-je payer deux fois l’impôt sur mes revenus français ? Non, c’est le rôle de la convention : soit l’État de résidence accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt français, soit le revenu est exonéré quelque part avec prise en compte pour le taux. Vous ne payez jamais plus que le plus élevé des deux impôts.

Mon assurance-vie ouverte en France garde-t-elle son antériorité si je pars ? Oui : l’ancienneté fiscale du contrat se conserve, et les non-résidents sont exonérés des prélèvements sociaux sur les rachats. C’est une raison de ne pas le clôturer en quittant la France.

Les prélèvements sociaux sur le meublé augmentent-ils en 2026 ? Oui, ils passent de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus de location meublée (sauf taux réduit de 7,5 % pour les affiliés EEE/Suisse/UK).

Puis-je télétravailler depuis la France en restant frontalier suisse ? Jusqu’à 40 % de votre temps annuel sans changer d’imposition (avenant applicable depuis 2026), mais en restant sous 49,9 % pour conserver la sécurité sociale suisse : les deux seuils se cumulent.

Voir aussi : rentrer en France, le régime des impatriés en détail, la fiscalité des loyers, purger ses plus-values, préparer son départ, la fiche de votre convention.

Vos chiffres, pas la théorie

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Sources : CGI art. 4 B, 197 A, 119 bis, 125 A, 150 U, 244 bis A, 167 bis, 972 bis, 155 B, 1649 A ; BOFiP (BOI-INT, BOI-RSA-GEO-40, BOI-RFPI) ; loi de finances 2026 et LFSS 2026 ; CJUE De Ruyter ; avenant à la convention France-Suisse du 24 juillet 2025 (télétravail, applicable 1er janvier 2026) ; formulaire S1 (santé des retraités UE/EEE) ; CGI art. 990 I et 757 B (assurance-vie) ; CGI art. 219 (IS 15/25 %), 145 et 216 (régime mère-fille), 123 bis ; régimes micro-foncier et micro-BIC, LMNP (PS 18,6 % en 2026) ; impots.gouv.fr (SIPNR, calendrier 2026). Taux conventionnels : voir le texte de chaque convention sur Légifrance.