Accueil / Guides / LMNP non-résident

Location meublée (LMNP) pour un non-résident : le guide complet

Sources BOFiP · Légifrance citéesMis à jour le 16 juin 2026Lecture 15 min
Location meublée

Vous vivez à l’étranger et louez (ou souhaitez louer) un bien meublé en France ? Le statut LMNP vous reste ouvert, et il est souvent plus avantageux que la location nue. Grâce à l’amortissement, une grande partie de vos loyers peut échapper à l’impôt, tout en restant soumise aux règles propres au non-résident. Voici comment fonctionne le LMNP depuis l’étranger, de l’amortissement à la revente, avec les leviers propres au statut de non-résident qui viennent encore s’y ajouter.

Ce guide couvre tout : pourquoi le meublé relève des BIC, l’accès du non-résident au statut, le choix micro-BIC ou réel, l’amortissement, le taux minimum et l’option pour le taux moyen, les prélèvements sociaux, la comparaison avec la location nue, les obligations déclaratives, la plus-value à la revente et la convention fiscale. Avec un cas chiffré, une checklist et l’ordre dans lequel activer les leviers pour minimiser l’impôt sur vos loyers meublés français.

LMNP : le meublé relève des BIC

Première différence fondamentale avec la location nue : la location meublée ne relève pas des revenus fonciers, mais des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Cela change tout, car le régime des BIC ouvre des règles propres, dont la plus puissante : l’amortissement du bien.

Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) s’applique lorsque les recettes de location meublée ne dépassent pas certains seuils et demeurent inférieures aux autres revenus d’activité du foyer. Il s’oppose au statut de loueur en meublé professionnel (LMP), dont les seuils de recettes et les règles, notamment sociales et en matière de plus-value, diffèrent sensiblement de celles du non professionnel.

Comprendre que la location meublée est juridiquement une activité commerciale, et non une simple gestion patrimoniale comme la location nue, est la clé du LMNP : c’est ce qui explique l’amortissement, la comptabilité au réel et la fiscalité spécifiques qui en font, dans bien des cas, un régime nettement plus doux que la location nue.

Un non-résident peut-il être LMNP ?

Oui. Le statut LMNP est pleinement accessible au non-résident. Rien, dans la loi, n’interdit à une personne résidant à l’étranger de louer un bien meublé en France et de relever, à ce titre, du régime des BIC en LMNP, avec ses deux options (micro-BIC ou réel) et, au réel, son amortissement. La résidence à l’étranger ne ferme aucune de ces possibilités.

Les revenus tirés de cette location meublée sont des revenus de source française, imposables en France, et soumis, comme les autres revenus français du non-résident, au taux minimum de 20/30 %, avec la possibilité d’opter pour le taux moyen, et aux prélèvements sociaux.

Le non-résident retrouve donc, en LMNP, à la fois les avantages propres au meublé (amortissement) et les règles propres à son statut (taux minimum, option, prélèvements sociaux). C’est la combinaison de ces deux logiques, l’avantage du meublé et le cadre du non-résident, qui détermine son imposition réelle, souvent très favorable. Voir la fiscalité des non-résidents →

Micro-BIC ou régime réel

Comme tout loueur en meublé, le non-résident choisit entre deux régimes. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire sur les recettes (l’administration retenant un pourcentage de charges), sans comptabilité détaillée à produire. Simple à gérer, mais rarement optimal dès que les charges réelles ou l’amortissement deviennent significatifs.

Le régime réel permet de déduire les charges réelles (intérêts, travaux, taxe foncière, gestion, assurance) et, surtout, d’amortir le bien et le mobilier sur plusieurs années. C’est ce qui fait toute la puissance du LMNP au réel : l’amortissement vient effacer comptablement une large part, parfois la totalité, du loyer imposable, sans la moindre sortie de trésorerie.

Le choix dépend donc de votre situation : pour un bien financé à crédit, avec de l’amortissement à déduire, le réel est presque toujours nettement plus avantageux que le micro-BIC. C’est, de loin, le régime de prédilection des investisseurs en meublé, et celui qui justifie l’essentiel de l’attrait fiscal du LMNP.

L’amortissement, le cœur du réel

L’amortissement est le mécanisme central du LMNP au réel. Il consiste à déduire chaque année une fraction de la valeur du bien immobilier (hors terrain, non amortissable) et du mobilier, pour tenir compte de leur usure théorique dans le temps. Cette déduction, purement comptable, ne correspond à aucune dépense réellement décaissée par le propriétaire : c’est précisément ce décalage qui en fait un outil d’optimisation si puissant.

Résultat : l’amortissement réduit fortement, voire annule, le résultat imposable de la location meublée, sans sortie d’argent. Pendant de nombreuses années, un investisseur en LMNP au réel peut ainsi percevoir des loyers bien réels tout en déclarant un revenu imposable très faible, voire nul, l’amortissement absorbant le résultat.

C’est cet effet qui fait du LMNP au réel l’un des régimes les plus efficaces de l’immobilier locatif. Pour un non-résident, l’amortissement réduit l’assiette imposable française, à laquelle s’applique ensuite le taux retenu (minimum ou moyen). Les deux leviers, amortissement sur l’assiette, option sur le taux, se cumulent pour réduire l’impôt au minimum.

LMNP depuis l’étranger : quel régime ?

Le diagnostic compare micro-BIC et réel, chiffre l’amortissement et le taux applicable à votre cas. Optimiser mon LMNP →

Le taux minimum et l’option taux moyen

Le résultat BIC du non-résident, une fois déterminé (le cas échéant après amortissement au réel), entre dans son imposition française au taux minimum de 20/30 %. Mais, comme pour ses autres revenus français, le non-résident peut opter pour le taux moyen de ses revenus mondiaux s’il est plus favorable.

Cette combinaison est particulièrement intéressante pour un non-résident : l’amortissement réduit d’abord le revenu imposable, puis l’option pour le taux moyen peut réduire le taux appliqué à ce revenu déjà fortement comprimé. Pour un investisseur aux revenus mondiaux modestes, l’imposition peut devenir très faible, voire symbolique : peu de base, et un taux réduit appliqué à cette base.

On retrouve ici la logique à deux étages propre au non-résident : on optimise d’abord l’assiette (par l’amortissement au réel), puis le taux (par l’option pour le taux moyen). C’est leur conjonction qui minimise réellement l’impôt sur les loyers meublés. Voir l’option taux moyen →

Les prélèvements sociaux

Le résultat de la location meublée supporte aussi des prélèvements sociaux, au taux de 17,2 % en principe, réductible à 7,5 % pour un affilié à un régime de sécurité sociale de l’EEE, de Suisse ou du Royaume-Uni, en application de la jurisprudence européenne De Ruyter.

Là encore, l’amortissement joue : en réduisant le résultat imposable, il réduit aussi la base des prélèvements sociaux. Un LMNP au réel bien optimisé peut donc supporter des prélèvements sociaux très faibles, faute de résultat important à taxer : l’amortissement bénéficie à l’impôt comme aux prélèvements sociaux.

Vérifier son affiliation sociale pour bénéficier du taux de 7,5 %, et récupérer une éventuelle CSG payée à tort, fait partie de l’optimisation du LMNP de non-résident, comme pour tout revenu immobilier de source française perçu par un non-résident. Voir la récupération CSG →

LMNP ou location nue ?

La question revient sans cesse : meublé ou nu ? La location nue relève des revenus fonciers (micro-foncier ou réel, avec un déficit foncier possible mais pas d’amortissement). La location meublée relève des BIC, avec l’amortissement au réel. Dans la plupart des cas, le meublé est fiscalement plus doux que le nu, grâce précisément à cet amortissement qui n’a aucun équivalent en location nue.

Le meublé suppose toutefois une gestion un peu plus exigeante (mobilier, rotation des locataires, obligations déclaratives BIC) et un bail spécifique. C’est la contrepartie de son avantage fiscal et de son meilleur rendement locatif, à mettre en balance avec ce surcroît de gestion. Pour la plupart des investisseurs, et notamment pour un non-résident qui cumule l’amortissement et l’option taux moyen, le jeu en vaut largement la chandelle.

Pour un non-résident, le meublé conserve tout son intérêt : l’amortissement réduit l’assiette française, et les leviers du non-résident (taux moyen, prélèvements réduits) s’y appliquent pleinement. Le choix se fait au cas par cas, selon le bien et la stratégie. Voir la fiscalité des loyers →

Les obligations (SIRET, CFE)

Le LMNP, parce qu’il constitue juridiquement une activité commerciale, entraîne quelques obligations formelles. Il faut déclarer le début d’activité, dans un délai bref après le démarrage, pour obtenir un numéro SIRET, qui rattache l’activité de loueur en meublé à un identifiant. Cette formalité initiale, accomplie via une déclaration de début d’activité, conditionne la suite, notamment l’accès au régime réel et la tenue de la comptabilité.

L’activité peut aussi donner lieu à la cotisation foncière des entreprises (CFE), due par les loueurs en meublé sous certaines conditions et exonérations. Ce sont des obligations propres au caractère commercial du meublé, qui n’existent pas en location nue et qu’il faut connaître avant de se lancer.

Ces formalités, sans être lourdes, doivent être anticipées et tenues, surtout au réel où une comptabilité est nécessaire. Pour un non-résident, ces formalités s’accomplissent à distance, le plus souvent avec l’aide d’un expert-comptable spécialisé. Mieux vaut les intégrer dès le lancement de l’activité de loueur en meublé, pour éviter tout oubli ultérieur.

Faut-il un expert-comptable ?

Au régime réel, le LMNP suppose une véritable comptabilité : tenue des amortissements, établissement de la liasse fiscale, suivi des charges. Pour un non-résident, qui gère son bien à distance, le recours à un expert-comptable spécialisé est souvent la voie la plus sûre et la plus efficace.

Son coût annuel est généralement modeste au regard de l’économie d’impôt permise par un amortissement correctement calculé et sécurisé, et il sécurise les obligations déclaratives propres au régime réel. Certains organismes de gestion agréés permettent en outre des avantages spécifiques aux adhérents qui y recourent.

Au micro-BIC, en revanche, aucune comptabilité n’est requise et aucun expert-comptable n’est nécessaire : l’abattement forfaitaire suffit. Le choix d’un accompagnement dépend donc largement du régime retenu et de la complexité du bien loué. Pour un régime réel optimisé et géré à distance, l’accompagnement d’un professionnel est vivement conseillé.

La déclaration

Le résultat de la location meublée se déclare obligatoirement dans la catégorie des BIC, et non dans celle des revenus fonciers. Au micro-BIC, les recettes brutes sont simplement portées sur la déclaration de revenus, l’abattement forfaitaire étant ensuite appliqué automatiquement par l’administration. Au régime réel, une liasse fiscale (déclaration de résultat BIC) est établie chaque année, puis le résultat ainsi déterminé est reporté sur la déclaration de revenus. C’est ce seul régime, le réel, qui ouvre droit à l’amortissement.

Le non-résident effectue l’ensemble de ces déclarations auprès du service des impôts des particuliers non-résidents, et c’est à ce moment précis qu’il demande, le cas échéant, l’option pour le taux moyen et fait valoir le taux réduit de prélèvements sociaux de 7,5 %.

La déclaration est donc le point de convergence de tous les leviers du LMNP de non-résident : régime, amortissement, taux et prélèvements sociaux s’y matérialisent. Une déclaration soignée, au bon régime et avec les bonnes options activées, conditionne directement l’optimisation du LMNP de non-résident. Voir la déclaration des non-résidents →

La plus-value à la revente

À la revente, la plus-value du LMNP relève, pour un loueur non professionnel, du régime des plus-values immobilières des particuliers : impôt de 19 % et prélèvements sociaux, avec abattements pour durée de détention conduisant à l’exonération après un nombre d’années suffisant.

Un point d’attention récent : une évolution législative est venue, pour le LMNP, réintégrer les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value imposable à la revente (avec des exceptions, notamment certaines résidences services). Concrètement, l’avantage de l’amortissement obtenu pendant la phase d’exploitation est en partie repris au moment de la vente, en gonflant la plus-value taxable.

Cette réintégration ne supprime pas l’intérêt du LMNP, mais elle invite à raisonner sur l’ensemble de la détention, exploitation et revente, plutôt que sur la seule phase locative. C’est un paramètre désormais incontournable dans toute stratégie LMNP, y compris pour un non-résident, qui doit raisonner rendement net d’exploitation et fiscalité de sortie ensemble.

LMNP et convention fiscale

Les revenus de la location meublée, étant tirés d’un bien situé en France, sont imposables en France au titre du lieu de situation de l’immeuble, ce que confirment quasi universellement les conventions fiscales. Votre pays de résidence en tient ensuite compte pour éliminer la double imposition, par crédit ou exonération.

La convention applicable à votre pays de résidence précise les modalités exactes de cette élimination. Comme toujours, il convient de la lire au cas par cas plutôt que de raisonner en général, chaque convention ayant ses propres mécanismes d’élimination de la double imposition.

L’articulation est donc claire : la France impose les loyers meublés français selon ses règles (BIC, taux minimum ou moyen, prélèvements sociaux), et votre pays de résidence neutralise la double imposition. L’ensemble forme un tout cohérent, où l’imposition française et la neutralisation par le pays de résidence s’emboîtent sans double charge.

Le retour en France

Si vous redevenez résident, vos revenus de location meublée entrent dans votre imposition mondiale, toujours dans la catégorie des BIC, avec l’amortissement au réel et les prélèvements sociaux des résidents. Le taux minimum et l’option pour le taux moyen, propres au non-résident, ne s’appliquent alors plus.

Le statut LMNP, lui, se poursuit sans rupture : c’est seulement le cadre d’imposition (non-résident, puis résident) qui change autour de lui au moment du retour. La continuité de l’amortissement et des obligations BIC est assurée, indépendamment de votre lieu de résidence : le statut LMNP suit le bien, pas la frontière, et l’amortissement déjà engagé se poursuit.

Penser son LMNP à l’aller comme au retour permet d’optimiser la détention sur l’ensemble du parcours d’expatriation, sans rupture fiscale au moment du retour, et en gardant le bénéfice de l’amortissement déjà pratiqué. Voir le guide du retour →

Cas chiffré

Clara, résidente à Dubaï, loue meublé un studio à Bordeaux : 12 000 € de loyers annuels. Au réel, après déduction des charges et surtout de l’amortissement du bien et du mobilier, son résultat BIC imposable est proche de zéro pendant plusieurs années consécutives, alors même qu’elle encaisse l’intégralité de ses loyers chaque mois. C’est tout l’intérêt de l’amortissement pratiqué au régime réel.

Son imposition française sur ces loyers est donc très faible, voire nulle, malgré le taux minimum de 20 % : il n’y a presque pas de base à taxer. Si un résultat imposable finit par apparaître, une fois l’amortissement épuisé ou réduit, elle pourra tester l’option pour le taux moyen pour limiter encore l’impôt. À la revente, en revanche, elle devra tenir compte de la réintégration des amortissements pratiqués dans le calcul de sa plus-value imposable, ce qui en augmentera la base : l’avantage obtenu en exploitation est pour partie repris à la sortie.

ÉtapeEffet
Exploitation (réel)Résultat ≈ 0 grâce à l’amortissement
ReventeAmortissements réintégrés dans la plus-value

Les erreurs fréquentes

1. Rester au micro-BIC alors que le réel (avec amortissement) serait bien plus avantageux.

2. Croire que le non-résident n’a pas accès au LMNP, il y a pleinement accès.

3. Oublier l’option pour le taux moyen sur le résultat BIC.

4. Payer 17,2 % de prélèvements sociaux alors qu’on a droit à 7,5 %.

5. Négliger les obligations (SIRET, comptabilité au réel, CFE).

6. Ignorer la réintégration des amortissements à la revente.

Votre checklist

Pour un LMNP de non-résident :

1. Choisir le bon régime (réel le plus souvent, pour amortir).
2. Amortir le bien et le mobilier au réel pour réduire le résultat.
3. Tester l’option pour le taux moyen sur le résultat BIC.
4. Vérifier le taux de prélèvements sociaux (7,5 % ou 17,2 %).
5. Accomplir les obligations (SIRET, comptabilité, CFE).
6. Déclarer au service des non-résidents avec les bonnes options.
7. Anticiper la revente et la réintégration des amortissements.

Questions fréquentes

Un non-résident peut-il faire du LMNP ?

Oui, pleinement. Le statut de loueur en meublé non professionnel est accessible au non-résident. Les loyers meublés sont des revenus de source française, imposables en France au taux minimum (ou taux moyen sur option) et soumis aux prélèvements sociaux.

Pourquoi le réel est-il souvent préférable ?

Parce qu’il permet d’amortir le bien et le mobilier, ce qui réduit fortement, voire annule, le résultat imposable sans aucune sortie d’argent. Dès qu’il y a de l’amortissement à déduire, le réel surpasse en général nettement le micro-BIC.

Quels impôts sur les loyers meublés ?

Le résultat BIC supporte l’impôt au taux minimum de 20/30 % (ou au taux moyen sur option) et des prélèvements sociaux de 17,2 % (ou 7,5 % si affiliation EEE/Suisse/RU). L’amortissement réduit d’abord l’assiette, avant l’application du taux.

Meublé ou location nue ?

Le meublé (BIC) est souvent plus avantageux grâce à l’amortissement, absent en location nue (revenus fonciers). Il suppose en contrepartie une gestion et des obligations un peu plus exigeantes. Le choix se fait au cas par cas.

Que se passe-t-il à la revente ?

La plus-value relève du régime des particuliers (19 % + prélèvements sociaux, abattements pour durée de détention). Une évolution récente réintègre toutefois les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value LMNP, avec des exceptions.

Quelles obligations pour le non-résident ?

Déclarer le début d’activité pour obtenir un SIRET, tenir une comptabilité au réel, et acquitter le cas échéant la CFE. Ces formalités s’accomplissent à distance, souvent avec l’aide d’un expert-comptable spécialisé dans le LMNP des non-résidents.

Optimisez votre meublé depuis l’étranger

Le diagnostic chiffre l’amortissement, le bon régime, le taux et les prélèvements sociaux de votre LMNP de non-résident. Chiffrer mon LMNP →

Sources : CGI art. 35 et s. (BIC, location meublée), 197 A (taux des non-résidents), 150 U et s. (plus-value), dispositions de réintégration des amortissements LMNP ; CJUE De Ruyter. Contenu pédagogique à jour en juin 2026, qui ne remplace pas une analyse personnalisée.