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Taux moyen ou taux minimum de 20 % : comment choisir en tant que non-résident

Sources BOFiP · art. 197 AMis à jour le 16 juin 2026Lecture 15 min
Taux moyen ou taux minimum de 20 %

Si vous êtes non-résident et percevez des revenus de source française, l’administration applique par défaut un taux minimum de 20 %. Mais vous pouvez souvent payer beaucoup moins. L’option pour le taux moyen, un mécanisme prévu par la loi elle-même, permet d’être imposé au taux réel de vos revenus mondiaux lorsqu’il est inférieur. Pour beaucoup de non-résidents aux revenus modestes, c’est tout simplement le levier qui divise l’impôt sur leurs revenus français. Voici comment il fonctionne, qui en bénéficie, et comment le demander.

Ce guide détaille tout : le taux minimum de 20/30 %, pourquoi il existe, le principe et le calcul du taux moyen, la déclaration des revenus mondiaux, qui a intérêt à opter, le seuil en détail, les revenus concernés, la procédure (case 8TM), les justificatifs, la rétroactivité, l’articulation avec la convention fiscale et deux cas chiffrés. Avec deux cas chiffrés et une checklist pour ne plus jamais payer un euro de trop sur vos revenus français.

Le taux minimum de 20/30 %

Les revenus de source française d’un non-résident sont soumis à un taux minimum d’imposition. Ce taux est de 20 % jusqu’à un certain seuil de revenu net imposable, revalorisé chaque année, puis de 30 % sur la fraction qui dépasse ce seuil. C’est le taux que l’administration applique automatiquement par défaut, sauf si vous justifiez vous-même d’un taux plus favorable au moyen de l’option pour le taux moyen.

Concrètement, dès lors que vous percevez des loyers français, un salaire pour une activité exercée en France, une pension de source française ou d’autres revenus français, ce plancher de 20 % s’applique automatiquement à votre imposition française, indépendamment de votre niveau réel de revenu global et même si, résident, vous auriez payé moins.

Ce taux minimum surprend, et inquiète, souvent les non-résidents : il peut être supérieur à ce qu’ils auraient payé en tant que résidents, en particulier pour des revenus modestes. Mais ce n’est qu’un plancher appliqué par défaut, pas une fatalité ni le taux que vous devez réellement supporter, comme nous allons le voir.

Pourquoi ce taux minimum existe

Le taux minimum existe parce qu’un non-résident n’est imposé en France que sur ses revenus de source française, sans que l’administration connaisse l’ensemble de ses revenus mondiaux. À défaut de pouvoir appliquer le barème progressif à un revenu mondial qu’elle ignore, la loi fixe un taux plancher forfaitaire sur la seule part française du revenu.

Ce mécanisme garantit qu’un revenu français ne soit pas imposé à un taux trop faible du seul fait que le reste des revenus du contribuable, perçus à l’étranger, échappe à l’impôt français. Le taux minimum joue donc le rôle de « filet » par défaut, à défaut d’information sur la situation globale du contribuable. C’est une présomption, que le contribuable peut renverser.

Mais le législateur a prévu une soupape : si le contribuable accepte de révéler ses revenus mondiaux et que le taux réel qui en résulte est plus faible, il peut en bénéficier. C’est exactement l’objet de l’option pour le taux moyen.

L’option pour le taux moyen : le principe

L’option pour le taux moyen (article 197 A du CGI) permet au non-résident de demander à être imposé, sur ses revenus de source française, au taux moyen qui résulterait de l’application du barème progressif à l’ensemble de ses revenus mondiaux, si ce taux est inférieur au taux minimum de 20/30 %.

Autrement dit, plutôt que de subir le plancher de 20 %, vous demandez à être imposé au taux réel correspondant à votre situation globale. Si vos revenus mondiaux sont modestes, ce taux réel est souvent bien inférieur à 20 %, parfois de l’ordre de quelques pour cent, ce qui réduit très fortement l’impôt sur vos revenus français.

C’est « l’option qui change tout » : elle peut transformer une imposition à 20 % en une imposition à quelques pour cent seulement. Pour un non-résident, c’est le premier réflexe d’optimisation, et pourtant l’un des plus souvent négligés, faute d’être connu. Beaucoup paient 20 % pendant des années sans savoir qu’ils pourraient payer bien moins.

Le taux moyen est-il plus favorable pour vous ?

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Comment se calcule le taux moyen

Le calcul se fait en plusieurs temps. On détermine d’abord l’impôt théorique qui résulterait de l’application du barème progressif de l’impôt sur le revenu à l’ensemble de vos revenus mondiaux (français et étrangers), comme si vous étiez résident fiscal français. On en déduit un taux moyen : cet impôt théorique rapporté au revenu mondial total. Ce taux reflète la progressivité réelle qui s’appliquerait à votre situation d’ensemble.

Ce taux moyen est ensuite comparé au taux minimum de 20/30 %. Si le taux moyen est inférieur, c’est lui qui s’applique, mais uniquement aux revenus de source française, car la France n’impose toujours que ceux-ci. Les revenus mondiaux ne servent qu’à déterminer le taux, pas à élargir l’assiette.

Cette distinction est essentielle : déclarer ses revenus mondiaux dans le cadre de l’option ne signifie pas que la France va les imposer. Elle s’en sert seulement pour calculer le bon taux à appliquer à la part française. L’assiette reste strictement française ; seul le taux appliqué à cette assiette change. C’est toute la subtilité, et tout l’intérêt, du mécanisme.

Déclarer ses revenus mondiaux (pour le taux seulement)

Pour bénéficier de l’option, vous devez déclarer l’ensemble de vos revenus mondiaux, français et étrangers, afin que l’administration puisse calculer le taux moyen. C’est la contrepartie logique de l’option : pour appliquer un taux fondé sur votre situation globale plutôt que le plancher forfaitaire, l’administration doit pouvoir mesurer cette situation globale.

Cette déclaration des revenus mondiaux est faite aux seules fins du calcul du taux moyen. Les revenus étrangers ainsi déclarés ne sont pas imposés en France ; ils ne font qu’entrer dans le calcul du taux moyen, lequel n’est ensuite appliqué qu’aux seuls revenus de source française. C’est un point fondamental, souvent mal compris, qui dissuade à tort certains non-résidents de demander l’option par crainte d’élargir leur imposition.

Beaucoup de non-résidents craignent, bien à tort, qu’en déclarant leurs revenus étrangers dans le cadre de l’option ils s’exposent à l’impôt français sur ces mêmes revenus. Ce n’est pas le cas : l’option est précisément conçue pour que la France n’impose que la part française, mais à un taux plus juste, calculé sur la situation réelle du contribuable. La déclaration des revenus mondiaux est sans danger.

Qui a intérêt à opter

L’option est intéressante dès lors que le taux moyen est inférieur à 20 %. C’est le cas pour tous ceux dont les revenus mondiaux sont suffisamment modestes pour que le barème progressif aboutisse à un taux réel inférieur au plancher. Plus vos revenus mondiaux sont faibles, plus le taux moyen est bas et plus l’écart en votre faveur, par rapport au plancher de 20 %, est grand.

À l’inverse, un non-résident dont les revenus mondiaux sont très élevés peut présenter un taux moyen supérieur à 20 % : pour lui, l’option n’a pas d’intérêt, et le taux minimum reste plus favorable. L’administration applique de toute façon le plus avantageux des deux taux : demander l’option ne peut donc jamais vous pénaliser, même si vos revenus sont élevés.

En pratique, l’option mérite donc d’être systématiquement testée : il suffit de comparer le taux moyen calculé au taux minimum. Dans le doute, on demande systématiquement l’option, et l’administration retient d’office le taux le plus bas des deux. Il n’y a donc aucun risque à la solliciter : au pire, elle est écartée comme moins favorable et le taux minimum demeure ; au mieux, elle réduit nettement l’impôt.

Le seuil 20/30 % en détail

Le taux minimum n’est pas uniforme : il est de 20 % sur la fraction de revenu net imposable jusqu’à un seuil revalorisé chaque année (de l’ordre de quelques dizaines de milliers d’euros), et de 30 % sur la fraction qui dépasse ce seuil. Ce barème à deux étages s’applique avant toute option.

Pour des revenus de source française limités, c’est donc surtout le taux de 20 % qui joue en pratique. Pour des revenus de source française plus importants, la fraction qui dépasse le seuil subit le taux de 30 %, ce qui renforce encore l’intérêt potentiel de l’option pour le taux moyen lorsque celui-ci est plus bas. La fraction à 30 % est en effet celle où l’écart avec un taux moyen modéré est le plus marqué.

Connaître ce double seuil de 20 % et 30 % aide à mesurer l’enjeu réel : plus la part de revenus taxée à 30 % est importante, plus l’écart avec un taux moyen modéré peut être significatif. C’est un paramètre supplémentaire à intégrer dans la comparaison entre taux minimum et taux moyen.

Sur quels revenus s’applique l’option

L’option pour le taux moyen concerne l’ensemble des revenus de source française du non-résident soumis au taux minimum : revenus fonciers (loyers), salaires pour une activité exercée en France, pensions de source française, et autres revenus français entrant dans le champ du barème.

Elle s’articule avec les autres règles propres à chaque catégorie de revenu : pour les loyers, par exemple, le choix entre micro-foncier et régime réel détermine d’abord le revenu net imposable, auquel s’applique ensuite le taux retenu (minimum ou moyen). L’option agit sur le taux appliqué, pas sur la détermination du revenu net imposable, qui obéit aux règles propres à chaque catégorie de revenu.

Ainsi, le taux moyen se combine avec les leviers d’assiette propres à chaque revenu : on optimise d’abord le revenu net imposable, puis on lui applique le taux le plus favorable. Les deux étages d’optimisation, l’assiette puis le taux, se cumulent, et c’est leur combinaison qui minimise réellement l’impôt. Voir la fiscalité des loyers →

Comment demander l’option

L’option se demande au moment de la déclaration de revenus, en cochant la case dédiée (la case 8TM) et en reportant le montant des revenus mondiaux. En cochant cette case, vous demandez expressément l’application du taux moyen et fournissez à l’administration les éléments du calcul.

C’est donc une démarche active : sans cette demande, l’administration applique le taux minimum par défaut. Il faut y penser chaque année, à chaque déclaration, car l’option ne se reconduit pas tacitement : chaque déclaration est l’occasion de la redemander, sous peine de retomber sur le taux minimum.

La déclaration est ainsi le moment clé où se joue l’optimisation : c’est là, et non par un courrier séparé, que vous activez le taux moyen. Une déclaration soignée, avec la bonne case et les bons montants, conditionne le bénéfice de l’option. Voir la déclaration des non-résidents →

Les justificatifs nécessaires

Pour appuyer l’option, l’administration peut demander des justificatifs des revenus mondiaux déclarés : avis d’imposition étranger, bulletins de salaire, relevés de pension, attestations diverses, etc. Ces documents permettent de vérifier le montant et la nature des revenus servant au calcul du taux moyen, et de s’assurer que rien n’a été omis ni minoré dans le calcul du taux.

Il est donc prudent de conserver les pièces justifiant l’ensemble de vos revenus, français et étrangers, de l’année concernée. En cas de demande, vous devez pouvoir établir la réalité des montants déclarés au titre du calcul du taux.

Préparer ces justificatifs en amont, dès la déclaration, fluidifie la démarche et sécurise durablement l’option. Un dossier complet et ordonné évite les allers-retours avec l’administration et conforte le taux moyen retenu en cas de contrôle. C’est une simple question d’anticipation et de rigueur documentaire.

L’option est-elle rétroactive ?

Si vous avez subi le taux minimum de 20 % les années passées sans demander l’option alors que le taux moyen vous aurait été favorable, tout n’est pas perdu : vous pouvez en principe présenter une réclamation pour les années non prescrites, afin d’obtenir l’application rétroactive du taux moyen et le remboursement de l’impôt payé en trop ces années-là.

Cette réclamation s’effectue dans les délais de droit commun applicables aux réclamations fiscales, en justifiant des revenus mondiaux de chacune des années concernées. C’est un moyen de récupérer un impôt payé en trop par méconnaissance de l’option, dans la limite des années encore ouvertes.

Il est donc particulièrement utile de vérifier ses déclarations des années passées : un non-résident qui a toujours payé 20 % sans tester le taux moyen a peut-être un remboursement à réclamer. La rétroactivité, dans la limite de la prescription, est une opportunité réelle et trop rarement exploitée par les non-résidents qui ont longtemps subi le taux minimum.

Taux moyen et convention fiscale

L’option pour le taux moyen ne se substitue pas à la convention fiscale : elle agit à l’intérieur du système français, sur le taux appliqué aux revenus français. La convention fiscale, elle, répartit le droit d’imposer entre la France et votre pays de résidence et organise l’élimination de la double imposition sur un même revenu.

Les deux mécanismes se cumulent : la convention détermine ce que la France a le droit d’imposer (les revenus de source française), et l’option pour le taux moyen détermine à quel taux ces revenus français sont imposés. Votre pays de résidence tient ensuite compte de l’impôt français effectivement payé pour éviter la double imposition, par crédit ou exonération selon la convention.

Comprendre cette articulation évite bien des confusions : le taux moyen est un outil interne de calcul du taux français, la convention un outil international de répartition du droit d’imposer. Les deux concourent, chacun à son niveau, à une imposition juste et non excessive de vos revenus français. Voir la fiscalité des non-résidents →

Deux cas chiffrés

Cas 1, Marc, retraité au Portugal. Il perçoit 18 000 € de loyers français nets et une petite pension de retraite étrangère. Ses revenus mondiaux sont modestes : le barème progressif aboutit à un taux moyen de l’ordre de quelques pour cent, très inférieur à 20 %. En optant pour le taux moyen, son impôt sur les loyers français chute fortement par rapport au taux minimum de 20 % qu’il subirait par défaut : l’économie représente, dans son cas, plusieurs milliers d’euros par an, année après année.

Cas 2, Inès, cadre dirigeante à Singapour. Elle perçoit 40 000 € de loyers français mais dispose, par ailleurs, de revenus professionnels mondiaux très élevés. Son taux moyen calculé dépasse 30 % : l’option ne lui est pas favorable, et le taux minimum reste préférable. L’administration retient donc le taux minimum, plus favorable dans son cas. L’option, testée, est simplement écartée sans conséquence.

ProfilRevenus mondiauxChoix favorable
Marc (retraité)ModestesTaux moyen
Inès (cadre dirigeante)Très élevésTaux minimum

Les erreurs fréquentes

1. Subir le taux minimum de 20 % sans jamais tester le taux moyen.

2. Croire qu’on sera imposé sur ses revenus mondiaux en les déclarant, ils ne servent qu’au calcul du taux.

3. Oublier de cocher la case 8TM chaque année à la déclaration.

4. Ne pas réclamer rétroactivement le taux moyen pour les années passées non prescrites.

5. Confondre taux moyen et convention, deux mécanismes distincts et cumulables.

6. Ne pas conserver les justificatifs de revenus mondiaux.

Votre checklist

Pour optimiser votre taux de non-résident :

1. Tester le taux moyen contre le taux minimum de 20/30 % chaque année.
2. Déclarer vos revenus mondiaux aux seules fins du calcul du taux.
3. Cocher la case 8TM sur votre déclaration de revenus.
4. Conserver les justificatifs de vos revenus français et étrangers.
5. Optimiser d’abord le revenu net (micro/réel pour les loyers) puis appliquer le taux.
6. Réclamer rétroactivement pour les années passées si l’option aurait été favorable.
7. Articuler avec la convention de votre pays de résidence.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le taux minimum de 20/30 % ?

Un taux plancher appliqué par défaut aux revenus de source française des non-résidents : 20 % jusqu’à un seuil revalorisé chaque année, 30 % au-delà. Il s’applique sauf si vous justifiez d’un taux plus favorable via l’option pour le taux moyen.

Comment payer moins que 20 % ?

En demandant l’option pour le taux moyen : si le taux résultant de l’application du barème à vos revenus mondiaux est inférieur à 20 %, c’est lui qui s’applique à vos revenus français. Pour des revenus modestes, l’économie est souvent importante.

Vais-je être imposé sur mes revenus étrangers si je les déclare ?

Non. En cas d’option, les revenus mondiaux ne servent qu’à calculer le taux moyen. La France n’impose que vos revenus de source française ; les revenus étrangers déclarés ne sont pas taxés en France.

Comment demander l’option ?

En cochant la case 8TM sur votre déclaration de revenus et en y reportant vos revenus mondiaux. C’est une démarche active, à renouveler chaque année, faute de quoi le taux minimum s’applique par défaut.

Puis-je récupérer le trop-payé des années passées ?

Oui, en principe : si vous avez subi le taux minimum alors que le taux moyen vous aurait été favorable, vous pouvez présenter une réclamation pour les années non prescrites et obtenir le remboursement.

Le taux moyen remplace-t-il la convention fiscale ?

Non. Le taux moyen est un mécanisme interne de calcul du taux ; la convention répartit le droit d’imposer entre les pays et élimine la double imposition. Les deux se cumulent.

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Sources : CGI art. 197 A (taux minimum et taux moyen des non-résidents) ; BOFiP ; conventions fiscales bilatérales. Contenu pédagogique à jour en juin 2026, qui ne remplace pas une analyse personnalisée.

Taux minimum ou taux moyen : ne payez pas trop

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