Où prendre sa retraite à l’étranger ? Le comparatif fiscal (2026)
Prendre sa retraite à l’étranger fait rêver, mais avant de choisir un pays, une règle prime : c’est la convention fiscale qui détermine si votre pension reste imposable en France. Beaucoup l’ignorent et présument une exonération qui, souvent, n’existe pas. Ce comparatif part de cette réalité.
Nous y comparons les grandes destinations de retraite (Portugal, Espagne, Grèce, Italie, Maghreb, Asie, Maurice) sur ce qui compte vraiment : le traitement de votre pension par la convention, le coût de la vie, la santé, la proximité, en intégrant la fin de l’avantage fiscal portugais.
• C’est la convention, pas le pays, qui décide si votre pension reste imposable en France.
• Les pensions publiques restent souvent imposables en France, quel que soit le pays de résidence.
• Le Portugal a fermé son régime RNH : plus d’exonération automatique des pensions pour les nouveaux arrivants.
• Coût de la vie, santé et proximité sont souvent plus décisifs que la fiscalité pour une retraite réussie.
Retraite à l’étranger : la convention avant tout
Prendre sa retraite à l’étranger séduit de nombreux Français, pour le climat, le coût de la vie ou la fiscalité. Mais avant de choisir un pays, une règle prime : c’est la convention fiscale qui détermine si votre pension française reste imposable en France ou le devient dans le pays d’accueil.
Beaucoup l’ignorent et présument qu’en s’installant à l’étranger, leur pension échappera à l’impôt français. Or, selon la nature de la pension et la convention, elle peut rester imposable en France quel que soit le pays de résidence.
Ce comparatif part de cette réalité pour éclairer le choix d’une retraite à l’étranger, au-delà des réputations et des idées reçues, en distinguant clairement ce que la fiscalité permet réellement de ce qu’elle ne change pas.
Pensions publiques et privées : une distinction clé
La distinction entre pension publique (retraite de la fonction publique) et pension privée (retraite du secteur privé) est essentielle. Les conventions traitent souvent différemment ces deux catégories : les pensions publiques restent fréquemment imposables en France, les pensions privées suivant des règles propres à chaque convention.
Un ancien fonctionnaire et un ancien salarié du privé peuvent donc être traités différemment dans le même pays d’accueil. Cette distinction conditionne l’intérêt fiscal réel d’une retraite à l’étranger.
Identifier la nature de votre pension, publique ou privée, est donc le tout premier préalable à toute comparaison de destinations, avant même de regarder le climat ou le coût de la vie.
Le Portugal : la fin de l’eldorado des retraités
Le Portugal a longtemps été LA destination des retraités français, grâce au régime RNH qui exonérait largement les pensions étrangères. Ce régime est désormais fermé aux nouveaux arrivants : un retraité qui s’installe au Portugal aujourd’hui ne bénéficie plus d’aucune exonération automatique sur sa pension.
Le Portugal conserve d’autres atouts (pas d’impôt sur la fortune, pas de droits de succession entre proches, climat, coût de la vie, zone euro, proximité), mais son avantage fiscal historique pour les retraités a disparu.
C’est le changement le plus important à connaître : se fier à la réputation du Portugal serait une erreur coûteuse. Voir la retraite au Portugal →
Les pays à régime favorable pour retraités
Certains pays ont mis en place des régimes favorables pour attirer les retraités étrangers, parfois sous forme d’une imposition forfaitaire des pensions étrangères, sous conditions (durée, lieu d’installation). La Grèce et l’Italie, notamment, ont développé de tels dispositifs.
Ces régimes peuvent rendre une retraite à l’étranger fiscalement intéressante, mais leur intérêt dépend de l’éligibilité, des conditions et de l’articulation avec la convention (notamment pour les pensions qui restent imposables en France).
Vérifier l’existence, les conditions et la portée réelle d’un tel régime est indispensable avant de choisir une destination pour sa retraite.
Le Maroc et la Tunisie : proximité et conventions
Le Maroc et la Tunisie attirent les retraités français par la proximité, le climat, le coût de la vie et des liens culturels anciens. Les conventions fiscales avec ces pays encadrent le traitement des pensions, qu’il faut examiner précisément.
Ces destinations offrent un cadre de vie agréable à proximité de la France, avec un coût de la vie attractif. L’intérêt fiscal dépend, là encore, de la nature de la pension et de la convention applicable.
Pour qui cherche proximité et douceur de vivre à coût modéré, le Maghreb mérite attention. Voir la retraite au Maroc →
La Thaïlande et l’Asie
La Thaïlande et d’autres destinations d’Asie séduisent par un coût de la vie très attractif et un cadre exotique. La fiscalité des pensions y dépend de la convention et des règles locales, qui ont pu évoluer récemment et doivent être vérifiées.
Ces destinations conviennent aux retraités prêts à s’éloigner de l’Europe pour un coût de la vie bas et un dépaysement complet. L’éloignement et les formalités de séjour sont à intégrer au projet.
Pour une retraite lointaine à coût réduit, l’Asie est une option, sous réserve d’en vérifier le cadre fiscal et pratique. Voir la retraite en Thaïlande →
L’île Maurice et les destinations douces
L’île Maurice combine une fiscalité modérée, l’absence de droits de succession, un cadre tropical et une convention avec la France. C’est une destination prisée des retraités cherchant un équilibre entre douceur de vivre et fiscalité allégée.
D’autres îles et destinations à fiscalité douce offrent des profils comparables. L’intérêt dépend du coût de la vie sur place, de l’éloignement et du traitement conventionnel de la pension.
Pour une retraite alliant cadre de vie et fiscalité modérée, Maurice est une option sérieuse. Voir la retraite à Maurice →
L’Espagne et le Sud de l’Europe
L’Espagne, le Portugal et d’autres destinations du Sud de l’Europe attirent d’abord par le cadre de vie (climat, mer, proximité) plus que par la fiscalité, souvent comparable à la France pour les retraités hors régime spécial.
Pour beaucoup de retraités, la retraite au soleil en Europe est un choix de vie avant d’être un choix fiscal. La fiscalité s’examine alors pour éviter les mauvaises surprises, sans être le moteur de la décision.
Reconnaître cette logique aide à aborder ces destinations avec les bonnes attentes : du soleil et de la proximité, plus qu’un allègement fiscal majeur.
Le critère fiscal : souvent surestimé
Le critère fiscal est souvent surestimé dans le choix d’une retraite à l’étranger. Lorsque la pension reste imposable en France par convention, le pays de résidence ne change rien à son imposition. L’économie fiscale réelle peut être bien plus faible qu’espéré.
C’est particulièrement vrai depuis la fin du régime portugais : la principale source d’exonération des pensions a disparu pour les nouveaux arrivants. Désormais, l’avantage fiscal d’une retraite à l’étranger se vérifie au cas par cas, et n’est jamais automatique.
Ne pas surestimer le gain fiscal, et le vérifier convention en main avant tout projet, évite une déception majeure au moment où elle serait la plus difficile à corriger.
Le critère du coût de la vie
Pour un retraité, le coût de la vie est souvent plus décisif que la fiscalité. Un pouvoir d’achat amélioré par un coût de la vie plus faible (Maghreb, Asie, certaines régions d’Europe) peut compter davantage qu’un avantage fiscal incertain.
À pension égale, vivre dans un pays au coût de la vie modéré améliore concrètement le quotidien. C’est un levier réel, indépendant de la fiscalité, et souvent plus accessible.
Mettre le coût de la vie au cœur de la comparaison est particulièrement pertinent pour une retraite à l’étranger.
Le critère de la santé
La santé est un critère majeur pour les retraités. Accès aux soins, qualité du système, couverture (assurance, conventions de sécurité sociale), distance avec la France en cas de besoin : autant d’éléments qui pèsent lourd dans le choix d’une destination de retraite.
Une destination fiscalement ou financièrement avantageuse mais offrant un accès aux soins insuffisant peut s’avérer un mauvais choix à mesure que les besoins de santé augmentent. Anticiper ce volet est essentiel.
Donner toute sa place à la santé dans la décision est indispensable pour une retraite sereine à l’étranger.
Le critère de la proximité
La proximité avec la France et les proches est un critère personnel essentiel. Une retraite trop éloignée peut peser sur les liens familiaux et compliquer les retours. Les destinations proches (Sud de l’Europe, Maghreb) préservent mieux ces liens.
Beaucoup de retraités privilégient finalement la proximité, quitte à renoncer à un avantage fiscal ou à un coût de la vie plus bas ailleurs. C’est un arbitrage personnel, à assumer en conscience.
Intégrer la proximité et les liens familiaux à la décision est la marque d’un projet de retraite réfléchi.
La déclaration et les obligations
Retraité à l’étranger, vous conservez des obligations déclaratives françaises pour vos revenus de source française et vos comptes étrangers. La pension imposable en France y est déclarée ; la pension imposable à l’étranger suit les règles locales, avec élimination de la double imposition selon la convention.
Ces obligations, parfois techniques, doivent être tenues pour éviter les sanctions. La retraite à l’étranger n’est pas synonyme d’absence de formalités, en France comme dans le pays d’accueil.
Tenir ses obligations déclaratives fait partie d’une retraite à l’étranger sereine. Voir nos guides du non-résident →
Tableau de synthèse
En synthèse qualitative : le Portugal et l’Espagne pour la proximité et le cadre de vie (mais sans l’avantage fiscal RNH disparu) ; la Grèce et l’Italie pour leurs régimes ciblés ; le Maghreb pour la proximité et le coût ; la Thaïlande et l’Asie pour le coût et le dépaysement ; Maurice pour l’équilibre fiscalité-cadre de vie.
Aucune n’est « la meilleure » : tout dépend de la nature de votre pension, de la convention, du coût de la vie visé et de vos priorités (proximité, santé, climat).
Comment choisir sa retraite à l’étranger
Pour choisir, commencez par la nature de votre pension et ce que dit la convention : votre pension serait-elle réellement moins imposée ailleurs ? Souvent, l’écart est faible. Puis comparez les destinations sur le coût de la vie, la santé, la proximité et le climat.
Cette démarche, partant du cas réel, fait apparaître l’intérêt véritable de chaque destination, fiscal et non fiscal. Elle évite les déceptions liées à une réputation fiscale datée ou à une attente irréaliste.
C’est l’objet du diagnostic : déterminer, pour votre pension et votre situation, les destinations de retraite réellement pertinentes. Comparer pour ma retraite →
Exemple de raisonnement
Prenons un raisonnement illustratif. Un ancien fonctionnaire dont la pension publique reste imposable en France ne gagnera rien fiscalement à s’expatrier sur ce revenu : son choix se fera sur le coût de la vie, le climat et la proximité. Un ancien salarié du privé, lui, devra vérifier, convention en main, si sa pension privée serait moins taxée dans tel ou tel pays, parfois oui, souvent peu depuis la fin du régime portugais.
Deux profils, deux logiques, pour une même envie de retraite au soleil. C’est la nature de la pension et la convention qui décident. Les éléments exacts dépendent du cas : ce schéma n’a qu’une valeur pédagogique.
Anticiper le départ à la retraite
Comme toute expatriation, une retraite à l’étranger se prépare : transfert de résidence, déclaration de l’année de départ, organisation de la perception de la pension, des comptes et des biens français. Une préparation soignée évite les frottements et sécurise le projet.
Le départ à la retraite est aussi l’occasion de réorganiser son patrimoine (immobilier, épargne, transmission) en cohérence avec la destination choisie. Anticiper ces aspects rend la transition plus fluide.
Préparer son départ à la retraite, et pas seulement choisir un pays, est la clé d’une installation réussie à l’étranger.
Les pièges à éviter
Le principal piège est de présumer qu’une retraite à l’étranger exonère la pension : ce n’est vrai que si la convention le prévoit, ce qui n’est pas systématique, et plus rarement depuis la fin du régime portugais. Se fier à une réputation datée en est un autre.
À cela s’ajoutent les pièges communs : exit tax éventuelle, oubli des obligations déclaratives, mauvaise anticipation de la santé ou du coût réel de la vie. Une retraite à l’étranger réussie suppose d’éviter ces écueils.
Vérifier, convention et chiffres à l’appui, plutôt que se fier aux idées reçues, est la meilleure protection.
Notre approche
Notre approche : ne jamais survendre une retraite à l’étranger. Pour certains profils, le gain (fiscal, coût de la vie, qualité de vie) est réel ; pour d’autres, l’avantage fiscal est faible et le choix se justifie surtout par le cadre de vie. Nous le disons honnêtement.
Nous partons de la nature de votre pension, de la convention et de vos priorités pour identifier les destinations réellement pertinentes, et vous dire quand l’intérêt est surtout celui d’un projet de vie, pas d’une économie fiscale.
Choisir sa retraite à l’étranger en connaissance de cause. Lancer mon diagnostic →
En résumé
Une retraite à l’étranger se décide d’abord à la lumière de la convention (votre pension serait-elle vraiment moins imposée ?) et du coût de la vie, plus que d’une réputation fiscale. La fin du régime portugais a rappelé que ces avantages évoluent et ne sont jamais automatiques.
Les meilleures destinations dépendent de la nature de votre pension, de vos priorités (proximité, santé, climat, coût) et de votre éligibilité aux éventuels régimes favorables. Il n’y a pas de réponse universelle.
Partir du cas réel, convention à l’appui, en intégrant aussi le coût de la vie, la santé et la proximité, est la seule manière de choisir une retraite à l’étranger sans déconvenue. Comparer pour ma retraite →
Le climat et le cadre de vie
Pour beaucoup de retraités, le climat et le cadre de vie sont la motivation première. Soleil, mer, douceur de vivre : ces aspirations légitimes orientent souvent le choix autant, sinon plus, que la fiscalité. Le Sud de l’Europe, le Maghreb, les îles répondent à cette quête.
Une retraite réussie est d’abord une vie agréable au quotidien. Choisir une destination dont le cadre de vie vous correspond est essentiel à l’épanouissement et à la durée du projet, au-delà des considérations fiscales.
Donner toute sa place au cadre de vie dans la décision est légitime : la retraite est un projet de vie avant d’être un calcul.
L’horizon et la réversibilité
Une retraite à l’étranger gagne à être pensée dans la durée, tout en gardant une part de réversibilité. Les besoins évoluent avec l’âge (santé, proximité de la famille), et une destination idéale à 65 ans peut l’être moins plus tard.
Anticiper ces évolutions, et privilégier des destinations qui n’enferment pas (proximité, qualité des soins, possibilité de retour), sécurise le projet sur le long terme. La proximité européenne offre, à cet égard, une flexibilité précieuse.
Penser sa retraite à l’étranger sur la durée, en gardant des options, est la marque d’un projet mûr.
La transmission et le patrimoine
La transmission mérite attention dans une retraite à l’étranger. Certains pays ne connaissent pas de droits de succession entre proches, ce qui peut être un atout patrimonial ; mais les biens restés en France suivent les règles françaises de succession.
Un patrimoine immobilier français reste soumis à la fiscalité française (revenus, plus-values, succession sur les biens français), où que vous résidiez. La retraite à l’étranger doit donc s’articuler avec une stratégie de transmission cohérente.
Intégrer la transmission et le patrimoine à la décision donne une vision complète de l’intérêt d’une retraite à l’étranger. Voir les successions internationales →
| Pays | Pension privée | Régime / taux | Durée | Cadre de vie / coût |
|---|---|---|---|---|
| Grèce | 7 % forfaitaire | Loi 4714/2020 (pensions publiques exclues) | 15 ans | Coût ~30 % < France, climat |
| Italie (Sud) | 7 % forfaitaire | Commune < 20 000 hab. du Mezzogiorno | 10 ans | Sud de l’Italie |
| Portugal | Barème (RNH fermé) | Plus d’exonération automatique | , | Climat, proximité, zone euro |
| Espagne | Barème | Loi Beckham = revenus du travail, pas pensions | , | Proximité, climat |
| Maroc / Tunisie | Selon convention | Abattements possibles | , | Proximité, coût faible |
| Maurice | Modéré | Fiscalité douce, pas de succession | , | Tropical, lointain |
Traitement des pensions selon la destination (juin 2026) ; pensions publiques généralement imposables en France.
Le point décisif : pension publique ou privée
La distinction est déterminante. Selon le modèle des conventions fiscales, les pensions publiques (retraites de la fonction publique) restent, en règle générale, imposables dans l’État qui les verse, donc en France, quel que soit le pays de résidence. Les régimes étrangers favorables (Grèce 7 %, Italie 7 %) ne s’appliquent donc pas à ces pensions.
Les pensions privées (retraites du secteur privé), elles, sont le plus souvent imposables dans l’État de résidence selon la convention, et peuvent donc bénéficier des régimes étrangers favorables. C’est cette catégorie que visent les taux de 7 % grec ou italien.
Avant tout projet, un ancien fonctionnaire doit donc savoir que sa pension principale restera vraisemblablement imposée en France : pour lui, le choix d’un pays se fera sur le coût de la vie et le cadre de vie, plus que sur un taux étranger qui ne s’appliquera pas à sa pension.
La Grèce : la nouvelle référence des retraités
Depuis la fin du RNH portugais, la Grèce s’est imposée comme la destination de référence des retraités français en quête d’optimisation. Son régime (loi 4714/2020) applique un taux forfaitaire de 7 % sur l’ensemble des revenus de source étrangère, pensions privées, mais aussi dividendes, intérêts et loyers étrangers, pendant 15 ans, une stabilité rare.
À ce taux s’ajoutent un coût de la vie inférieur d’environ 30 % à la France et un cadre méditerranéen. Les conditions sont simples (ne pas avoir été résident grec 5 des 6 dernières années, résider plus de 183 jours), avec un dépôt de demande avant le 31 mars. Réserve importante : les pensions publiques restent imposables en France.
Pour un retraité du secteur privé, la Grèce offre aujourd’hui l’un des meilleurs rapports fiscalité/cadre de vie d’Europe. Voir la retraite en Grèce →
L’Italie du Sud : 7 % dans les petites communes
L’Italie propose un régime jumeau pour les retraités étrangers : un forfait de 7 % sur les revenus de source étrangère, à condition de s’installer dans une commune de moins de 20 000 habitants du Sud (Mezzogiorno, par exemple les Pouilles, la Sicile, la Calabre), pour une durée de 10 ans.
Ce régime cible ceux qui acceptent de vivre dans les petites communes du Sud italien, en échange d’une fiscalité très allégée sur leurs pensions et revenus étrangers privés. Le cadre de vie y est authentique et le coût de la vie modéré.
Pour un retraité séduit par le Sud de l’Italie, ce régime à 7 % est une alternative directe à la Grèce, dans la zone euro et à proximité de la France.
L’exit tax en détail (article 167 bis du CGI)
L’exit tax n’est pas un mythe : elle vise les plus-values latentes sur les valeurs mobilières lors du transfert du domicile fiscal hors de France. Elle se déclenche, en principe, lorsque vous détenez des titres d’une valeur globale supérieure à 800 000 €, ou représentant au moins 50 % des bénéfices d’une société. En dessous de ces seuils, elle ne s’applique pas.
Un sursis de paiement est automatique en cas de départ vers un État de l’Union européenne (ou assimilé), et sur demande (avec garanties) vers la plupart des autres pays. L’impôt n’est donc pas nécessairement décaissé immédiatement : il est mis en sursis, suivi année après année.
Surtout, l’impôt est dégrevé (effacé) si vous conservez vos titres pendant une certaine durée après le départ, ou si vous revenez en France avant de les céder. L’exit tax est donc souvent un sursis qui s’éteint, plus qu’une taxe réellement payée, à condition d’être correctement suivie. Voir l’exit tax au départ →
Prélèvements sociaux : 17,2 % ou 7,5 % ?
Sur les revenus du patrimoine (loyers, plus-values immobilières) de source française, un non-résident supporte des prélèvements sociaux. Le taux plein est de 17,2 %. Mais les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’Espace économique européen ou de la Suisse ne sont, en principe, redevables que du prélèvement de solidarité de 7,5 %, à l’exclusion de la CSG et de la CRDS.
L’écart, près de 10 points, est loin d’être anecdotique sur des revenus fonciers ou une plus-value immobilière. C’est l’un des avantages concrets d’une expatriation au sein de l’EEE par rapport à un pays tiers (où le taux plein de 17,2 % s’applique).
Vérifier votre régime d’affiliation, et le faire valoir, peut donc représenter une économie réelle et chiffrable. Voir la récupération de la CSG →
Taux minimum 20 % / 30 % et option pour le taux moyen
Les revenus de source française d’un non-résident sont soumis à un taux minimum : 20 % jusqu’à un seuil de revenu net imposable (de l’ordre de la limite supérieure de la deuxième tranche du barème), puis 30 % au-delà. Ce plancher peut conduire à une imposition supérieure à celle d’un résident aux revenus équivalents.
Heureusement, le non-résident peut opter pour le taux moyen : l’administration calcule le taux qui résulterait de l’imposition de l’ensemble de ses revenus mondiaux au barème français, et l’applique à ses seuls revenus français s’il est inférieur au taux minimum. Pour des revenus modérés, l’option est souvent gagnante.
Bien arbitrer entre taux minimum et taux moyen est l’un des leviers concrets de la déclaration du non-résident, et peut faire une différence sensible sur la note finale.
Questions fréquentes
Ma pension sera-t-elle exonérée si je pars à l’étranger ?
Pas nécessairement. C’est la convention qui détermine si votre pension reste imposable en France ou le devient à l’étranger. Les pensions publiques restent souvent imposables en France ; les pensions privées suivent des règles propres à chaque convention. L’exonération n’est jamais automatique.
Le Portugal est-il toujours intéressant pour les retraités ?
Beaucoup moins : le régime RNH est fermé aux nouveaux arrivants et n’exonère plus les pensions. Le Portugal conserve d’autres atouts (climat, coût de la vie, pas d’ISF ni de droits de succession, proximité), mais l’avantage fiscal historique a disparu.
Quels pays ont un régime favorable pour les retraités ?
Certains pays, comme la Grèce et l’Italie, ont mis en place des régimes pour attirer les retraités étrangers, sous conditions. Leur intérêt dépend de l’éligibilité et de l’articulation avec la convention. Il faut les vérifier au cas par cas.
Le critère fiscal est-il le plus important ?
Souvent non. Lorsque la pension reste imposable en France, le pays de résidence ne change rien à son imposition. Le coût de la vie, la santé, le climat et la proximité sont souvent plus décisifs pour une retraite réussie.
Quelles obligations à l’étranger ?
Vous conservez des obligations déclaratives françaises pour vos revenus de source française et vos comptes étrangers. La pension imposable en France y est déclarée ; celle imposable à l’étranger suit les règles locales, avec élimination de la double imposition selon la convention.
Comment choisir pour ma situation ?
En partant de la nature de votre pension et de la convention (serait-elle vraiment moins imposée ailleurs ?), puis en comparant les destinations sur le coût de la vie, la santé, la proximité et le climat. C’est l’objet du diagnostic.
Le diagnostic part de la nature de votre pension et de la convention pour déterminer si, et où, votre retraite serait réellement plus avantageuse, en intégrant coût de la vie, santé et proximité. Lancer mon diagnostic →
Sources : conventions fiscales France–pays partenaires (traitement des pensions publiques et privées) ; CGI (territorialité, obligations déclaratives) ; régimes pour retraités étrangers en Grèce et en Italie, fin du régime portugais RNH (à vérifier selon la pension et le pays). Contenu pédagogique à jour en juin 2026, qui ne remplace pas une analyse personnalisée ; les régimes étrangers évoluent et doivent être vérifiés au cas par cas.