Fiscalité du retraité français à l’étranger : le guide par profil 2026
Prendre sa retraite à l’étranger change la fiscalité de chaque pension. Selon leur nature et votre pays, l’imposition varie du simple au triple. Voici le guide par profil 2026 du retraité français non-résident.
La question qui décide de tout : la nature de la pension
Pour un retraité, l’erreur fondamentale est de traiter « sa retraite » comme un bloc. En réalité, chaque pension a sa propre règle d’imposition selon la convention : une pension privée, une pension de la fonction publique et une pension de sécurité sociale ne sont pas imposées au même endroit. La première étape est donc de qualifier chacune de vos pensions.
Pension privée, publique, sécurité sociale
En règle générale (à vérifier sur la convention de votre pays) : les pensions privées (complémentaires, épargne-retraite) sont souvent imposables dans l’État de résidence ; les pensions publiques (fonction publique) restent généralement imposables en France, où que vous viviez ; les pensions de sécurité sociale suivent une règle propre au texte. Deux retraités au parcours proche peuvent ainsi être imposés dans deux pays différents.
La CSG-CRDS sur les pensions
Un retraité résidant dans l’UE ou l’EEE, qui n’est plus à la charge de l’assurance maladie française, est exonéré de CSG et de CRDS sur ses pensions françaises. Avant le départ, le formulaire S1 demandé à votre caisse transfère votre prise en charge santé vers le pays de résidence : c’est lui qui conditionne l’exonération. Hors EEE, la situation diffère selon la convention.
Le choix du pays de retraite
Sur le plan fiscal, les destinations diffèrent fortement : le Maroc et le Sénégal offrent des abattements proches de 80 %, Maurice impose les pensions privées à 15 %, le Portugal a perdu son régime RNH, la Thaïlande a réformé en 2024. Notre comparatif des pays de retraite détaille chacun. Mais rappelez-vous : les pensions de fonctionnaire restent imposables en France presque partout.
La transmission et les successions
Un retraité installé durablement à l’étranger doit penser sa transmission : seule une trentaine de pays ont une convention successorale avec la France. Si votre pays d’accueil en a une (Maroc, Italie, Sénégal, Tunisie...), c’est un levier ; sinon, l’article 750 ter rattrape votre patrimoine dès que des héritiers vivent en France. Notre guide des successions détaille l’anticipation.
Le retour éventuel
Si vous rentrez en France, vos pensions redeviennent imposables en France au barème (abattement de 10 %), et les avantages locaux cessent. Le rapatriement des fonds se planifie si la monnaie n’est pas librement convertible. Le premier exercice de retour se déclare coupé en deux.
Les erreurs fréquentes
Traiter sa retraite comme un bloc au lieu de qualifier chaque pension. Croire que la pension publique bascule à l’étranger : elle reste en France. Oublier le formulaire S1 pour l’exonération CSG. Ignorer la convention successorale. Négliger le change au rapatriement.
FAQ
Ma retraite est-elle imposée à l’étranger ? Cela dépend de la nature de chaque pension : privée souvent à l’étranger, publique en France.
Suis-je exonéré de CSG ? Dans l’UE/EEE, oui sur les pensions si vous n’êtes plus à la charge de l’assurance maladie française (formulaire S1).
Quel pays choisir ? Voir notre comparatif ; mais qualifiez d’abord vos pensions.
Voir aussi : le comparatif des pays de retraite, la succession internationale, le guide complet.
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Sources : CGI art. 4 B, 197 A ; conventions fiscales (pensions) ; formulaire S1 (CSG/CRDS UE) ; CGI art. 750 ter ; BOFiP.