Créer une société en France depuis l’Indonésie : guide complet (2026)
Vous résidez en Indonésie et souhaitez créer une société en France ? C’est tout à fait possible : la nationalité et la résidence à l’étranger ne sont pas, en elles-mêmes, des obstacles. Forme sociale, fiscalité, dirigeant non-résident, établissement stable, TVA, immatriculation, dividendes : voici le guide complet de la création de société en France depuis l’Indonésie.
Ce guide couvre la possibilité de créer, le choix de la forme (SAS, SARL, SCI), l’IS et l’IR, le statut de dirigeant non-résident, la notion clé d’établissement stable, la TVA, l’immatriculation au guichet unique, le compte professionnel, la convention France–l’Indonésie, le rapatriement des dividendes et les obligations comptables. Avec un exemple chiffré, une checklist détaillée, une FAQ et des liens vers nos ressources spécialisées sur la création et les structures du non-résident.
• Un non-résident peut créer et diriger une société en France ; la résidence à l’étranger n’est pas un obstacle de principe.
• Le choix de la forme (SAS, SARL, SCI) et du régime (IS ou IR) structure toute la fiscalité du projet.
• La notion d’établissement stable détermine où les bénéfices sont imposés : c’est un point central.
• Les dividendes versés à un associé non-résident peuvent subir une retenue à la source, souvent réduite par la convention.
Un non-résident peut-il créer une société en France ?
Oui. Un non-résident, quelle que soit sa nationalité, peut créer une société en France et en être l’associé comme le dirigeant. La résidence à l’étranger n’empêche pas, en principe, de constituer et de gérer une société française, y compris à distance.
Des formalités spécifiques peuvent s’appliquer (justificatifs, parfois représentation locale), et certaines activités réglementées ont leurs propres exigences. Mais le principe est ouvert : créer une société française depuis en Indonésie est accessible.
Ce guide détaille les choix structurants et les points d’attention propres à un créateur résidant à l’étranger, étape par étape, de la forme sociale jusqu’à la fiscalité des dividendes.
Choisir la forme : SAS, SARL, SCI
Le choix de la forme sociale est déterminant. La SAS (et sa version unipersonnelle, la SASU) offre une grande souplesse statutaire et un régime social du dirigeant assimilé salarié. La SARL (et l’EURL) est plus encadrée, avec un régime social de gérant majoritaire travailleur non salarié. La SCI est dédiée à la détention immobilière.
Chaque forme a ses conséquences en matière de responsabilité, de gouvernance, de régime social du dirigeant et de fiscalité. Pour un non-résident, la souplesse de la SAS est souvent appréciée, mais le bon choix dépend du projet.
Définir la forme adaptée à votre activité, votre gouvernance et votre situation de non-résident est la première décision structurante, celle qui conditionne la plupart des choix suivants.
IS ou IR : le régime fiscal
La société est, selon sa forme et ses options, soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) ou, dans certains cas et pour une durée limitée, à l’impôt sur le revenu (IR) entre les mains des associés. L’IS est le régime de droit commun des sociétés de capitaux.
À l’IS, le bénéfice est imposé au niveau de la société (au taux normal, avec un taux réduit pour une fraction du bénéfice des petites entreprises sous conditions), puis les dividendes sont imposés au niveau de l’associé. À l’IR, le résultat est imposé directement chez les associés.
Le choix entre IS et IR a des effets majeurs, en particulier pour un associé non-résident dont les dividendes et la quote-part de résultat suivent des règles propres. C’est un arbitrage à mener avec soin.
Le dirigeant non-résident
Un non-résident peut être dirigeant d’une société française (président de SAS, gérant de SARL). Diriger depuis l’étranger est possible, sous réserve des règles propres à l’activité et au régime social. La domiciliation personnelle à l’étranger n’interdit pas le mandat social.
Le régime social du dirigeant (assimilé salarié en SAS, travailleur non salarié en gérance majoritaire de SARL) et son articulation avec la protection sociale en Indonésie méritent une analyse : double affiliation possible, conventions de sécurité sociale, etc.
Clarifier votre statut de dirigeant et votre couverture sociale, en tant que résident en Indonésie, fait partie des points à régler en amont.
L’établissement stable : un point central
La notion d’établissement stable est centrale en contexte international. Selon la convention France–l’Indonésie, elle détermine si une activité est imposable en France ou en Indonésie. Une société française a, par nature, un rattachement à la France ; mais l’articulation avec une activité ou une direction exercée en Indonésie doit être analysée.
Mal appréhendé, l’établissement stable peut conduire à une imposition non anticipée dans l’un ou l’autre pays, voire à une double imposition. C’est l’un des points les plus techniques d’un projet transfrontalier.
Sécuriser la question de l’établissement stable, au regard de la convention, est essentiel avant de structurer une société France-Indonésie.
La TVA
La société française relève en principe de la TVA française, avec un numéro de TVA intracommunautaire pour les opérations au sein de l’Union européenne. Les obligations déclaratives de TVA s’appliquent selon l’activité et le chiffre d’affaires.
Pour certaines situations impliquant des opérateurs hors Union européenne, un représentant fiscal en matière de TVA peut être requis. Les règles de TVA transfrontalière (ventes, prestations de services) sont techniques et doivent être maîtrisées.
Bien paramétrer la TVA dès la création évite des erreurs coûteuses, surtout en présence de flux internationaux.
L’immatriculation au guichet unique
La création passe par le guichet unique électronique des formalités des entreprises (géré par l’INPI), qui centralise l’immatriculation. Statuts, dépôt du capital, publication d’une annonce légale, déclaration des bénéficiaires effectifs : autant d’étapes aboutissant à l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés.
Une fois immatriculée, la société obtient son extrait Kbis, sa « carte d’identité ». Pour un non-résident, réunir et, le cas échéant, traduire les justificatifs requis demande un peu d’anticipation.
Préparer un dossier d’immatriculation complet, en amont, fluidifie une création menée à distance depuis en Indonésie.
Le compte bancaire professionnel
La société doit disposer d’un compte bancaire professionnel en France, notamment pour y déposer le capital lors de la constitution. Pour un dirigeant non-résident, l’ouverture de ce compte peut être l’étape la plus délicate, les banques étant prudentes face aux non-résidents.
Anticiper l’ouverture du compte (choix de la banque, justificatifs, parfois banques en ligne adaptées aux non-résidents) est souvent un facteur limitant de la création. Mieux vaut s’y prendre tôt.
Sécuriser la relation bancaire professionnelle est un préalable pratique à la constitution de la société.
Le siège social et la domiciliation
La société doit avoir un siège social en France : une adresse (locaux propres, société de domiciliation, pépinière). Pour un créateur résidant en Indonésie, le recours à une société de domiciliation est une solution courante et pratique.
Le choix du siège a des incidences (juridiction, parfois fiscalité locale, image). Une domiciliation sérieuse, avec gestion du courrier, facilite la vie de la société à distance.
Régler la question du siège social, dès la création, est indispensable à l’immatriculation et au bon fonctionnement de la société.
La convention France–l’Indonésie
La convention fiscale France–l’Indonésie encadre l’imposition des bénéfices (via l’établissement stable), des dividendes, intérêts et redevances versés entre les deux pays, et l’élimination de la double imposition. Elle conditionne donc la fiscalité réelle de votre société et de vos revenus d’associé.
En particulier, la convention plafonne souvent la retenue à la source applicable aux dividendes versés à un associé résident en Indonésie. Nous l’avons décryptée. Lire la convention France–l’Indonésie →
Partir du bon texte conventionnel est indispensable pour structurer la société et anticiper l’imposition des flux.
L’Indonésie : votre situation
L’Indonésie impose ses résidents fiscaux selon des règles propres. Une convention organise la répartition du droit d’imposer avec la France et l’élimination de la double imposition. L’éloignement appelle une organisation soignée de la gestion à distance. S’agissant d’un pays tiers, les prélèvements sociaux français sur les revenus du patrimoine de source française s’appliquent en principe au taux plein.
Pour votre projet de société, ce contexte joue notamment sur le traitement des dividendes et leur rapatriement. Les dividendes versés vers en Indonésie, en euros, seront convertis dans votre devise (la roupie indonésienne) : un risque de change s’applique au moment du rapatriement.
Chaque situation étant particulière, c’est la combinaison de la convention, de la forme sociale choisie et de votre statut de dirigeant résident en Indonésie qui détermine la fiscalité réelle. Aucune généralité ne s’y substitue.
Le diagnostic identifie la forme, le régime et la structuration adaptés à votre projet. Structurer mon projet →
Les dividendes et leur rapatriement
Les dividendes distribués par la société à un associé non-résident peuvent subir une retenue à la source en France, dont le taux est souvent réduit par la convention France–l’Indonésie. L’associé déclare ensuite ces dividendes selon les règles de son pays de résidence, avec élimination de la double imposition.
Le rapatriement des dividendes vers en Indonésie appelle aussi une attention au change. Les dividendes versés vers en Indonésie, en euros, seront convertis dans votre devise (la roupie indonésienne) : un risque de change s’applique au moment du rapatriement.
Anticiper la fiscalité et le rapatriement des dividendes est essentiel pour mesurer le rendement net réel de votre société française.
Le régime social du dirigeant
Le régime social dépend de la forme et du mandat : le président de SAS est assimilé salarié (régime général, sans cotisations chômage), le gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs non salariés. Les cotisations et la protection diffèrent sensiblement.
Pour un dirigeant résidant en Indonésie, l’articulation avec la sécurité sociale locale (conventions bilatérales, détachement, double affiliation) doit être examinée pour éviter les doublons ou les lacunes de couverture.
Choisir la forme aussi en fonction du régime social du dirigeant, et coordonner avec votre situation à l’étranger, fait partie d’une structuration réfléchie.
La SCI pour l’immobilier
Pour détenir un bien immobilier en France, la SCI (société civile immobilière) est un outil fréquent : elle facilite la détention à plusieurs, la transmission des parts et, selon les cas, l’optimisation. Un non-résident peut constituer et gérer une SCI française.
La SCI peut être à l’IR (transparence) ou opter pour l’IS, avec des conséquences fiscales très différentes (revenus fonciers vs amortissement et plus-values professionnelles). Le choix se mûrit. Voir la SCI du non-résident →
Pour un projet immobilier, la SCI mérite d’être étudiée à part, avec son propre arbitrage IR/IS.
La holding
Une holding (souvent une SAS ou SARL) peut chapeauter une ou plusieurs sociétés, pour organiser la détention, remonter les dividendes (régime mère-fille sous conditions) et structurer un groupe. Pour un entrepreneur international, c’est un outil de structuration patrimoniale puissant.
La holding doit toutefois être justifiée par une substance réelle et structurée avec soin, en cohérence avec la convention et la question de l’établissement stable. Mal montée, elle perd son intérêt ou crée des risques.
Pour les projets d’envergure, l’opportunité d’une holding s’étudie en amont, avec une vision d’ensemble.
Les obligations comptables
La société française est soumise à des obligations comptables : tenue d’une comptabilité, établissement des comptes annuels, dépôt au greffe, déclarations fiscales (IS ou IR, TVA). Le recours à un expert-comptable est, en pratique, quasi indispensable, a fortiori à distance.
Pour un dirigeant résidant en Indonésie, déléguer la comptabilité et les déclarations à un professionnel français assure la conformité et libère du temps. C’est un coût, mais un investissement de sécurité.
Organiser le suivi comptable dès la création évite les retards et les irrégularités, particulièrement pénalisants pour une gestion à distance. Un expert-comptable habitué aux dossiers de non-résidents constitue, à cet égard, un partenaire précieux pour la durée.
Le capital social
La société se constitue avec un capital social, divisé en actions (SAS) ou en parts (SARL, SCI). Le montant minimal est très bas pour la plupart des formes, mais un capital cohérent avec l’activité renforce la crédibilité, notamment vis-à-vis des banques et des partenaires.
Le capital est déposé sur le compte professionnel lors de la constitution, puis débloqué après immatriculation. Pour un non-résident, ce dépôt est lié à l’ouverture du compte, étape à anticiper.
Calibrer le capital social en fonction du projet et des attentes des partenaires fait partie des décisions de constitution.
Filiale, succursale ou société nouvelle
Selon votre situation, vous pouvez créer une société française autonome, une filiale d’une société étrangère existante, ou une succursale (établissement secondaire sans personnalité juridique propre). Chaque option a des conséquences juridiques et fiscales distinctes.
La filiale est une société française à part entière, détenue par la société étrangère ; la succursale prolonge la société étrangère en France et soulève directement la question de l’établissement stable. Le choix dépend de votre organisation et de vos objectifs.
Arbitrer entre société nouvelle, filiale et succursale, depuis en Indonésie, est une décision structurante à prendre en amont. Voir filiale ou succursale →
Les délais et le coût de création
La création d’une société française est relativement rapide une fois le dossier complet (statuts, capital déposé, justificatifs). Les principaux délais tiennent, pour un non-résident, à l’ouverture du compte bancaire et à la réunion des pièces, parfois à traduire.
Les coûts incluent l’annonce légale, les frais de greffe, l’éventuelle domiciliation, l’accompagnement juridique et comptable. Ils restent modérés au regard de l’enjeu, mais doivent être budgétés.
Anticiper délais et coûts permet de planifier le lancement de l’activité sans mauvaise surprise.
Les activités réglementées
Certaines activités sont réglementées (diplômes, agréments, autorisations, assurances obligatoires). Avant de créer, il faut vérifier si votre activité en relève et si des conditions particulières s’appliquent à un dirigeant non-résident.
Ces exigences peuvent conditionner la création ou l’exercice de l’activité. Les identifier en amont évite un blocage après l’immatriculation, ou une activité exercée en irrégularité.
Vérifier le caractère réglementé de votre activité est un préalable à ne pas négliger dans le projet de création.
Faire vivre la société à distance
Une fois créée, la société doit être pilotée : décisions de gestion, assemblées, approbation des comptes, déclarations. Pour un dirigeant résidant en Indonésie, organiser cette gouvernance à distance (outils numériques, mandats, expert-comptable) est essentiel à la régularité et à la pérennité de la structure.
La distance ne dispense d’aucune obligation : tenue des registres, dépôt des comptes annuels, respect des échéances fiscales et sociales. S’appuyer sur des relais fiables en France (comptable, domiciliataire) sécurise le fonctionnement.
Anticiper, dès la création, la manière de faire vivre la société à distance évite les négligences qui fragilisent une structure pilotée depuis l’étranger.
Anticiper plutôt qu’improviser
Forme, régime fiscal, dirigeant, établissement stable, TVA, immatriculation, banque, dividendes, comptabilité : créer une société en France depuis l’étranger combine de nombreux choix, qui s’articulent. Les traiter ensemble, en amont, est la clé d’un projet bien structuré.
Un projet mal préparé (forme inadaptée, établissement stable négligé, banque non anticipée) se heurte à des blocages ou à une fiscalité subie. Une structuration réfléchie, à l’inverse, sécurise et optimise.
C’est l’objet du diagnostic : définir la forme, le régime et la structuration adaptés à votre projet et à votre résidence. Lancer mon diagnostic →
Exemple
Prenons un cas hypothétique, purement illustratif. Un entrepreneur résidant en Indonésie crée une SAS en France pour une activité de prestations. Il en est président (assimilé salarié), opte pour l’IS, immatricule la société au guichet unique, ouvre un compte professionnel et recourt à une domiciliation et à un expert-comptable.
Lorsqu’il se distribuera des dividendes, ceux-ci subiront une retenue à la source plafonnée par la convention France–l’Indonésie, puis seront déclarés en Indonésie. Les dividendes versés vers en Indonésie, en euros, seront convertis dans votre devise (la roupie indonésienne) : un risque de change s’applique au moment du rapatriement. Les modalités exactes dépendent de la situation : ce schéma n’a qu’une valeur pédagogique.
Checklist de la création depuis l’Indonésie
1. Choisir la forme (SAS, SARL, SCI) selon votre projet et votre gouvernance.
2. Opter pour le régime fiscal (IS ou IR) adapté.
3. Sécuriser l’établissement stable au regard de la convention France–l’Indonésie.
4. Anticiper le compte professionnel et la domiciliation du siège.
5. Immatriculer au guichet unique (statuts, capital, Kbis).
6. Paramétrer la TVA et, si besoin, le représentant fiscal.
7. Organiser la comptabilité et anticiper la fiscalité des dividendes.
Sur le même thème
Créer une société (non-résident)La SCI du non-résidentConvention France–l’IndonésieDiagnosticQuestions fréquentes
Un résident en Indonésie peut-il créer une société en France ?
Oui. La nationalité et la résidence à l’étranger ne sont pas, en principe, des obstacles : un non-résident peut créer, détenir et diriger une société française, y compris à distance, sous réserve des formalités et des règles propres à l’activité.
Quelle forme choisir ?
La SAS (souplesse, président assimilé salarié) est souvent appréciée des non-résidents ; la SARL est plus encadrée ; la SCI est dédiée à l’immobilier. Le bon choix dépend de l’activité, de la gouvernance, du régime social du dirigeant et de la fiscalité visée.
Qu’est-ce que l’établissement stable ?
C’est une notion conventionnelle qui détermine où une activité est imposable. La convention France–l’Indonésie en fixe les contours. Elle est centrale dans un projet transfrontalier : mal appréhendée, elle peut entraîner une imposition non anticipée, voire une double imposition.
Comment sont imposés les dividendes ?
Les dividendes versés à un associé non-résident peuvent subir une retenue à la source en France, souvent réduite par la convention France–l’Indonésie, puis être déclarés dans le pays de résidence avec élimination de la double imposition.
Puis-je ouvrir le compte professionnel à distance ?
C’est souvent l’étape la plus délicate : les banques sont prudentes avec les non-résidents. Certaines banques (dont des banques en ligne) sont plus adaptées. Mieux vaut anticiper cette démarche, car le dépôt du capital en dépend.
Faut-il un expert-comptable ?
En pratique, c’est quasi indispensable, surtout en gérant à distance. Comptabilité, comptes annuels, déclarations (IS/IR, TVA) : déléguer à un professionnel français assure la conformité et sécurise la gestion depuis en Indonésie.
Le diagnostic définit la forme, le régime fiscal et la structuration adaptés à votre projet depuis l’Indonésie. Structurer mon projet →
Sources : Code de commerce (formes sociales, immatriculation) ; CGI (IS, retenue à la source sur dividendes, TVA) ; guichet unique des formalités (INPI) ; convention fiscale France–l’Indonésie. Contenu pédagogique à jour en juin 2026, qui ne remplace pas un accompagnement personnalisé.