Accueil / Guides / LMNP : la location meublée non professionnelle

LMNP : le guide complet de la location meublée non professionnelle

Sources BOFiP · Légifrance citéesMis à jour le 16 juin 2026Lecture 25 min
LMNP

Le LMNP est l’un des régimes les plus avantageux pour investir dans l’immobilier locatif : grâce à l’amortissement, il permet souvent de percevoir des loyers en payant peu ou pas d’impôt pendant des années. Mais il a connu en 2025 un changement de taille à la revente, qui rebat les cartes et qu’il faut absolument comprendre avant de se lancer, sous peine de raisonner sur des avantages qui n’existent plus tout à fait.

Ce guide fait le tour complet du statut : ce qu’est le LMNP, pourquoi le meublé relève des BIC et non des revenus fonciers, le choix entre micro-BIC et réel, le mécanisme de l’amortissement, la réintégration des amortissements à la revente instaurée en 2025, la frontière avec le LMP, la fiscalité de la plus-value, les autres impôts (cotisations, CFE), les obligations comptables, le cas de l’expatriation, et la comparaison avec la SCI et le foncier. Avec deux cas chiffrés et une checklist.

Qu’est-ce que le LMNP

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel s’applique à un particulier qui loue un ou plusieurs logements meublés, sans que cette activité atteigne le seuil du caractère professionnel. Le logement doit comporter le mobilier et les équipements permettant au locataire d’y vivre normalement (lit, table, plaques, réfrigérateur, vaisselle…), conformément à la liste réglementaire des éléments de mobilier obligatoires. À défaut de ce mobilier minimal, la location peut être requalifiée en location nue, avec sa fiscalité moins favorable : le respect de cette liste n’est donc pas un détail.

La location meublée recouvre des réalités variées : location longue durée meublée, location étudiante, résidences services (étudiantes, seniors), et location saisonnière de tourisme. Le régime fiscal de base est commun, mais certaines catégories (meublé de tourisme, résidences services) obéissent à des règles particulières qu’il faut vérifier.

L’intérêt du LMNP tient à sa fiscalité : les loyers ne sont pas imposés comme des revenus fonciers, mais comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), ce qui ouvre des possibilités de déduction, au premier rang desquelles l’amortissement, inaccessibles à la location nue. C’est cette bascule de catégorie, des revenus fonciers vers les BIC, qui fait toute la différence et fonde la popularité du statut auprès des investisseurs.

Pour qui le LMNP est-il adapté ?

Le LMNP s’adresse d’abord à l’investisseur qui cherche un revenu locatif peu fiscalisé pendant la détention, généralement à crédit, et accepte une location meublée (avec ses contraintes de mobilier et, en courte durée, de rotation). C’est l’outil de prédilection de celui qui veut bâtir un patrimoine immobilier en limitant la fiscalité sur les loyers, sans monter de société.

Il convient particulièrement aux contribuables fortement imposés, pour qui neutraliser l’impôt sur les loyers a le plus de valeur, et à ceux qui visent une détention longue, d’autant plus depuis le changement de 2025. Il convient moins à qui veut une revente rapide après un fort amortissement, ou à qui refuse toute contrainte de gestion et de comptabilité.

Entre la location meublée classique (plus rentable fiscalement, plus de gestion) et le LMNP géré en résidence services (plus passif, rendement encadré), il existe un format pour chaque profil d’investisseur. Identifier le sien est le point de départ de toute stratégie LMNP réussie.

Meublé vs nu : pourquoi le BIC change tout

C’est la distinction fondatrice. La location nue génère des revenus fonciers : vous déduisez les charges réelles (intérêts, travaux, taxe foncière…) mais pas l’amortissement du bien, et le résultat s’ajoute à vos revenus à votre tranche marginale, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. La location meublée, elle, relève des BIC, ce qui autorise l’amortissement du bien et du mobilier.

Cette différence de catégorie a des conséquences en cascade : régimes d’imposition distincts (micro-BIC ou réel pour le meublé, micro-foncier ou réel pour le nu), abattements différents, et surtout la possibilité, en meublé au réel, de neutraliser fiscalement les loyers grâce à l’amortissement.

Concrètement, à loyers égaux, un bien loué meublé au réel supporte souvent une imposition bien plus faible qu’un bien loué nu. C’est ce qui explique l’engouement pour le LMNP, et pourquoi tant d’investisseurs « meublent » leur bien, parfois sans mesurer les contraintes qui accompagnent ce choix : mobilier à fournir et renouveler, comptabilité au réel, rotation des locataires en courte durée, et désormais la reprise des amortissements à la revente.

Le LMNP est-il fait pour vous ?

Le diagnostic compare LMNP, location nue et SCI sur votre projet, et chiffre l’impôt de chaque option. Comparer mon cas →

Micro-BIC ou réel : le choix décisif

Au sein du LMNP, deux régimes coexistent. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire sur les loyers : 50 % pour la location meublée classique (sous un plafond de recettes), réputé couvrir toutes vos charges. C’est simple, mais rarement optimal dès qu’il y a un crédit ou de l’amortissement à valoriser. Pour les meublés de tourisme non classés, l’abattement et le plafond ont été abaissés par les réformes récentes, réduisant l’intérêt du micro pour cette catégorie.

Le régime réel permet de déduire les charges réelles (intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurance, gestion, travaux) et l’amortissement du bien et du mobilier. Dans la grande majorité des cas avec emprunt, le réel ramène le résultat imposable à zéro ou presque pendant de nombreuses années, parfois une décennie ou plus, c’est tout l’intérêt du LMNP. Là où la location nue laisse souvent un résultat foncier imposable qui s’ajoute à vos revenus, le meublé au réel parvient à l’effacer presque entièrement, transformant un revenu lourdement taxé en un revenu quasi net d’impôt.

La règle pratique est simple : si vous avez un crédit, des charges significatives ou comptez amortir un bien d’une certaine valeur, le réel est presque toujours gagnant, malgré son obligation comptable. Le micro ne se justifie que pour de petits revenus sans charges ni emprunt, ou pour qui privilégie la simplicité administrative à l’optimisation. Le choix se chiffre, projet en main, en comparant l’impôt des deux régimes sur la durée de détention envisagée : c’est l’une des premières simulations à faire avant d’investir.

L’amortissement : le moteur du LMNP

L’amortissement est le cœur du LMNP au réel. Il consiste à déduire chaque année une fraction du prix du bien (hors terrain, non amortissable) et du mobilier, comme s’ils se « consommaient ». Le bien se décompose par composants (gros œuvre, toiture, agencements…) amortis sur des durées différentes ; le mobilier s’amortit sur quelques années.

Cet amortissement vient en charge et réduit fortement le résultat imposable. Une règle clé l’encadre toutefois : l’amortissement ne peut pas créer de déficit. Il est plafonné au montant des loyers diminués des autres charges ; la fraction non utilisée n’est pas perdue, elle est reportable sans limite de durée sur les exercices suivants.

Résultat : pendant des années, vous percevez vos loyers en payant peu ou pas d’impôt sur le revenu, tandis que votre stock d’amortissements reportables s’accumule. C’est ce mécanisme qui fait du LMNP au réel un outil de rendement net si efficace, à condition d’en comprendre la contrepartie à la revente, désormais alourdie.

Calculer l’amortissement en détail

L’amortissement ne porte pas sur la totalité du prix. Le terrain, réputé ne pas se déprécier, n’est pas amortissable : on retient généralement une quote-part de 10 à 20 % du prix pour le terrain, le reste constituant la base amortissable du bâti. Cette base se décompose ensuite par composants, gros œuvre, toiture, façades, installations, agencements, amortis sur des durées différentes, du long terme pour la structure à quelques années pour les agencements.

Le mobilier et les équipements s’amortissent à part, sur des durées courtes (souvent 5 à 10 ans). Au total, l’amortissement annuel représente fréquemment de l’ordre de 2 à 3 % du prix du bien, auxquels s’ajoute l’amortissement du mobilier des premières années.

Cette ventilation se documente sérieusement, car elle détermine l’avantage fiscal et peut être contrôlée. Une répartition bien faite maximise l’amortissement des premières années tout en restant défendable ; une répartition approximative ou trop agressive fragilise le dossier en cas de contrôle. C’est l’un des points où l’accompagnement comptable se rentabilise.

Le changement majeur de 2025 : la réintégration des amortissements

C’est l’évolution la plus importante de ces dernières années. Historiquement, le LMNP combinait un double avantage rare : amortir pendant la détention (impôt réduit), sans que ces amortissements ne soient repris à la revente, la plus-value se calculait sur le prix d’acquisition d’origine, comme pour un particulier classique. Le LMNP cumulait ainsi le meilleur des deux mondes.

La loi de finances pour 2025 a mis fin à cette spécificité : désormais, pour le calcul de la plus-value de revente, les amortissements déduits sont réintégrés (ils viennent diminuer le prix d’acquisition retenu), ce qui augmente la plus-value imposable. L’avantage de l’amortissement pendant la détention est donc, en partie, « rendu » au moment de la vente, un rapprochement avec la logique des sociétés à l’IS, où l’amortissement déduit est repris à la cession.

Des exceptions existent, notamment pour certaines résidences services (étudiantes, seniors, établissements de santé) sous conditions. Mais pour le LMNP classique, ce changement impose de raisonner sur le cycle complet, détention et revente, et non plus sur le seul avantage annuel. Il ne supprime pas l’intérêt du LMNP, mais il en réduit l’écart avec d’autres régimes et rend le calcul plus important que jamais. Concrètement, un investisseur qui amortit beaucoup puis revend vite voit une large part de son économie reprise ; celui qui conserve longtemps, et laisse jouer les abattements pour durée de détention, en conserve l’essentiel. Le changement de 2025 ne tue pas le LMNP : il le réoriente vers le long terme.

Charges déductibles et report des déficits

Au réel, avant même l’amortissement, vous déduisez vos charges réelles : intérêts d’emprunt, assurance, taxe foncière, charges de copropriété, frais de gestion, honoraires comptables, primes d’assurance, petits travaux d’entretien et de réparation. Les frais d’acquisition (notaire, agence) peuvent, selon les cas, être déduits ou amortis. Cette première couche de déductions réduit déjà le résultat, l’amortissement venant ensuite l’effacer.

Le sort des déficits diffère de la location nue. Le déficit de LMNP (hors amortissement) s’impute uniquement sur les bénéfices de même nature, les revenus de location meublée non professionnelle, et se reporte sur une dizaine d’années. Il ne s’impute pas, contrairement au déficit foncier, sur le revenu global. Quant à l’amortissement non utilisé, il se reporte sans limite de durée.

Cette mécanique explique pourquoi le LMNP au réel produit, année après année, un résultat fiscal proche de zéro : la combinaison des charges réelles et de l’amortissement absorbe les loyers, tandis que les excédents d’amortissement se stockent pour l’avenir.

LMNP ou LMP : où est la frontière

Le caractère « non professionnel » n’est pas un choix, c’est un constat. Vous basculez en Loueur en Meublé Professionnel (LMP) lorsque deux conditions sont réunies : vos recettes de location meublée dépassent 23 000 € par an et excèdent les autres revenus d’activité de votre foyer. En dessous de ce double seuil, vous êtes LMNP. Il faut donc remplir les deux conditions pour basculer en LMP : dépasser 23 000 € de recettes ne suffit pas si ces recettes restent inférieures aux autres revenus d’activité du foyer.

Les différences sont importantes. Le LMP relève d’un régime de plus-value professionnelle à la revente, peut générer des déficits imputables sur le revenu global, ouvre une possible exonération d’IFI sous conditions, mais entraîne l’affiliation aux cotisations sociales des indépendants. Le LMNP, lui, reste dans une logique patrimoniale plus simple, avec des prélèvements sociaux sur les revenus.

Pour un investisseur qui monte en puissance et multiplie les biens, franchir le seuil du LMP peut survenir sans qu’il l’ait anticipé. Surveiller ses recettes d’année en année et comprendre à l’avance les conséquences du basculement fait partie d’une gestion LMNP avisée.

La plus-value de revente

Hors le cas des amortissements désormais réintégrés (voir plus haut), la plus-value de revente d’un bien LMNP relève du régime des plus-values immobilières des particuliers : taxation à 19 % d’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux, avec des abattements pour durée de détention conduisant à l’exonération d’impôt sur le revenu au bout de 22 ans et de prélèvements sociaux au bout de 30 ans.

Le changement de 2025 se greffe sur ce régime : les amortissements pratiqués réduisent le prix d’acquisition retenu, gonflant la plus-value imposable. Pour une revente après une longue détention, les abattements peuvent atténuer, voire effacer, l’impôt sur la plus-value, mais l’effet de la réintégration des amortissements doit être modélisé au cas par cas.

La conséquence stratégique est claire et nouvelle : la durée de détention envisagée pèse désormais bien davantage dans la décision d’investir en LMNP. Un LMNP destiné à être conservé longtemps reste très efficace ; un LMNP revendu rapidement après avoir beaucoup amorti voit une partie de son avantage repris. Cette nouvelle donne doit être posée dès l’acquisition, car elle peut modifier la durée de détention optimale du projet.

Meublé de tourisme et Airbnb : les règles spécifiques

La location de courte durée de type Airbnb relève du LMNP, mais avec des règles propres, durcies par les réformes récentes. Au micro-BIC, l’abattement et le plafond de recettes ont été abaissés pour les meublés de tourisme non classés (abattement réduit, plafond resserré), tandis que les meublés classés conservent un traitement plus favorable. L’écart entre classé et non classé est devenu un vrai paramètre d’optimisation.

S’ajoutent des contraintes non fiscales : réglementation locale des meublés de tourisme (autorisations, quotas, changement d’usage dans les grandes villes), limites de nombre de nuitées pour une résidence principale, et obligations déclaratives en mairie. Plusieurs communes ont fortement encadré cette activité.

Enfin, au-delà de certains seuils de recettes, la location de tourisme peut entraîner une affiliation aux cotisations sociales des indépendants, avec des cotisations assises sur les revenus, ce qui change sensiblement l’équation par rapport à une location meublée classique de longue durée. L’Airbnb « fiscalement léger » d’hier est devenu un terrain bien plus réglementé, où l’avantage fiscal doit se mesurer au regard des contraintes locales et sociales désormais attachées à la courte durée.

Résidences services et bail commercial

Une autre forme de LMNP consiste à acheter un logement dans une résidence services (étudiante, senior, tourisme, établissement de santé) et à le confier à un exploitant via un bail commercial. L’investisseur perçoit un loyer généralement garanti par bail, sans gérer la location au quotidien : c’est le LMNP « géré », plus passif.

Ce format a ses spécificités : la qualité et la solidité de l’exploitant sont déterminantes (un loyer garanti ne vaut que ce que vaut celui qui le garantit), les conditions de renouvellement du bail commercial peuvent peser sur la rentabilité, et la revente d’un lot en résidence services obéit à un marché particulier. Certaines de ces résidences bénéficient par ailleurs d’un traitement spécifique au regard de la réintégration des amortissements de 2025.

Le LMNP géré convient à l’investisseur qui cherche un revenu passif et accepte de déléguer ; il demande en contrepartie une vigilance accrue sur l’exploitant et les clauses du bail, souvent sous-estimée à l’achat, lorsque seul le rendement « garanti » affiché retient l’attention.

Cotisations, CFE et TVA

Au-delà de l’impôt sur le revenu, le LMNP supporte d’autres prélèvements. Les loyers nets supportent les prélèvements sociaux (17,2 %). La cotisation foncière des entreprises (CFE) s’applique en principe à toute activité de location meublée, avec quelques cas d’exonération ou de minimum forfaitaire selon les communes.

La location de tourisme peut, au-delà de certains seuils de recettes, entraîner une affiliation aux cotisations sociales des indépendants (SSI), changeant l’équation. Quant à la TVA, la location meublée d’habitation en est en principe exonérée ; elle ne s’applique qu’en présence de services para-hôteliers (accueil, ménage, petit-déjeuner, linge), typiques des résidences services.

Ces prélèvements annexes, souvent oubliés dans les simulations optimistes, doivent figurer dans le calcul du rendement net réel d’un investissement LMNP.

LMNP et IFI

Un bien détenu en LMNP entre, en principe, dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière, comme tout actif immobilier : le statut LMNP ne procure pas, à lui seul, d’exonération d’IFI. C’est une différence notable avec le LMP, qui peut, sous conditions strictes (activité réellement professionnelle, prépondérance des revenus), être qualifié de bien professionnel et échapper à l’IFI.

Pour un patrimoine immobilier important, ce point mérite attention : multiplier les biens LMNP augmente la base taxable à l’IFI au-delà du seuil. À l’inverse, un non-résident n’est redevable de l’IFI que sur ses biens situés en France, ce qui peut limiter la portée de la question selon sa situation.

L’IFI fait donc partie des paramètres à intégrer dans une stratégie LMNP d’envergure, aux côtés de l’impôt sur les loyers et de la fiscalité de revente.

Les obligations comptables et déclaratives

Le régime réel a une contrepartie : une véritable comptabilité commerciale. Il faut tenir un bilan, un compte de résultat, un tableau des amortissements, et déposer une liasse fiscale (déclarations 2031 et 2033) chaque année. Le résultat est ensuite reporté sur la déclaration de revenus, dans la catégorie des BIC non professionnels.

En pratique, cela suppose presque toujours le recours à un expert-comptable ou à un service spécialisé, pour un coût annuel à intégrer dans le calcul, partiellement déductible, et parfois réduit par une adhésion à un organisme de gestion agréé. Le micro-BIC, lui, se déclare simplement sur le formulaire 2042 C PRO, sans comptabilité.

Il faut aussi accomplir les formalités de début d’activité (déclaration d’existence pour obtenir un numéro SIRET) dans les délais. Ces obligations ne sont pas insurmontables, mais elles distinguent nettement le LMNP au réel d’un simple placement passif : c’est une petite entreprise, avec sa comptabilité et ses déclarations propres, qu’il faut être prêt à assumer ou à déléguer.

LMNP et expatriation

Un non-résident peut tout à fait être LMNP sur un bien situé en France. Les revenus de location meublée sont des revenus de source française, imposables en France même pour un expatrié, et déclarés au service des impôts des non-résidents. Le choix micro/réel et le mécanisme d’amortissement s’appliquent dans les mêmes conditions.

La plus-value de revente d’un bien LMNP détenu par un non-résident est elle aussi imposable en France (plus-value immobilière des non-résidents, article 244 bis A), avec l’éventuel représentant fiscal au-delà des seuils, et la réintégration des amortissements depuis 2025. L’expatriation ne fait donc pas échapper l’immobilier locatif français à la fiscalité française : c’est un point que beaucoup d’expatriés découvrent tardivement, au moment de revendre.

Pour un expatrié, le LMNP reste un outil intéressant de revenu locatif français peu fiscalisé pendant la détention, à condition d’intégrer ces règles et l’articulation avec la convention de son pays de résidence. Voir le guide des non-résidents →

Financer et transmettre son LMNP

Le LMNP au réel se marie particulièrement bien avec l’emprunt. Les intérêts sont déductibles et s’ajoutent à l’amortissement pour neutraliser le résultat imposable pendant les premières années : vous remboursez votre crédit avec des loyers peu fiscalisés, en construisant un patrimoine. C’est l’effet de levier classique de l’investissement locatif, optimisé par la fiscalité du meublé.

Côté transmission, un bien LMNP se donne ou se transmet comme tout bien immobilier, avec les abattements de droit commun (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans). Point intéressant : le donataire qui poursuit l’activité repart en principe d’une nouvelle base, ce qui peut relancer un cycle d’amortissement sur la valeur transmise, un levier de transmission à étudier de près pour qui anticipe la donation de son patrimoine locatif à ses enfants.

Ces deux dimensions, levier au financement, optimisation à la transmission, font du LMNP un outil patrimonial complet, au-delà du seul rendement locatif. Elles méritent d’être pensées dès l’acquisition, pas après coup.

LMNP, SCI ou revenus fonciers : quel véhicule ?

Le LMNP n’est qu’une des façons de détenir de l’immobilier locatif, et le bon choix dépend de votre projet. La location nue (revenus fonciers) convient à qui réalise de gros travaux (déficit foncier) et vise une revente exonérée à terme. La SCI à l’IR facilite la détention à plusieurs et la transmission, sans amortissement. La SCI à l’IS permet d’amortir, mais taxe lourdement la revente.

Le LMNP se distingue en combinant l’amortissement (comme une société à l’IS) avec une détention en direct simple et, jusqu’en 2025, une revente avantageuse, avantage désormais atténué par la réintégration des amortissements, mais qui demeure réel pour les détentions longues. Point crucial : on ne peut pas faire de meublé dans une SCI à l’IR sans la faire basculer à l’IS ; pour du meublé en société, la SARL de famille est souvent préférée.

Il n’y a donc pas de véhicule universellement meilleur : tout dépend de la nature de la location (nue ou meublée), de votre horizon de détention, de votre besoin de transmission, de votre tranche d’imposition et de votre situation de résidence. Voir le guide SCI : IR ou IS →

Ancien ou neuf, et rendement net réel

Le LMNP s’exerce aussi bien dans l’ancien que dans le neuf. L’ancien offre souvent un meilleur rendement brut et un prix d’entrée plus accessible, mais demande parfois des travaux ; le neuf (souvent en résidence services) sécurise l’état du bien et la gestion, au prix d’un rendement brut plus faible et d’un prix au mètre carré supérieur. Les deux sont éligibles au LMNP et à l’amortissement.

Au-delà du rendement brut affiché, c’est le rendement net réel qui compte : loyers diminués de toutes les charges (gestion, copropriété, taxe foncière, CFE, comptable, assurance) et de la fiscalité. C’est précisément là que le LMNP au réel fait la différence : en réduisant fortement l’impôt grâce à l’amortissement, il améliore le rendement net sans toucher au rendement brut.

Mais le calcul honnête intègre désormais la revente : depuis 2025, une partie de l’avantage est reprise au moment de la vente. Le bon raisonnement porte donc sur le rendement net sur l’ensemble du cycle, acquisition, détention, revente, et non sur la seule rentabilité de la première année, souvent mise en avant par les vendeurs. C’est cette vision complète qui sépare un bon investissement LMNP d’un placement qui déçoit une fois la fiscalité de sortie prise en compte.

Deux cas chiffrés

Cas 1, LMNP au réel, détention longue. Claire achète un studio 200 000 € loué meublé 12 000 €/an. Au réel, entre charges, intérêts et amortissement (≈ 6 000 €/an), son résultat imposable est proche de zéro pendant des années : elle encaisse ses loyers quasiment sans impôt sur le revenu. Conservé plus de 22 ans, le bien bénéficie en outre des abattements sur la plus-value. Le LMNP au réel déploie ici tout son intérêt.

Location nue (réel)LMNP (réel)
Loyers12 000 €12 000 €
Amortissement déductiblenon≈ 6 000 €
Résultat imposable (ordre de grandeur)≈ 5 000 €≈ 0 €

Cas 2, Revente rapide après 2025. Marc, lui, revend son LMNP au bout de 6 ans après avoir amorti 40 000 €. Depuis 2025, ces 40 000 € sont réintégrés : sa plus-value imposable augmente d’autant. L’avantage de l’amortissement pendant la détention est en partie repris à la revente. La leçon : depuis 2025, le LMNP récompense surtout les détentions longues, où les abattements pour durée jouent à plein.

Cas 3, Le non-résident investisseur. Sofia, expatriée à Dubaï, achète un appartement à Lyon loué meublé. Ses loyers, de source française, sont imposables en France au régime LMNP réel : grâce à l’amortissement, son résultat imposable est quasi nul, et l’impôt français sur ces loyers très faible. À la revente, la plus-value sera imposée en France (avec réintégration des amortissements depuis 2025). Le LMNP reste pour elle un placement français efficace, à condition d’intégrer ces règles et la convention franco-émirienne.

Les erreurs fréquentes

1. Choisir le micro par défaut. Avec un crédit ou des charges, le réel est presque toujours plus avantageux.

2. Ignorer le changement de 2025. Raisonner sur l’ancien avantage de revente, désormais atténué par la réintégration des amortissements.

3. Faire du meublé dans une SCI à l’IR. Cela la fait basculer à l’IS ; pour le meublé en société, la SARL de famille est préférable.

4. Oublier la CFE et les prélèvements sociaux dans le calcul du rendement net.

5. Franchir le seuil du LMP sans le voir, avec ses conséquences sociales.

6. Sous-estimer la comptabilité du réel et son coût.

Votre checklist

Avant de vous lancer en LMNP :

1. Vérifier l’éligibilité du logement (mobilier réglementaire, type de location).
2. Chiffrer micro-BIC vs réel sur votre projet réel (charges, emprunt, amortissement).
3. Intégrer le changement de 2025 sur la revente dans votre calcul de cycle complet.
4. Surveiller le seuil LMP (23 000 € et part des revenus du foyer).
5. Anticiper CFE, prélèvements sociaux et éventuelle SSI (tourisme).
6. Prévoir la comptabilité du réel (expert-comptable, liasse fiscale).
7. Comparer avec les autres véhicules (nu, SCI, SARL de famille) selon votre horizon.

L’essentiel à retenir

Le LMNP reste l’un des meilleurs régimes pour l’immobilier locatif, grâce à l’amortissement qui neutralise l’impôt sur les loyers pendant la détention. Le choix du réel est presque toujours gagnant dès qu’il y a emprunt ou charges, et la mécanique des charges, de l’amortissement et de leur report explique des résultats fiscaux proches de zéro pendant des années.

Le grand changement de 2025, la réintégration des amortissements à la revente, n’enlève pas son intérêt au LMNP, mais le réoriente vers les détentions longues, où les abattements pour durée de détention jouent à plein. Il impose surtout de raisonner sur le cycle complet, pas sur le seul avantage annuel.

Reste à arbitrer entre micro et réel, à surveiller le seuil du LMP, à intégrer CFE, prélèvements sociaux et IFI, et à comparer le LMNP aux autres véhicules selon votre horizon. C’est un outil puissant, mais qui se pilote : bien calibré, il conjugue rendement net et construction patrimoniale comme peu d’autres.

Questions fréquentes

Quelle différence entre LMNP et location nue ?

Le meublé relève des BIC et autorise l’amortissement du bien et du mobilier ; le nu relève des revenus fonciers, sans amortissement. À loyers égaux, le LMNP au réel est en général bien moins imposé pendant la détention.

Micro-BIC ou réel : que choisir ?

Le réel est presque toujours préférable dès qu’il y a un emprunt, des charges ou de l’amortissement à valoriser. Le micro (abattement de 50 % pour le meublé classique) ne se justifie que pour de petits revenus sans charges, ou pour la simplicité.

Qu’est-ce qui a changé en 2025 ?

La loi de finances 2025 a instauré la réintégration des amortissements déduits dans le calcul de la plus-value de revente, ce qui augmente la plus-value imposable. L’avantage de l’amortissement pendant la détention est désormais en partie repris à la vente, avec des exceptions pour certaines résidences services.

L’amortissement peut-il créer un déficit ?

Non : il est plafonné au montant des loyers diminués des autres charges. La fraction non utilisée n’est pas perdue, elle est reportable sans limite de durée.

Quand bascule-t-on en LMP ?

Lorsque les recettes de location meublée dépassent 23 000 € par an et excèdent les autres revenus d’activité du foyer. Le LMP a un régime de plus-value et des cotisations sociales différents.

Peut-on faire du LMNP dans une SCI ?

Pas dans une SCI à l’IR : le meublé la ferait basculer à l’IS. Pour du meublé en société, la SARL de famille est souvent préférée, car elle conserve l’IR tout en permettant l’amortissement.

Un non-résident peut-il être LMNP ?

Oui. Les revenus de location meublée d’un bien français sont de source française, imposables en France et déclarés au service des non-résidents. La plus-value de revente y est aussi imposable.

L’Airbnb relève-t-il du LMNP ?

Oui, mais avec des règles spécifiques durcies : abattements micro réduits pour les meublés de tourisme non classés, réglementation locale (changement d’usage, quotas), et affiliation sociale possible au-delà de certains seuils. Un meublé classé est mieux traité qu’un non classé.

Qu’est-ce qu’un LMNP « géré » en résidence services ?

C’est l’achat d’un logement dans une résidence (étudiante, senior, tourisme) confié à un exploitant via un bail commercial, pour un revenu plus passif. La solidité de l’exploitant et les clauses du bail sont déterminantes.

Comment se calcule l’amortissement ?

Sur la base du bâti (hors terrain, non amortissable), décomposée par composants amortis sur des durées différentes, plus le mobilier sur des durées courtes. Au total, souvent de l’ordre de 2 à 3 % du prix du bien par an.

Le LMNP est-il soumis à l’IFI ?

Oui, en principe : un bien LMNP entre dans l’assiette de l’IFI comme tout actif immobilier. Le statut LMNP ne procure pas d’exonération, contrairement au LMP qui peut, sous conditions strictes, être qualifié de bien professionnel.

Faut-il investir dans l’ancien ou le neuf ?

Les deux sont éligibles. L’ancien offre souvent un meilleur rendement brut et un prix d’entrée plus bas ; le neuf (souvent géré) sécurise état et gestion pour un rendement brut moindre. C’est le rendement net réel, sur tout le cycle, qui doit guider le choix.

LMNP, location nue ou SCI : le bon choix

Le diagnostic compare les régimes sur votre projet réel, loyers, charges, emprunt, horizon, revente, et chiffre l’impôt de chacun, changement 2025 inclus. Comparer mon cas →

Sources : CGI art. 35 et s. (BIC), 39 C (amortissements), 151 septies et 155 (LMP/LMNP) ; loi de finances pour 2025 (réintégration des amortissements à la plus-value LMNP) ; art. 150 U et s. (plus-values immobilières). Contenu pédagogique à jour en juin 2026, qui ne remplace pas une analyse personnalisée.

Aller plus loin

Comparez le LMNP à la SCI (IR ou IS), vérifiez votre situation de non-résident, ou faites le point avec le diagnostic gratuit.