Devenir impatrié en venant de Chine : régime 155 B (2026)
Vous venez travailler en France après avoir résidé en Chine ? Le régime des impatriés (article 155 B du CGI) peut exonérer une part importante de votre rémunération et de certains revenus étrangers, pendant plusieurs années. Conditions, prime d’impatriation, jours travaillés à l’étranger, plafonds, durée : voici le mode d’emploi, appliqué à une arrivée depuis la Chine.
Ce guide couvre les conditions d’accès au régime, la prime d’impatriation et l’option de 30 %, l’exonération liée aux jours travaillés à l’étranger, les plafonnements, l’exonération de 50 % sur certains revenus passifs étrangers, l’exonération partielle d’IFI, la durée, la convention France–la Chine et l’année d’arrivée. Avec un exemple chiffré, une checklist détaillée, une FAQ et des liens vers nos ressources spécialisées.
• Le régime 155 B s’adresse aux personnes appelées à occuper un emploi en France, non résidentes fiscales de France les 5 années civiles précédentes.
• Il peut exonérer la prime d’impatriation (ou 30 % de la rémunération pour un recrutement direct) et la part liée aux jours travaillés à l’étranger.
• Il prévoit aussi une exonération de 50 % sur certains revenus passifs de source étrangère, et une exonération partielle d’IFI.
• Il s’applique jusqu’au 31 décembre de la 8e année suivant la prise de fonctions.
Le régime d’impatriation en bref
Le régime des impatriés (article 155 B du CGI) est un dispositif d’attractivité : il vise à faciliter la venue en France de cadres, dirigeants et talents, en exonérant d’impôt une partie de leur rémunération et de certains revenus, pendant une période déterminée.
Concrètement, il permet, sous conditions, de ne pas imposer la prime d’impatriation (le supplément lié à l’installation en France), la part de rémunération correspondant à l’activité exercée à l’étranger, et une fraction de certains revenus passifs étrangers.
Pour qui vient travailler en France depuis la Chine, ce régime peut représenter un avantage fiscal significatif sur plusieurs années. Encore faut-il en remplir les conditions et bien le mettre en œuvre, dès la négociation du contrat.
Les conditions d’accès
Deux conditions principales. D’abord, vous devez être appelé à occuper un emploi en France (par votre entreprise, dans le cadre d’une mobilité intra-groupe, ou par recrutement direct par une entreprise établie en France). Ensuite, vous ne devez pas avoir été résident fiscal de France au cours des cinq années civiles précédant votre prise de fonctions.
Venant de en Chine, où vous étiez résident, cette seconde condition est en principe remplie si vous n’avez pas été domicilié fiscalement en France durant ces cinq années. C’est un point à vérifier précisément, car il conditionne tout le régime.
Le respect de ces conditions s’apprécie au cas par cas. Une vérification soignée, en amont de l’arrivée, est indispensable pour sécuriser le bénéfice du régime et éviter toute remise en cause ultérieure.
La prime d’impatriation
Le cœur du régime est l’exonération de la prime d’impatriation : le supplément de rémunération directement lié à l’exercice temporaire de votre activité en France. Cette prime, lorsqu’elle est prévue et identifiable, est exonérée d’impôt sur le revenu.
La prime doit être déterminée dans le contrat (ou déterminable), pour être exonérée. Sa définition et son évaluation sont donc des points clés, à soigner dès la négociation du contrat de travail ou de la mobilité.
Bien structurer la prime d’impatriation, en amont, est l’une des conditions d’un régime pleinement efficace.
L’option de 30 % (recrutement direct)
Pour les personnes recrutées directement à l’étranger par une entreprise établie en France, le régime offre une option : à défaut de prime d’impatriation déterminée, on peut retenir un montant forfaitaire égal à 30 % de la rémunération nette totale comme prime d’impatriation exonérée.
Cette option de 30 % simplifie l’application du régime lorsque la prime n’est pas explicitement prévue. Elle est particulièrement utile pour un recrutement direct depuis en Chine.
Choisir entre prime déterminée et forfait de 30 % dépend de la structure de votre rémunération. C’est un arbitrage à étudier selon votre situation.
L’exonération des jours travaillés à l’étranger
Au-delà de la prime, la part de votre rémunération correspondant à l’activité exercée hors de France (jours de déplacement professionnel à l’étranger) peut également être exonérée, sous conditions. Pour un cadre mobile internationalement, cet avantage peut être substantiel.
Cette exonération suppose un décompte précis des jours travaillés à l’étranger et leur traçabilité. Une documentation rigoureuse est indispensable pour la sécuriser en cas de contrôle.
Pour un dirigeant ou cadre voyageant beaucoup, cette composante du régime mérite une attention particulière et un suivi rigoureux.
Les plafonnements
Le régime est plafonné, selon l’un des deux modes au choix : soit l’exonération totale (prime + jours à l’étranger) est limitée à 50 % de la rémunération totale ; soit la seule exonération des jours travaillés à l’étranger est limitée à 20 % de la rémunération imposable (après prime). On retient le plafond le plus favorable.
Ce plafonnement encadre l’avantage, mais laisse une marge importante. Bien choisir le mode de plafonnement, selon votre profil de rémunération et de mobilité, optimise le bénéfice du régime.
Le calcul du plafond est technique : une erreur peut conduire à une exonération sous-optimale ou à un redressement. C’est un point à traiter avec soin.
L’exonération de 50 % sur les revenus passifs étrangers
Le régime exonère aussi, à hauteur de 50 %, certains revenus passifs de source étrangère : dividendes, intérêts, plus-values de cession de valeurs mobilières et certains revenus de propriété intellectuelle, lorsqu’ils proviennent d’un État lié à la France par une convention d’assistance administrative.
Venant de en Chine ou détenant des actifs à l’étranger, cette exonération de moitié peut alléger sensiblement l’imposition de vos revenus de placement, sous réserve que la source remplisse la condition de convention. Voir la convention France–la Chine →
Vérifier l’éligibilité de chaque revenu passif à cette exonération de 50 % fait partie de l’optimisation du régime d’impatriation.
L’exonération partielle d’IFI
Pendant les premières années, l’impatrié bénéficie d’un régime favorable d’impôt sur la fortune immobilière (IFI) : il n’est, en principe, imposable que sur ses biens immobiliers situés en France, ses biens étrangers étant exonérés, pour une durée encadrée à compter de l’installation.
Pour qui détient un patrimoine immobilier en Chine ou ailleurs hors de France, cet avantage limite l’assiette IFI aux seuls biens français pendant cette période. C’est un atout pour les patrimoines internationaux.
Cette exonération d’IFI sur les biens étrangers complète l’attractivité du régime pour les profils patrimoniaux.
La durée du régime
Le régime s’applique jusqu’au 31 décembre de la huitième année suivant celle de la prise de fonctions en France. C’est une durée longue, qui permet de bénéficier des exonérations sur une période significative de votre installation.
Le maintien du régime suppose de continuer à remplir les conditions (notamment l’exercice de l’activité en France). Un changement de situation en cours de période peut affecter le bénéfice du régime.
Connaître la durée exacte et les conditions de maintien permet de planifier sereinement votre installation sur le long terme.
La convention France–la Chine
La convention fiscale France–la Chine reste un cadre de référence, notamment pour l’année d’arrivée (souvent partagée entre résidence en Chine et résidence française) et pour le traitement de vos revenus de source en Chine pendant la période d’impatriation.
Le régime d’impatriation s’articule avec la convention : c’est leur combinaison qui détermine votre imposition réelle. Nous avons décrypté la convention applicable. Lire la convention France–la Chine →
Partir du bon texte conventionnel, en complément du régime 155 B, est indispensable pour une mise en œuvre correcte.
La Chine : votre situation
La Chine impose ses résidents fiscaux selon des règles qui lui sont propres, dans un cadre en évolution. La convention franco-chinoise organise la répartition du droit d’imposer et l’élimination de la double imposition. L’éloignement et les spécificités locales ajoutent une dimension pratique à anticiper. S’agissant d’un pays tiers, les prélèvements sociaux français s’appliquent en principe au taux plein.
Dans le cadre d’une impatriation, ce contexte détermine notamment le traitement de vos revenus de source en Chine et l’éligibilité de vos revenus passifs à l’exonération de 50 % (qui suppose une convention d’assistance administrative). Chaque situation s’apprécie au cas par cas.
Le diagnostic vérifie votre éligibilité au régime 155 B et chiffre l’avantage. Évaluer mon impatriation →
L’année d’arrivée
L’année d’arrivée en France est charnière : elle est souvent partagée entre une période de non-résidence (revenus de source française seulement) et une période de résidence (revenus mondiaux), avec mise en place du régime d’impatriation pour la part française.
Cette transition appelle une déclaration soignée et une coordination avec votre situation en Chine. Les erreurs y sont fréquentes (mauvaise répartition des revenus, mise en œuvre tardive du régime). Une préparation en amont est précieuse.
Bien gérer l’année d’arrivée pose les bases d’une impatriation fiscalement optimisée pour les années suivantes.
Les démarches et la déclaration
Le bénéfice du régime se traduit dans la déclaration de revenus française : identification de la prime d’impatriation exonérée, de la part liée aux jours à l’étranger, des revenus passifs exonérés à 50 %, dans le respect des plafonds. La justification de chaque composante est essentielle.
Une documentation rigoureuse (contrat, décompte des jours, justificatifs des revenus étrangers) est la condition d’un régime sécurisé en cas de contrôle. Le régime est avantageux, mais exigeant en matière de preuve.
Soigner la déclaration et la documentation, dès la première année, sécurise l’avantage sur toute la durée du régime.
Les erreurs à éviter
Parmi les erreurs fréquentes : ne pas vérifier la condition de non-résidence sur cinq ans ; mal définir la prime d’impatriation ; négliger le décompte des jours à l’étranger ; se tromper de mode de plafonnement ; ou appliquer l’exonération de 50 % à des revenus non éligibles.
Chacune de ces erreurs peut faire perdre une partie de l’avantage, voire entraîner un redressement. Le régime, puissant, suppose une mise en œuvre rigoureuse et documentée.
Les connaître permet de les éviter et de sécuriser pleinement le bénéfice du régime d’impatriation.
Pour qui le régime est-il intéressant ?
Le régime 155 B est particulièrement intéressant pour les cadres dirigeants, experts et talents venant travailler en France avec une rémunération significative, une prime d’impatriation ou une forte mobilité internationale, et détenant éventuellement des actifs étrangers.
Pour un profil venant de Chine correspondant à ces critères, l’avantage cumulé (rémunération, revenus passifs, IFI) sur huit ans peut être très substantiel. Le régime est un argument d’attractivité réel pour la France.
Apprécier si votre profil entre dans ce cadre est la première étape avant d’organiser votre installation.
L’intérêt par rapport au droit commun
Sans le régime, votre rémunération et vos revenus seraient imposés selon le droit commun des résidents français, sans les exonérations spécifiques. L’écart d’imposition, sur la durée, mesure l’intérêt du régime d’impatriation.
Comparer votre imposition avec et sans le régime, sur la période, permet de chiffrer concrètement l’avantage et de vérifier qu’il est bien mobilisé. C’est un calcul à faire dès l’arrivée.
Le régime d’impatriation est l’un des dispositifs les plus avantageux pour les profils éligibles : encore faut-il l’activer et le mettre en œuvre correctement.
Mobilité intra-groupe ou recrutement direct
Le régime distingue deux voies d’entrée : la mobilité intra-groupe (vous êtes envoyé en France par une entreprise du groupe établie à l’étranger) et le recrutement direct (une entreprise établie en France vous recrute depuis l’étranger). Les deux ouvrent le régime, mais avec des modalités propres.
Le recrutement direct ouvre notamment l’option forfaitaire de 30 % à défaut de prime déterminée, ce qui n’est pas le cas de la mobilité intra-groupe. La nature de votre venue en France oriente donc la façon d’appliquer le régime.
Identifier précisément votre voie d’entrée, dès l’origine du projet, conditionne la bonne application du régime d’impatriation.
Le télétravail et les jours à l’étranger
Avec le développement du télétravail et des déplacements, le décompte des jours travaillés hors de France prend une importance accrue. Ces jours peuvent ouvrir l’exonération de la part de rémunération correspondante, sous conditions et dans les plafonds.
Mais cela suppose une traçabilité rigoureuse : agendas, ordres de mission, justificatifs de présence. Un décompte approximatif fragilise l’exonération en cas de contrôle. La rigueur documentaire est ici essentielle.
Pour un cadre mobile venant de Chine, organiser le suivi de ses jours à l’étranger dès l’arrivée est un réflexe à adopter.
La rémunération différée
Les éléments de rémunération différée (bonus, primes pluriannuelles, actions gratuites, stock-options) soulèvent des questions spécifiques au regard du régime : rattachement à la période d’impatriation, part liée à l’activité en France ou à l’étranger, articulation avec les exonérations.
Le traitement de ces éléments, parfois acquis sur plusieurs années à cheval sur l’arrivée en France, doit être analysé avec soin. Une mauvaise qualification peut faire perdre une partie de l’avantage.
Pour les profils dont une part de la rémunération est différée ou en titres, ce point mérite une attention particulière dans la mise en œuvre du régime.
Le conjoint et la famille
L’installation en France concerne aussi le conjoint et la famille. Le régime d’impatriation porte sur votre situation, mais l’imposition du foyer, les revenus du conjoint et la situation patrimoniale du couple s’apprécient ensemble.
Coordonner la situation fiscale du couple, notamment si le conjoint perçoit ses propres revenus (en France ou en Chine), fait partie d’une installation réussie. Le régime s’inscrit dans la fiscalité globale du foyer.
Penser l’impatriation au niveau du foyer, et pas seulement de l’impatrié, permet d’optimiser la situation d’ensemble.
S’installer durablement en France
Au-delà du régime d’impatriation, votre installation en France implique de devenir résident fiscal et de structurer votre patrimoine en conséquence : comptes, épargne, immobilier, protection de la famille. Le régime 155 B est un atout temporaire qui s’inscrit dans un projet plus large.
Penser dès l’arrivée à l’après-régime (au-delà des huit ans) évite une transition fiscale brutale lorsque les exonérations cessent. Une vision de long terme permet de profiter pleinement du régime tout en préparant la suite.
Articuler le régime d’impatriation avec une stratégie patrimoniale d’ensemble, pour qui s’installe durablement en France depuis en Chine, est la marque d’une installation réussie.
Anticiper plutôt qu’improviser
Conditions, prime, jours à l’étranger, plafonds, revenus passifs, IFI, durée, déclaration : le régime 155 B combine de nombreux paramètres. Les anticiper, dès la négociation du contrat et avant l’arrivée, est la clé d’un régime pleinement optimisé.
Un régime mal préparé (prime mal définie, conditions non vérifiées, documentation lacunaire) perd une partie de son intérêt, voire expose à un redressement. À l’inverse, une mise en œuvre rigoureuse en exploite tout le potentiel.
C’est l’objet du diagnostic : vérifier votre éligibilité, chiffrer l’avantage et sécuriser la mise en œuvre. Lancer mon diagnostic →
Exemple
Prenons un cas hypothétique, purement illustratif. Un cadre résidant en Chine est recruté par une entreprise établie en France. N’ayant pas été résident fiscal de France les cinq années précédentes, il relève du régime 155 B : sa prime d’impatriation (ou 30 % de sa rémunération) est exonérée, ainsi que la part de ses jours travaillés à l’étranger, dans la limite des plafonds.
Il bénéficie aussi d’une exonération de 50 % sur certains de ses revenus passifs étrangers éligibles, et d’une assiette IFI limitée à ses biens français. Sur huit ans, l’avantage cumulé est significatif. Les montants exacts dépendent de la situation : ce schéma n’a qu’une valeur pédagogique.
Checklist de l’impatriation depuis la Chine
1. Vérifier la non-résidence fiscale de France sur les 5 années précédentes.
2. Structurer la prime d’impatriation (ou retenir l’option de 30 %).
3. Organiser le décompte des jours travaillés à l’étranger.
4. Choisir le plafonnement le plus favorable (50 % ou 20 %).
5. Identifier les revenus passifs étrangers éligibles à l’exonération de 50 %.
6. Anticiper l’IFI (biens français seulement) et la durée (8 ans).
7. Soigner la déclaration de l’année d’arrivée et la documentation.
Questions fréquentes
Qui peut bénéficier du régime 155 B en venant de Chine ?
Les personnes appelées à occuper un emploi en France (mobilité intra-groupe ou recrutement direct) qui n’ont pas été résidentes fiscales de France au cours des cinq années civiles précédant leur prise de fonctions. Venant de Chine, cette condition est en principe remplie si vous n’étiez pas domicilié en France durant cette période.
Qu’est-ce qui est exonéré ?
La prime d’impatriation (ou, pour un recrutement direct, 30 % de la rémunération), la part liée aux jours travaillés à l’étranger, et 50 % de certains revenus passifs de source étrangère éligibles. Le tout dans la limite de plafonds (50 % de la rémunération totale, ou 20 % pour la seule part étrangère).
Combien de temps dure le régime ?
Jusqu’au 31 décembre de la huitième année suivant celle de la prise de fonctions en France, sous réserve de continuer à remplir les conditions (notamment l’exercice de l’activité en France).
Et l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ?
L’impatrié n’est, en principe, imposable à l’IFI que sur ses biens immobiliers situés en France, ses biens étrangers étant exonérés pour une durée encadrée à compter de l’installation. C’est un atout pour les patrimoines internationaux.
Comment sont traités mes revenus de la Chine ?
La convention France–la Chine détermine leur traitement, notamment pour l’année d’arrivée. Certains revenus passifs de source étrangère éligibles bénéficient d’une exonération de 50 %, sous réserve d’une convention d’assistance administrative. Chaque revenu s’apprécie au cas par cas.
Faut-il se faire accompagner ?
Vivement conseillé. Le régime est puissant mais technique et exigeant en documentation (prime, jours à l’étranger, plafonds, revenus éligibles). Un accompagnement sécurise l’éligibilité et la mise en œuvre, et maximise l’avantage sur les huit ans.
Le diagnostic vérifie votre éligibilité au régime 155 B et chiffre l’avantage pour une arrivée depuis la Chine. Évaluer mon impatriation →
Sources : CGI art. 155 B (régime des impatriés), art. 4 B (domicile) ; exonération partielle d’IFI des impatriés ; convention fiscale France–la Chine. Contenu pédagogique à jour en juin 2026, qui ne remplace pas une analyse personnalisée ; les conditions et plafonds doivent être vérifiés au cas par cas.