S’expatrier en Europe : quel pays pour la fiscalité ? (2026)

Sources conventions · CGIMis à jour le 16 juin 2026Lecture 15 min
S’expatrier en Europe

S’expatrier en Europe ne répond pas à la même logique que le Golfe : on n’y cherche pas le zéro impôt, mais la proximité, la zone euro et, parfois, des régimes spéciaux attractifs. Car hors de ces régimes, la fiscalité d’Europe de l’Ouest reste comparable à celle de la France.

Ce comparatif éclaire les vraies raisons de choisir l’Europe, proximité, qualité de vie, absence de risque de change, et les pays qui s’y distinguent fiscalement par des régimes ciblés (Italie, Grèce, Suisse, Malte, Chypre), en intégrant la fin de l’avantage portugais.

L’essentiel en 30 secondes

• Hors régimes spéciaux, la fiscalité européenne est souvent comparable à la France : l’Europe se choisit d’abord pour la proximité et le cadre de vie.
• Italie, Grèce, Malte, Chypre, Suisse proposent des régimes pour nouveaux résidents, sous conditions.
• Le Portugal a perdu son avantage RNH ; il reste attractif pour la vie, moins pour la fiscalité.
• La zone euro élimine le risque de change ; la proximité préserve les liens avec la France.

L’Europe : la proximité avant le zéro impôt

S’expatrier en Europe répond à une logique différente du Golfe : on n’y cherche généralement pas le zéro impôt, mais un équilibre entre proximité avec la France, qualité de vie, appartenance à la zone euro et, parfois, des régimes spéciaux attractifs pour nouveaux résidents.

La plupart des pays d’Europe de l’Ouest ont une fiscalité comparable à celle de la France. L’intérêt d’une expatriation européenne tient donc moins au taux d’imposition qu’aux régimes ciblés, à la proximité et au cadre de vie.

Ce comparatif éclaire les vraies raisons de choisir l’Europe, et les pays qui s’y distinguent fiscalement par des régimes ciblés, en démêlant ce qui relève d’un avantage fiscal réel de ce qui tient surtout au cadre de vie et à la proximité.

L’atout commun : proximité et zone euro

L’Europe offre deux atouts que les destinations lointaines n’ont pas : la proximité (quelques heures de la France, liens familiaux et professionnels préservés) et, pour la zone euro, l’absence de risque de change. Ces avantages pèsent lourd dans un projet de vie.

Pour qui veut s’expatrier sans couper les liens avec la France, l’Europe est souvent le meilleur compromis. La fiscalité n’est alors qu’un critère parmi d’autres, et rarement le plus décisif.

Ces atouts communs expliquent l’attrait de l’Europe, indépendamment des régimes fiscaux particuliers.

Le Portugal : un avantage fiscal réduit

Le Portugal a longtemps été la destination fiscale européenne par excellence, grâce au régime RNH. Ce régime étant désormais fermé aux nouveaux arrivants, l’avantage fiscal s’est nettement réduit, surtout pour les retraités, qui ne bénéficient plus d’exonération automatique.

Le Portugal conserve toutefois des atouts : pas d’impôt sur la fortune, pas de droits de succession entre proches, zone euro, proximité et cadre de vie. Il se choisit désormais davantage pour la vie que pour la fiscalité.

C’est un changement majeur à intégrer : la réputation fiscale du Portugal repose largement sur un régime qui n’existe plus pour les nouveaux venus. Voir le Portugal aujourd’hui →

L’Italie : des régimes pour nouveaux résidents

L’Italie propose des régimes destinés à attirer de nouveaux résidents : un régime forfaitaire pour les hauts patrimoines s’installant en Italie, et un régime favorable aux travailleurs qualifiés (impatriés). Ces dispositifs, sous conditions, peuvent être très avantageux pour les profils éligibles.

L’Italie combine ces régimes avec un cadre de vie recherché et la proximité européenne. Pour un profil fortuné ou qualifié éligible, elle constitue une alternative sérieuse, dans la zone euro.

L’intérêt dépend étroitement de l’éligibilité et de la situation : ces régimes se vérifient au cas par cas. Voir l’Italie →

La Grèce : attirer de nouveaux résidents

La Grèce a mis en place des dispositifs pour attirer de nouveaux résidents, notamment des régimes favorables ciblant certains profils (nouveaux résidents fortunés, retraités étrangers, travailleurs qualifiés), sous conditions.

Associés à un coût de la vie attractif et à un cadre méditerranéen, ces régimes font de la Grèce une option à considérer pour certains profils, dans la zone euro et à proximité de la France.

Comme ailleurs, l’éligibilité et les conditions doivent être vérifiées précisément avant de conclure. Voir la Grèce →

Malte et Chypre : les régimes spécifiques

Malte et Chypre, petits États de l’Union européenne, proposent des régimes fiscaux spécifiques qui ont attiré de nombreux expatriés et entrepreneurs. Ces dispositifs, parfois complexes, peuvent offrir des avantages aux profils éligibles, dans un cadre anglophone.

Ces destinations conviennent à des profils ciblés, prêts à s’inscrire dans des régimes techniques. Leur intérêt et leur pérennité doivent être appréciés au regard de votre situation et de l’évolution des règles.

Malte et Chypre méritent attention pour certains profils, en gardant à l’esprit la technicité de leurs régimes.

La Suisse : proximité et forfait

La Suisse, hors Union européenne mais au cœur de l’Europe, propose dans certains cantons une imposition d’après la dépense (« forfait fiscal ») pour des non-actifs sous conditions. Elle combine proximité, stabilité, qualité de vie et, pour certains profils, une fiscalité prévisible.

La Suisse n’est pas un pays à faible fiscalité pour tous, mais elle offre, aux profils éligibles au forfait, un cadre attractif et proche de la France. Le forfait se négocie et obéit à des conditions strictes.

Pour les profils fortunés, la Suisse est une option européenne de premier plan. Voir la Suisse →

Les pays d’Europe centrale et de l’Est

Plusieurs pays d’Europe centrale et de l’Est (membres de l’Union européenne) présentent une fiscalité parfois plus légère et un coût de la vie attractif. Ils ouvrent droit, pour leurs affiliés, au taux réduit de prélèvements sociaux français, mais certains sont hors zone euro (risque de change).

Ces destinations conviennent à des profils recherchant un coût de la vie modéré au sein de l’Union européenne, en acceptant un cadre parfois moins familier. La fiscalité y est un atout, sans être un zéro impôt.

Pour qui privilégie le coût de la vie et l’appartenance à l’Union européenne, ces pays méritent d’être étudiés.

L’Espagne et les destinations de vie

L’Espagne et d’autres destinations européennes attirent d’abord par le cadre de vie plus que par la fiscalité, souvent comparable à la France. Elles séduisent ceux qui privilégient le climat, la proximité et la qualité de vie à l’optimisation fiscale.

Pour ces profils, l’expatriation est un choix de vie avant d’être un choix fiscal. La fiscalité s’examine alors pour éviter les mauvaises surprises, sans être le moteur de la décision.

Reconnaître que certaines expatriations européennes sont d’abord des projets de vie aide à les aborder avec les bonnes attentes. Voir l’Espagne →

Le critère des régimes spéciaux

L’intérêt fiscal d’une expatriation européenne tient souvent à un régime spécial pour nouveaux résidents (Italie, Grèce, Malte, Chypre, ou le forfait suisse). Hors de ces régimes, la fiscalité européenne est généralement comparable à la France.

Identifier si vous êtes éligible à l’un de ces régimes, et s’il sert réellement votre situation, est donc la clé d’une expatriation européenne fiscalement intéressante. Sans régime spécial, l’avantage fiscal est souvent limité.

Vérifier l’éligibilité à un régime spécial est la première étape d’une comparaison européenne sérieuse.

Le critère de la zone euro

Rester dans la zone euro (Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Malte, Chypre, etc.) élimine le risque de change, simplifie la gestion du patrimoine en euros et les allers-retours de fonds. C’est un avantage pratique réel, surtout pour un patrimoine en euros.

Les pays européens hors zone euro (Suisse, certains pays d’Europe centrale) ajoutent une dimension de change. Ce paramètre, sans être décisif, compte dans le confort de gestion.

Privilégier la zone euro, lorsque c’est possible, simplifie la vie financière de l’expatrié.

Le critère de la proximité

La proximité est l’argument européen par excellence : quelques heures de la France, liens familiaux et professionnels préservés, allers-retours faciles. Pour qui ne veut pas couper avec la France, c’est un atout que les destinations lointaines ne peuvent offrir.

Cette proximité a une valeur, fiscale et humaine : elle facilite le maintien d’activités, la gestion des biens français, et le lien avec les proches. Elle explique l’attrait de l’Europe malgré une fiscalité souvent comparable à la France.

Donner sa juste place à la proximité dans le choix est essentiel : tout ne se mesure pas en points d’impôt.

Ce qui reste lié à la France

Comme pour toute expatriation, le lien fiscal avec la France demeure : revenus de source française imposables en France, exit tax au départ, déclaration de l’année de départ. La proximité européenne ne change rien à ce socle.

L’économie réelle d’une expatriation européenne se mesure donc après ces éléments, et selon la convention applicable, qui pour les pays de l’Union européenne s’accompagne souvent du taux réduit de prélèvements sociaux.

C’est le point de départ commun de toute comparaison européenne. Voir le départ de France →

Tableau de synthèse

En synthèse qualitative : le Portugal pour la qualité de vie (mais sans l’avantage RNH disparu) ; l’Italie et la Grèce pour leurs régimes ciblés ; Malte/Chypre pour des régimes spécifiques ; la Suisse pour le forfait et la stabilité ; l’Espagne pour le cadre de vie. L’Europe centrale pour le coût de la vie.

L’Europe se choisit pour la proximité, la zone euro et, parfois, un régime spécial, rarement pour un zéro impôt qu’elle n’offre pas. Votre profil et votre éligibilité tranchent.

Comment choisir en Europe

Pour choisir, déterminez d’abord si vous êtes éligible à un régime spécial (Italie, Grèce, forfait suisse, etc.) : c’est là que se trouve l’essentiel de l’avantage fiscal. À défaut, le choix se fera surtout sur le cadre de vie, la proximité et le coût.

Confrontez ensuite chaque destination à votre situation, convention à l’appui, en intégrant la zone euro, les prélèvements sociaux et le sort de vos revenus français. L’avantage réel, net, apparaît alors clairement.

C’est l’objet du diagnostic : identifier la destination européenne la plus adaptée à votre situation. Comparer pour mon cas →

Exemple de raisonnement

Prenons un raisonnement illustratif. Un cadre fortuné éligible au régime forfaitaire italien pourra y trouver un avantage net réel, dans la zone euro et à proximité de la France. Un retraité, en revanche, devra constater que le Portugal n’exonère plus sa pension et comparer, convention en main, ce que chaque pays lui apporte vraiment, souvent peu, hors régime spécial.

Deux profils, deux conclusions très différentes pour une même envie d’Europe. C’est l’éligibilité aux régimes, et la nature des revenus, qui décident. Les éléments exacts dépendent du cas : ce schéma n’a qu’une valeur pédagogique.

Les pièges de l’expatriation européenne

Le principal piège est de croire que s’expatrier en Europe allège automatiquement la fiscalité : hors régime spécial, ce n’est généralement pas le cas, la fiscalité européenne étant comparable à la France. Se fier à une réputation (le Portugal) sans vérifier l’état actuel des régimes est une autre erreur.

À cela s’ajoutent les pièges communs à toute expatriation : exit tax négligée, résidence de façade, revenus français oubliés. La proximité européenne ne dispense d’aucune de ces précautions.

Éviter ces pièges suppose de vérifier, régime et convention à l’appui, plutôt que de se fier à des idées reçues sur l’Europe.

L’Europe face aux autres options

Comparée au Golfe (zéro impôt mais éloignement) et à l’option de rester en France, l’Europe offre un compromis : un avantage fiscal souvent plus modéré, mais une proximité et un cadre de vie préservés. Pour beaucoup, ce compromis est le plus pertinent.

Le choix dépend de vos priorités : maximiser l’allègement fiscal (plutôt le Golfe), préserver les liens et le cadre de vie (plutôt l’Europe), ou éviter les coûts d’un départ (rester en optimisant). Aucune voie n’est meilleure dans l’absolu.

Comparer l’Europe aux autres options garantit un choix éclairé. Voir partir ou rester →

Notre approche

Notre approche : en Europe, l’avantage fiscal réside surtout dans les régimes spéciaux et l’éligibilité, plus que dans le pays lui-même. Nous vérifions, pour votre situation, si un tel régime vous est accessible et utile, et nous le disons honnêtement quand l’Europe n’apporte pas d’avantage fiscal réel.

Nous partons de votre profil, de vos revenus et de vos priorités (proximité, cadre de vie, fiscalité) pour identifier, le cas échéant, la destination européenne la plus adaptée.

Choisir l’Europe en connaissance de cause, pour les bonnes raisons. Lancer mon diagnostic →

Le coût de la vie en Europe

Le coût de la vie varie fortement en Europe : élevé en Suisse, modéré au Portugal et en Espagne, attractif en Europe centrale et dans certaines régions du Sud. Ce coût influe directement sur le revenu disponible réel, au-delà de la seule fiscalité.

Une destination à fiscalité comparable à la France mais à coût de la vie plus faible peut, au total, améliorer votre situation. Le coût de la vie est donc un critère de comparaison à part entière entre destinations européennes.

Intégrer le coût de la vie, et pas seulement la fiscalité, donne une vision juste de ce que chaque pays européen laisse réellement disponible.

La protection sociale et la santé

Au sein de l’Union européenne, la coordination des systèmes de sécurité sociale facilite la mobilité et la continuité des droits. La qualité et l’accès aux soins varient selon les pays, mais l’Europe offre globalement de bons systèmes de santé.

Ce volet, non fiscal, pèse dans le choix d’une destination, notamment pour les familles et les retraités. La proximité européenne facilite aussi le maintien d’un lien avec le système de santé français si nécessaire.

Apprécier la protection sociale et l’accès aux soins fait partie d’un choix d’expatriation européen réfléchi.

L’horizon et la réversibilité

Un atout de l’Europe est la réversibilité relative du projet : la proximité rend un retour, ou des ajustements, plus simples que depuis une destination lointaine. C’est un facteur de souplesse pour qui n’est pas certain de son horizon.

Cette réversibilité réduit le risque d’un projet d’expatriation : en cas de changement de situation, revenir ou se réorganiser est plus aisé. La proximité européenne a donc aussi une valeur d’option.

Pour un horizon incertain, l’Europe offre une flexibilité que les destinations lointaines n’ont pas, ce qui sécurise la décision.

En résumé

L’Europe se choisit pour la proximité, la zone euro et, pour les profils éligibles, des régimes spéciaux (Italie, Grèce, Malte, Chypre, forfait suisse). Hors de ces régimes, l’avantage fiscal est souvent limité, la fiscalité européenne étant comparable à la France.

C’est donc un compromis : un allègement fiscal plus modéré que le Golfe, mais des liens et un cadre de vie préservés. Pour qui ne veut pas couper avec la France, ce compromis est souvent le plus pertinent.

Choisir l’Europe, c’est privilégier l’équilibre, à condition de vérifier l’éligibilité aux régimes et le sort de ses revenus français. Comparer pour mon cas →

La fiscalité du patrimoine en Europe

Au-delà du revenu, la fiscalité du patrimoine distingue les pays européens. Certains ne connaissent ni impôt sur la fortune, ni droits de succession entre proches (le Portugal, par exemple) ; d’autres taxent davantage la fortune ou la transmission. Pour un patrimoine important, ce volet peut être décisif.

Un projet patrimonial doit donc regarder, pour chaque destination européenne, le traitement de la fortune et de la transmission, et pas seulement l’impôt sur le revenu. Les écarts entre pays peuvent être significatifs sur ces postes.

Raisonner sur l’ensemble (revenu, fortune, succession) est indispensable pour comparer justement les destinations européennes selon votre patrimoine.

Anticiper son installation européenne

Même proche, une expatriation européenne se prépare : transfert de résidence, déclaration de l’année de départ, sort des biens et placements français, vérification du régime spécial éventuel. La proximité ne dispense d’aucune de ces étapes.

Bien préparée, une installation en Europe combine allègement (lorsqu’un régime s’applique), proximité et qualité de vie. Mal préparée, elle peut décevoir, surtout si l’on comptait sur un avantage fiscal inexistant hors régime spécial.

Anticiper, vérifier l’éligibilité et sécuriser le départ de France sont les clés d’une expatriation européenne réussie.

PaysRégimeImpositionDuréePour qui
ItalieNéo-résidents fortunés (art. 24-bis)Forfait 300 000 €/an sur revenus étrangers15 ansHauts patrimoines internationaux
ItalieRetraités (Sud, < 20 000 hab.)7 % sur revenus étrangers10 ansRetraités
ItalieImpatriésExonération 50 % des revenus d’activité5 ansTravailleurs qualifiés
GrèceRetraités (loi 4714/2020)7 % sur revenus étrangers15 ansRetraités (pensions privées)
GrèceNon-dom HNWForfait 100 000 €/an15 ansHauts patrimoines (invest. ≥ 500 000 €)
PortugalIFICI20 % + exonération revenus étrangers10 ansRecherche, innovation
EspagneLoi BeckhamRégime impatriés (revenus du travail)Plusieurs annéesSalariés/dirigeants impatriés

Régimes spéciaux européens pour nouveaux résidents (juin 2026) ; conditions strictes, à vérifier.

L’Italie : le forfait à 300 000 € pour les grandes fortunes

Le régime italien des néo-résidents (article 24-bis du code des impôts italien) permet de soumettre l’ensemble de ses revenus de source étrangère à un forfait annuel, quel que soit leur montant. Ce forfait, initialement de 100 000 €, est passé à 200 000 € en 2024 puis à 300 000 €/an pour les nouveaux arrivants à compter du 1er janvier 2026, pour une durée maximale de 15 ans. Un supplément de 50 000 €/an est prévu par membre de la famille.

Il est réservé aux personnes n’ayant pas été résidentes fiscales d’Italie pendant 9 des 10 années précédentes. Les revenus de source italienne, eux, restent imposés au barème. Les bénéficiaires sont par ailleurs dispensés des impôts italiens sur les actifs détenus à l’étranger.

Ce régime n’a d’intérêt qu’au-delà d’un niveau élevé de revenus étrangers (là où 300 000 € de forfait deviennent inférieurs à l’impôt au barème). Point de vigilance : la convention franco-italienne fait l’objet de discussions, et son évolution doit être suivie. Voir l’Italie →

La Grèce : 7 % pour les retraités, 100 000 € pour les fortunes

La Grèce (loi 4714/2020) propose aux retraités étrangers un taux forfaitaire de 7 % sur l’ensemble de leurs revenus de source étrangère (pensions privées, dividendes, intérêts, loyers), pendant 15 ans. Condition : ne pas avoir été résident fiscal grec 5 des 6 dernières années, et venir d’un pays lié par une convention (la France l’est). Attention : les pensions publiques (fonctionnaires) restent, elles, imposables en France.

Pour les hauts patrimoines, la Grèce offre aussi un régime non-dom à 100 000 €/an de forfait, sous condition d’un investissement d’au moins 500 000 € dans le pays. La demande s’effectue avant le 31 mars de l’année fiscale.

Avec un coût de la vie inférieur d’environ 30 % à la France et ce taux de 7 % stable sur quinze ans, la Grèce est devenue l’une des destinations de retraite les plus attractives d’Europe. Voir la Grèce →

L’Espagne : la loi Beckham pour les impatriés

L’Espagne propose, via le régime dit « loi Beckham », un traitement fiscal préférentiel aux salariés et dirigeants qui transfèrent leur résidence en Espagne pour y travailler. Élargi depuis 2023 (y compris à certains profils employés par des entreprises étrangères et à l’écosystème des start-ups), il couvre aussi le conjoint et les enfants de moins de 25 ans, sous conditions.

Les revenus du travail bénéficient d’un régime favorable, mais les plus-values et revenus d’investissement de source espagnole restent imposés à des taux propres. Ce régime cible donc surtout les actifs salariés impatriés, non les retraités ou les rentiers.

Pour un cadre ou un dirigeant s’installant en Espagne pour y exercer, la loi Beckham peut représenter un avantage réel, dans la zone euro et à proximité de la France. Voir l’Espagne →

L’exit tax en détail (article 167 bis du CGI)

L’exit tax n’est pas un mythe : elle vise les plus-values latentes sur les valeurs mobilières lors du transfert du domicile fiscal hors de France. Elle se déclenche, en principe, lorsque vous détenez des titres d’une valeur globale supérieure à 800 000 €, ou représentant au moins 50 % des bénéfices d’une société. En dessous de ces seuils, elle ne s’applique pas.

Un sursis de paiement est automatique en cas de départ vers un État de l’Union européenne (ou assimilé), et sur demande (avec garanties) vers la plupart des autres pays. L’impôt n’est donc pas nécessairement décaissé immédiatement : il est mis en sursis, suivi année après année.

Surtout, l’impôt est dégrevé (effacé) si vous conservez vos titres pendant une certaine durée après le départ, ou si vous revenez en France avant de les céder. L’exit tax est donc souvent un sursis qui s’éteint, plus qu’une taxe réellement payée, à condition d’être correctement suivie. Voir l’exit tax au départ →

Prélèvements sociaux : 17,2 % ou 7,5 % ?

Sur les revenus du patrimoine (loyers, plus-values immobilières) de source française, un non-résident supporte des prélèvements sociaux. Le taux plein est de 17,2 %. Mais les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’Espace économique européen ou de la Suisse ne sont, en principe, redevables que du prélèvement de solidarité de 7,5 %, à l’exclusion de la CSG et de la CRDS.

L’écart, près de 10 points, est loin d’être anecdotique sur des revenus fonciers ou une plus-value immobilière. C’est l’un des avantages concrets d’une expatriation au sein de l’EEE par rapport à un pays tiers (où le taux plein de 17,2 % s’applique).

Vérifier votre régime d’affiliation, et le faire valoir, peut donc représenter une économie réelle et chiffrable. Voir la récupération de la CSG →

Taux minimum 20 % / 30 % et option pour le taux moyen

Les revenus de source française d’un non-résident sont soumis à un taux minimum : 20 % jusqu’à un seuil de revenu net imposable (de l’ordre de la limite supérieure de la deuxième tranche du barème), puis 30 % au-delà. Ce plancher peut conduire à une imposition supérieure à celle d’un résident aux revenus équivalents.

Heureusement, le non-résident peut opter pour le taux moyen : l’administration calcule le taux qui résulterait de l’imposition de l’ensemble de ses revenus mondiaux au barème français, et l’applique à ses seuls revenus français s’il est inférieur au taux minimum. Pour des revenus modérés, l’option est souvent gagnante.

Bien arbitrer entre taux minimum et taux moyen est l’un des leviers concrets de la déclaration du non-résident, et peut faire une différence sensible sur la note finale.

Comment arbitrer entre ces régimes

L’arbitrage est d’abord une affaire de profil. Un retraité regardera la Grèce (7 %) ou l’Italie du Sud (7 %), en vérifiant que sa pension est bien privée (les pensions publiques restant imposables en France). Un très haut patrimoine international comparera les forfaits italien (300 000 €) et grec (100 000 €), selon le niveau de ses revenus étrangers. Un cadre impatrié regardera l’Espagne (Beckham) ou l’Italie (impatriés, 50 %).

Dans tous les cas, ces régimes supposent une résidence réelle (généralement plus de 183 jours sur place) et le respect de conditions d’entrée strictes. Et tous laissent subsister l’imposition française des revenus de source française et l’exit tax au départ.

Le bon régime est donc celui qui correspond à votre profil de revenus et à votre projet de vie, un appariement que le diagnostic établit précisément.

Questions fréquentes

Quel pays d’Europe pour payer moins d’impôt ?

Hors régimes spéciaux, la fiscalité d’Europe de l’Ouest est généralement comparable à la France. L’avantage tient surtout aux régimes pour nouveaux résidents (Italie, Grèce, forfait suisse, Malte, Chypre) et à la proximité. Le choix dépend de votre éligibilité et de votre profil.

Le Portugal est-il encore intéressant ?

Beaucoup moins pour les retraités : le régime RNH est fermé aux nouveaux arrivants et n’exonère plus les pensions. Le Portugal conserve d’autres atouts (pas d’ISF ni de droits de succession, zone euro, proximité, cadre de vie), mais la fiscalité n’en est plus l’argument central.

Quel est l’avantage de rester en zone euro ?

L’absence de risque de change, une gestion simplifiée du patrimoine en euros et des allers-retours de fonds facilités. C’est un avantage pratique réel, surtout pour un patrimoine en euros.

Les régimes spéciaux sont-ils sûrs ?

Ils peuvent être très avantageux pour les profils éligibles, mais sont encadrés (conditions, durée) et évoluent. Leur intérêt et leur pérennité doivent être vérifiés au cas par cas avant de s’engager.

S’expatrier en Europe allège-t-il automatiquement l’impôt ?

Non. Hors régime spécial, la fiscalité européenne est souvent comparable à la France. L’avantage tient aux régimes ciblés, à la proximité et au cadre de vie, pas à une baisse automatique de la fiscalité.

Comment choisir pour ma situation ?

En vérifiant d’abord votre éligibilité à un régime spécial, puis en comparant les destinations sur le cadre de vie, la proximité et la fiscalité, convention à l’appui. C’est l’objet du diagnostic.

Quel pays d’Europe pour VOTRE situation ?

Le diagnostic vérifie votre éligibilité aux régimes spéciaux européens et compare les destinations sur votre cas, proximité, cadre de vie, fiscalité, pour identifier, le cas échéant, l’option la plus avantageuse. Lancer mon diagnostic →

Sources : conventions fiscales France–pays européens ; CGI (exit tax art. 167 bis, prélèvements sociaux) ; régimes pour nouveaux résidents en Italie, Grèce, Malte, Chypre et imposition d’après la dépense en Suisse (à vérifier selon l’éligibilité). Contenu pédagogique à jour en juin 2026, qui ne remplace pas une analyse personnalisée ; les régimes étrangers évoluent et doivent être vérifiés au cas par cas.