Dubaï, Portugal ou Maurice : où s’expatrier en 2026 ?

Sources conventions · CGIMis à jour le 16 juin 2026Lecture 15 min
Dubaï, Portugal ou Maurice

Dubaï, le Portugal et l’île Maurice reviennent sans cesse dans les projets d’expatriation, mais ces trois destinations répondent à des logiques opposées. Zéro impôt pour Dubaï, régime réformé pour le Portugal, fiscalité modérée et cadre tropical pour Maurice. Les comparer, c’est trouver laquelle sert vraiment votre projet.

Nous mettons en regard leurs atouts et leurs limites réels, revenus, proximité, change, patrimoine, cadre de vie, sans céder aux réputations dépassées, à commencer par celle d’un Portugal qui a profondément changé.

L’essentiel en 30 secondes

• Dubaï : zéro impôt sur le revenu, mais éloignement, coût de la vie et exigence de résidence réelle.
• Portugal : régime RNH fermé aux nouveaux arrivants ; reste la qualité de vie, la zone euro et l’absence d’ISF et de droits de succession.
• Maurice : fiscalité modérée et cadre tropical, plus loin de l’Europe.
• Aucune n’efface le lien fiscal avec la France : exit tax et revenus de source française demeurent.

Trois destinations, trois logiques très différentes

Dubaï, le Portugal et l’île Maurice reviennent sans cesse dans les projets d’expatriation des Français. Pourtant, ces trois destinations répondent à des logiques opposées : zéro impôt sur le revenu pour Dubaï, un régime autrefois généreux mais désormais réformé pour le Portugal, et une fiscalité modérée avec un cadre de vie tropical pour Maurice.

Les comparer revient moins à désigner un gagnant qu’à identifier laquelle correspond à votre projet : profil de revenus, mode de vie, proximité avec l’Europe, horizon de temps. Le « meilleur » des trois n’existe pas dans l’absolu.

Ce comparatif honnête met en regard leurs atouts et leurs limites réels, sans céder aux réputations parfois dépassées.

Dubaï : le zéro impôt sur le revenu

Les Émirats arabes unis, dont Dubaï, n’appliquent pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Pour un actif à hauts revenus ou un entrepreneur, c’est l’argument le plus puissant : les revenus d’activité perçus localement échappent à l’impôt sur le revenu émirati.

Dubaï offre par ailleurs une infrastructure moderne, une position de hub international et une importante communauté d’expatriés. C’est une destination taillée pour les profils dynamiques, mobiles et générant des revenus élevés.

Mais le zéro impôt local ne supprime ni l’exit tax au départ de France, ni l’imposition française des revenus de source française, ni l’exigence d’une résidence réelle. Voir l’expatriation aux Émirats →

Dubaï : les contreparties

Le revers : un coût de la vie élevé (logement, scolarité internationale), un climat extrême une partie de l’année, un éloignement de l’Europe et un cadre culturel très différent. Le gain fiscal doit être mis en regard de ce coût et de ce mode de vie.

S’y ajoute la nécessité d’une substance réelle : l’administration française examine le caractère effectif de l’expatriation. Un départ de façade vers Dubaï, sans installation véritable, est vulnérable.

Dubaï est très efficace fiscalement pour qui s’y installe réellement et durablement, à condition d’un départ de France bien préparé.

Portugal : la fin du mythe RNH

Le Portugal a longtemps incarné l’eldorado des retraités grâce au régime des résidents non habituels (RNH), qui exonérait largement les pensions étrangères. Ce régime est désormais fermé aux nouveaux arrivants, remplacé par un dispositif (IFICI) bien plus étroit, ciblé sur la recherche et l’innovation.

Conséquence directe : un retraité qui s’installe au Portugal aujourd’hui ne bénéficie plus d’aucune exonération automatique sur sa pension. La réputation fiscale du pays repose largement sur un régime qui n’existe plus pour les nouveaux venus.

C’est l’exemple type d’un avantage à vérifier année par année plutôt que de se fier à une image datée. Voir le Portugal aujourd’hui →

Portugal : les atouts qui demeurent

Le Portugal conserve néanmoins de vrais atouts : pas d’impôt sur la fortune, pas de droits de succession entre proches, un coût de la vie raisonnable, un climat agréable et une grande proximité avec la France. Pour un profil qualifié éligible à l’IFICI, l’avantage peut rester significatif.

Même sans le RNH, le Portugal demeure une destination de qualité de vie, dans l’Union européenne et la zone euro (donc sans risque de change), à deux heures de vol de la France. La dimension fiscale n’est plus l’argument central, mais le pays garde son attrait.

Pour beaucoup, le Portugal se choisit désormais pour le cadre de vie plus que pour la fiscalité, un changement de perspective important.

Maurice : la fiscalité modérée sous les tropiques

L’île Maurice offre une imposition sur le revenu parmi les plus basses, l’absence de droits de succession, et un cadre de vie tropical recherché, le tout avec une convention liant la France. C’est un compromis entre allègement fiscal et qualité de vie.

Maurice attire les retraités, les investisseurs et les entrepreneurs cherchant un environnement anglophone et francophone, stable, avec une fiscalité douce sans viser le zéro impôt absolu. La convention France–Maurice encadre la répartition de l’imposition.

Pour un profil cherchant l’équilibre entre fiscalité, cadre de vie et stabilité, Maurice est une option sérieuse. Voir Maurice →

Maurice : les points de vigilance

Les limites de Maurice tiennent à l’éloignement (l’océan Indien, loin de l’Europe), à la taille de l’île et à la nécessité, comme ailleurs, d’examiner la convention et la nature de ses revenus. Le zéro impôt n’est pas au programme : il s’agit d’une fiscalité modérée, pas nulle.

Comme pour toute destination, l’exit tax au départ de France et l’imposition des revenus de source française s’appliquent. Maurice n’efface pas le lien fiscal avec la France ; elle l’allège pour certains revenus, selon la convention.

Maurice convient à qui privilégie un cadre de vie agréable et une fiscalité douce à un zéro impôt assorti de contraintes plus lourdes.

Le critère du profil de revenus

Le choix dépend d’abord de vos revenus. Un actif à hauts revenus d’activité tirera le meilleur parti de Dubaï. Un retraité comparera, convention en main, l’imposition réelle de sa pension dans chaque pays, souvent moins différente qu’il ne l’imagine depuis la fin du RNH portugais.

Un investisseur ou un entrepreneur regardera la fiscalité des dividendes et des plus-values, qui varie selon la destination et la convention. Le même objectif d’allègement aboutit à des choix différents selon la structure des revenus.

Partir de votre profil de revenus, et non d’un classement général, est la clé d’une comparaison utile.

Le critère de la proximité avec l’Europe

La proximité est un critère décisif et souvent sous-estimé. Le Portugal est à deux heures de la France, dans l’Union européenne et la zone euro. Dubaï est à plus de six heures, dans un autre fuseau et une autre culture. Maurice est encore plus loin, dans l’océan Indien.

Pour qui veut conserver des liens fréquents avec la France (famille, affaires), la proximité portugaise est un atout majeur, indépendamment de la fiscalité. À l’inverse, ceux qui assument l’éloignement accèdent à des avantages fiscaux plus marqués.

Intégrer la distance et les liens à conserver est essentiel : un avantage fiscal ne compense pas toujours un éloignement mal vécu.

Le critère du change

Le change distingue nettement ces destinations. Le Portugal, en zone euro, ne présente aucun risque de change. Dubaï utilise une monnaie arrimée au dollar, et Maurice sa propre monnaie : pour des revenus ou un patrimoine en euros, une dimension de change peut s’ajouter.

Ce paramètre compte pour qui perçoit des revenus en euros, finance un bien en euros ou prévoit des allers-retours de fonds. Il ne disqualifie aucune destination, mais s’intègre au calcul global.

La stabilité monétaire de la zone euro est un atout discret du Portugal face à des destinations plus lointaines.

Le critère du patrimoine et de la transmission

Pour un patrimoine important, l’impôt sur la fortune et les droits de succession pèsent autant que l’impôt sur le revenu. Portugal et Maurice se distinguent par l’absence de droits de succession entre proches ; le Golfe, par l’absence d’impôt sur le revenu et de droits de succession.

Un projet patrimonial doit donc regarder au-delà du revenu : la transmission et la fortune peuvent faire pencher la balance vers telle ou telle destination selon la composition de votre patrimoine.

Raisonner sur l’ensemble (revenu, fortune, succession) évite de choisir une destination avantageuse sur un seul tableau et coûteuse sur un autre.

Le critère du cadre et du projet de vie

Au-delà des chiffres, ces trois destinations offrent des modes de vie radicalement différents : l’effervescence urbaine et internationale de Dubaï, le charme européen et tempéré du Portugal, la douceur insulaire de Maurice. Le projet de vie compte autant que la fiscalité.

Une expatriation réussie est d’abord une vie réussie à l’étranger. Choisir un pays uniquement pour sa fiscalité, sans adhérer à son cadre de vie, expose à un échec humain qui ruine l’intérêt fiscal.

Se projeter honnêtement dans la vie quotidienne de chaque destination est une étape de décision à part entière.

Ce que les trois ont en commun

Malgré leurs différences, ces destinations partagent un point : aucune n’efface le lien fiscal avec la France. Exit tax au départ, imposition des revenus de source française, exigence d’une résidence réelle, déclaration de l’année de départ s’appliquent dans les trois cas.

L’économie d’impôt réelle, dans les trois, se mesure après ces éléments et selon la convention applicable. Comparer les seuls taux locaux, sans intégrer le départ de France, conduit à des conclusions trompeuses.

C’est le point de départ commun de toute comparaison sérieuse entre ces destinations. Voir le départ de France →

Tableau de synthèse

En synthèse qualitative : Dubaï maximise l’allègement de l’impôt sur le revenu, au prix de l’éloignement et du coût de la vie ; le Portugal offre proximité, zone euro et qualité de vie, mais a perdu son avantage fiscal historique pour les retraités ; Maurice propose une fiscalité modérée et un cadre tropical, plus loin de l’Europe.

Aucune n’est « meilleure » : Dubaï pour les hauts revenus mobiles, le Portugal pour la qualité de vie proche de la France, Maurice pour l’équilibre fiscalité-cadre de vie. Votre profil tranche.

Comment décider

Pour décider, partez de votre situation : structure de vos revenus, patrimoine, projets, liens avec la France, horizon de temps. Puis confrontez chaque destination à ces critères, convention à l’appui, pour faire apparaître l’avantage réel et net.

Ce travail révèle souvent que la destination « évidente » sur le papier n’est pas la plus adaptée à votre cas, et inversement. C’est l’intérêt d’une comparaison personnalisée plutôt que générale.

C’est l’objet du diagnostic : comparer Dubaï, le Portugal et Maurice pour votre situation précise. Comparer pour mon cas →

Exemple de raisonnement

Prenons un raisonnement illustratif. Un entrepreneur de 40 ans aux revenus d’activité élevés et mobile trouvera à Dubaï l’allègement le plus net, s’il assume l’éloignement. Un couple de jeunes retraités attaché à l’Europe préférera sans doute le Portugal pour le cadre de vie, en intégrant la fin du RNH dans son calcul. Un investisseur cherchant douceur de vivre et fiscalité modérée regardera Maurice.

Trois profils, trois destinations, un même point de départ : la situation réelle. Les montants exacts dépendent de chaque cas : ces schémas n’ont qu’une valeur pédagogique.

Anticiper le départ de France

Quelle que soit la destination retenue, c’est le départ de France qui conditionne le succès : exit tax, timing des cessions, année de transition, sort des biens et placements français. Bien préparer ce départ pèse souvent plus que le choix entre les trois pays.

Anticiper permet d’optimiser le calendrier et d’éviter les frottements fiscaux, dans les trois cas. C’est un travail à mener en amont, avant même d’avoir tranché la destination.

Un départ bien préparé est le dénominateur commun d’une expatriation réussie, à Dubaï comme au Portugal ou à Maurice.

Notre conviction

Notre conviction : ces trois destinations ne se classent pas, elles se choisissent selon un projet. Vendre Dubaï à un retraité européen attaché à sa famille, ou le Portugal à un entrepreneur cherchant le zéro impôt, serait malhonnête.

Nous partons de votre situation pour vous dire, honnêtement, laquelle (s’il en est une) sert réellement votre projet, et quand aucune ne le justifie. C’est cette approche, et non un classement, qui crée de la valeur.

Comparer, pour décider en connaissance de cause, plutôt que de se fier à un classement général ou à une réputation : c’est ainsi que se construit un projet d’expatriation solide et adapté à votre vie. Lancer mon diagnostic →

La question du visa et de l’installation

Au-delà de la fiscalité, chaque destination a ses conditions d’installation : visa, titre de séjour, conditions de résidence. Dubaï propose divers visas (dont des visas de résidence liés à l’activité ou à l’investissement) ; le Portugal, en tant que pays de l’Union européenne, est d’accès simple pour un ressortissant français ; Maurice a ses propres dispositifs de résidence.

Ces formalités conditionnent la faisabilité pratique du projet et son calendrier. Une destination fiscalement idéale mais difficile d’accès administrativement peut s’avérer moins pertinente qu’une option plus simple.

Intégrer les conditions d’installation et de séjour à la comparaison évite de fonder un projet sur une destination en réalité peu accessible à votre situation.

Le coût de la vie comparé

Le coût de la vie diffère fortement : Dubaï est réputée chère (logement, scolarité internationale), le Portugal offre un coût modéré pour l’Europe de l’Ouest, et Maurice se situe dans une fourchette raisonnable. Ce coût ampute, ou non, le gain fiscal.

Un allègement d’impôt majeur peut être en partie absorbé par un coût de la vie élevé : le revenu disponible réel, après impôts et dépenses, est le vrai indicateur, pas le seul taux d’imposition.

Comparer le coût de la vie aux côtés de la fiscalité donne une image fidèle de ce que chaque destination laisse réellement dans votre poche.

Et la France dans la comparaison

Il faut aussi comparer ces destinations à l’option de rester en France en optimisant sa situation. Toutes les expatriations ne sont pas gagnantes : pour certains profils, une optimisation bien menée en France peut s’approcher du résultat d’un départ, sans en subir les coûts et bouleversements.

La vraie comparaison n’est donc pas seulement « Dubaï vs Portugal vs Maurice », mais « partir vs rester en optimisant ». Cette quatrième option mérite d’être chiffrée avant de décider de partir.

Garder la France comme terme de comparaison évite de partir par défaut, sans avoir mesuré ce que rester permettrait.

L’horizon de temps

Une expatriation vers l’une de ces destinations n’a de sens que dans la durée. Un séjour court suivi d’un retour rapide combine les frottements de l’aller et du retour sans laisser le temps à l’avantage de se matérialiser, et fragilise la réalité de l’expatriation.

Plus le projet est durable et réel, plus il est solide et avantageux. Évaluer honnêtement votre horizon, quelques années ou une installation longue, est un critère de choix essentiel entre ces destinations et l’option de rester.

L’expatriation fiscale est un projet de moyen ou long terme : l’horizon de temps fait partie intégrante de la décision.

Les erreurs à éviter

Trois erreurs guettent ce choix. Se fier à la réputation fiscale du Portugal sans voir la fin du RNH. Sous-estimer le coût de la vie et l’éloignement de Dubaï. Négliger, dans les trois cas, l’exit tax et l’année de départ de France, où se jouent souvent les principaux frottements.

À ces erreurs s’ajoute le choix d’une destination sur le seul critère fiscal, sans adhérer à son cadre de vie : c’est la première cause d’échec humain d’une expatriation. La fiscalité ne fait pas un projet de vie.

Éviter ces écueils, en raisonnant à partir d’un cas réel et d’un départ bien préparé, vaut plus que d’optimiser le dernier point de fiscalité.

CritèreDubaï (Émirats)PortugalMaurice
Impôt sur le revenuAucunBarème (RNH fermé)Modéré
Régime spécial nouveaux résidents, IFICI : 20 % + exonération revenus étrangers 10 ans (recherche/innovation),
Impôt sur la fortuneNonNonNon
Droits de succession (proches)NonNonNon
Impôt sur les sociétés9 % au-delà d’un seuilBarème ISModéré
Zone euro / changeDirham (arrimé au dollar)EuroRoupie mauricienne
Distance de la France~6-7 h~2 h~11 h

Synthèse qualitative et chiffrée (juin 2026) ; à vérifier selon votre situation.

Dubaï : l’impôt sur les sociétés de 9 %

Le « zéro impôt » émirati concerne les personnes physiques. Depuis 2023, les Émirats appliquent un impôt sur les bénéfices des sociétés de 9 % au-delà d’un seuil de bénéfice, avec des régimes particuliers dans les zones franches. Pour un entrepreneur qui loge son activité dans une société émiratie, ce paramètre compte autant que l’absence d’impôt sur le revenu personnel.

Concrètement, un dirigeant qui se verse une rémunération échappe à l’impôt sur le revenu, mais les bénéfices de sa société peuvent être taxés à 9 %. L’arbitrage rémunération/dividendes et le choix de la structure (zone franche ou non) deviennent des sujets à part entière.

Le zéro impôt de Dubaï est donc réel pour le particulier, mais le volet société mérite une analyse propre pour un entrepreneur.

Portugal : ce que l’IFICI apporte (et à qui)

Le régime IFICI (successeur du RNH, en vigueur depuis 2024-2025) réserve ses avantages aux professionnels de la recherche, de l’innovation et de secteurs à haute valeur ajoutée : imposition à 20 % des revenus portugais éligibles et exonération de la plupart des revenus de source étrangère, pendant 10 ans. Les retraités et les investisseurs passifs en sont exclus.

Pour un ingénieur ou un chercheur éligible s’installant au Portugal, l’avantage reste donc réel. Pour un retraité, en revanche, l’IFICI n’apporte rien : sa pension sera imposée au barème portugais de droit commun (et, selon la convention, peut rester imposable en France). C’est tout le changement par rapport à l’ancien RNH.

Le Portugal conserve par ailleurs l’absence d’impôt sur la fortune et de droits de succession entre proches, qui restent des atouts patrimoniaux réels.

Maurice : une fiscalité modérée, pas nulle

L’île Maurice applique une fiscalité sur le revenu modérée et ne connaît pas de droits de succession, ce qui en fait une destination patrimoniale intéressante. Mais il s’agit d’une fiscalité allégée, non d’une absence d’impôt : le positionnement de Maurice est celui du compromis entre fiscalité douce et cadre de vie, à mi-chemin entre le Golfe et l’Europe.

La convention France–Maurice encadre la répartition de l’imposition. Comme partout, les revenus de source française restent imposables en France, et l’exit tax s’applique au départ. L’avantage mauricien se mesure donc après ces éléments.

Pour un profil cherchant l’équilibre, Maurice offre une fiscalité douce et un cadre de vie, sans la radicalité fiscale du Golfe ni sa proximité moindre avec l’Europe.

L’exit tax en détail (article 167 bis du CGI)

L’exit tax n’est pas un mythe : elle vise les plus-values latentes sur les valeurs mobilières lors du transfert du domicile fiscal hors de France. Elle se déclenche, en principe, lorsque vous détenez des titres d’une valeur globale supérieure à 800 000 €, ou représentant au moins 50 % des bénéfices d’une société. En dessous de ces seuils, elle ne s’applique pas.

Un sursis de paiement est automatique en cas de départ vers un État de l’Union européenne (ou assimilé), et sur demande (avec garanties) vers la plupart des autres pays. L’impôt n’est donc pas nécessairement décaissé immédiatement : il est mis en sursis, suivi année après année.

Surtout, l’impôt est dégrevé (effacé) si vous conservez vos titres pendant une certaine durée après le départ, ou si vous revenez en France avant de les céder. L’exit tax est donc souvent un sursis qui s’éteint, plus qu’une taxe réellement payée, à condition d’être correctement suivie. Voir l’exit tax au départ →

Prélèvements sociaux : 17,2 % ou 7,5 % ?

Sur les revenus du patrimoine (loyers, plus-values immobilières) de source française, un non-résident supporte des prélèvements sociaux. Le taux plein est de 17,2 %. Mais les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’Espace économique européen ou de la Suisse ne sont, en principe, redevables que du prélèvement de solidarité de 7,5 %, à l’exclusion de la CSG et de la CRDS.

L’écart, près de 10 points, est loin d’être anecdotique sur des revenus fonciers ou une plus-value immobilière. C’est l’un des avantages concrets d’une expatriation au sein de l’EEE par rapport à un pays tiers (où le taux plein de 17,2 % s’applique).

Vérifier votre régime d’affiliation, et le faire valoir, peut donc représenter une économie réelle et chiffrable. Voir la récupération de la CSG →

Taux minimum 20 % / 30 % et option pour le taux moyen

Les revenus de source française d’un non-résident sont soumis à un taux minimum : 20 % jusqu’à un seuil de revenu net imposable (de l’ordre de la limite supérieure de la deuxième tranche du barème), puis 30 % au-delà. Ce plancher peut conduire à une imposition supérieure à celle d’un résident aux revenus équivalents.

Heureusement, le non-résident peut opter pour le taux moyen : l’administration calcule le taux qui résulterait de l’imposition de l’ensemble de ses revenus mondiaux au barème français, et l’applique à ses seuls revenus français s’il est inférieur au taux minimum. Pour des revenus modérés, l’option est souvent gagnante.

Bien arbitrer entre taux minimum et taux moyen est l’un des leviers concrets de la déclaration du non-résident, et peut faire une différence sensible sur la note finale.

Questions fréquentes

Dubaï, Portugal ou Maurice : lequel choisir ?

Cela dépend de votre profil. Dubaï pour les hauts revenus d’activité mobiles (zéro impôt sur le revenu), le Portugal pour la qualité de vie proche de la France (mais sans l’avantage RNH disparu), Maurice pour l’équilibre fiscalité modérée et cadre de vie. Aucun n’est meilleur dans l’absolu.

Le Portugal est-il encore intéressant ?

Pour les retraités, beaucoup moins : le régime RNH est fermé aux nouveaux arrivants et n’exonère plus les pensions. Le Portugal conserve d’autres atouts (pas d’ISF ni de droits de succession, zone euro, proximité, cadre de vie), mais la fiscalité n’est plus son argument central.

Dubaï est-il vraiment sans impôt ?

Les Émirats n’appliquent pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Mais cela ne supprime ni l’exit tax au départ de France, ni l’imposition française des revenus de source française, ni l’exigence d’une résidence réelle, ni le coût de la vie élevé.

Maurice est-il un paradis fiscal ?

Maurice applique une fiscalité modérée (impôt sur le revenu parmi les plus bas, pas de droits de succession), pas une absence d’impôt. C’est un compromis entre allègement fiscal et cadre de vie, encadré par une convention avec la France.

Qu’est-ce qui s’applique dans les trois cas ?

Le lien fiscal avec la France ne disparaît dans aucun : exit tax au départ, imposition des revenus de source française, exigence d’une résidence réelle, déclaration de l’année de départ. L’économie réelle se mesure après ces éléments.

Comment comparer pour ma situation ?

En partant de vos revenus, de votre patrimoine, de vos projets et de vos liens avec la France, puis en confrontant chaque destination à ces critères, convention à l’appui. C’est l’objet du diagnostic.

Dubaï, Portugal ou Maurice pour VOUS ?

Le diagnostic part de vos revenus, de votre patrimoine et de vos liens avec la France pour comparer ces trois destinations sur votre cas précis, et vous dire laquelle, s’il en est une, sert réellement votre projet. Lancer mon diagnostic →

Sources : conventions fiscales France–Émirats, France–Portugal, France–Maurice ; CGI (exit tax art. 167 bis) ; réforme du régime portugais des résidents non habituels (RNH/IFICI). Contenu pédagogique à jour en juin 2026, qui ne remplace pas une analyse personnalisée ; les régimes étrangers évoluent et doivent être vérifiés au cas par cas.